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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Les paronymes (A)

Publié par Fawzi Demmane sur 30 Mai 2009, 12:22pm

Catégories : #Vocabulaire


Définition :

Un paronyme est un mot dont la prononciation et l’orthographe ressemblent à celles d’un autre mot, mais dont le sens diffère. Cette ressemblance formelle entre deux mots, la paronymie, du grec para « à côté » et onoma « nom », est une source d’erreurs. Voici quelques exemples de paronymes :

 

Inculper et inculquer

Éruption et irruption

Collision et collusion

Amnistie et armistice

Éminent et imminent





À l'attention de et à l'intention de

 

On confond parfois les locutions à l’attention de et à l’intention de. Outre leur prononciation très proche, elles sont utilisées toutes deux pour introduire le destinataire de quelque chose. Leurs contextes d’emploi sont pourtant fort différents.
 

On trouve principalement la mention à l’attention de dans des contextes de correspondance administrative ou commerciale. Elle apparaît sur un document, généralement une lettre ou une enveloppe adressée à une entreprise ou à un organisme, et sert à préciser le nom de la personne à qui ce document doit être remis.

 

La mention à l’attention de est utilisée lorsque le contenu de la lettre s’adresse à un groupe, mais qu’on veut charger une personne en particulier de transmettre au groupe le message. On la place en haut et à gauche, au-dessus des mentions de référence. On la souligne et on l’écrit en toutes lettres.


Exemple :

 

Chambre de commerce de Paris

Adresse : .................................
75000 Paris. FRANCE 

 

À l’attention de Monsieur ...X...

 

 

 

 

 

 

Quant à la locution à l’intention de, son emploi ne relève pas de la correspondance administrative. On l’utilise dans n’importe quel contexte avec le sens de « pour, destiné à, en l’honneur de ».

 

Exemples :

 

- Cette soirée a été organisée à l’intention de tous les bénévoles de la région de Québec.

- J’ai rédigé ce livre à l’intention des amateurs d’horticulture.

- Ce documentaire sur les comportements violents a été réalisé à l’intention des adolescents.





À l'insu de et à l'issue de

 

 

Les locutions à l’insu de et à l’issue de sont proches par la prononciation, mais leurs sens sont bien distincts.

 

Le nom masculin insu est formé du préfixe in-, qui indique la négation ou l’absence, et de su, participe passé du verbe savoir. Dans la langue courante, le seul contexte dans lequel on emploie ce nom est la locution à l’insu de, qui signifie « sans que ce soit su ». Cette locution est donc synonyme de secrètement. Lorsqu’elle est employée dans un sens réfléchi, à l’insu de signifie plutôt « sans qu’on en ait conscience »; elle est alors synonyme d’inconsciemment.

 

Exemples :

 

- Il est sorti avec ses amis à l’insu de ses parents.

- Elle organise une fête pour Pierre à son insu pour souligner son anniversaire.

- Je me suis trompé de sentier à mon insu.

- Tu t’es éloigné de ta sœur à ton insu.

 

 

Le nom issue signifie « ouverture qui permet de sortir » ou « manière dont quelque chose se conclut ». Ces sens se reflètent dans celui de la locution à l’issue de, qui signifie « en sortant de, à la fin de ».

 

Exemples :

 

- À l’issue de la deuxième période, il y avait égalité entre les deux équipes.

- Nous n’avons trouvé aucune solution à l’issue de la réunion.

- Nous avons marché ensemble quelques minutes à l’issue de la conférence.

 

 

L’expression au vu et au su de a le sens contraire de la locution à l’insu de.





 

Abhorrer et arborer

 

On peut être porté à confondre les verbes abhorrer et arborer, qui sont proches par la prononciation. Leurs sens respectifs sont toutefois bien différents.

 

Le verbe abhorrer, qui se prononce a-bo-ré (comme adoré), signifie « éprouver de l’aversion pour, avoir en horreur ». Il fait partie de la même famille que horreur et horrible; c’est pourquoi on l’écrit avec un h (muet) et deux r. On emploie surtout le verbe abhorrer dans le style littéraire ou recherché. Il exprime une émotion plus intense que détester ou haïr, mais pas aussi intense que exécrer.

 

Exemples :

 

- Elle adorait la poésie mais abhorrait la philosophie.

- Malgré tous ses efforts, il était abhorré de tous.

- Elle? Je ne la déteste pas, je l’abhorre!

 

 

Le verbe arborer tire son origine du latin arbor (arbre). Il signifie « dresser à l’image d’un arbre »; « porter de façon évidente »; ou « afficher ». En Belgique, on lui donne aussi parfois le sens de « planter d’arbres ».

 

Exemples :

 

- Les manifestants arborent des enseignes colorées.

- Paul et ses amis arboraient fièrement une bannière de l’équipe locale.

- Francine arbore son nouveau collier aujourd’hui.

- Chaque fois que je la croise, elle arbore un air suffisant.

- Ils arborent des opinions politiques de gauche.





Abjurer et adjurer

 

Même s’ils sont apparentés par l’étymologie, les verbes abjurer et adjurer présentent des significations différentes.

  

Abjurer signifie « renoncer solennellement à une foi, à une opinion religieuse ». Par extension, il a aussi le sens d’« abandonner ses convictions, ses idées, etc. ». Dans un contexte clair, le verbe peut être employé de façon absolue, c’est-à-dire sans complément.

 

Exemples :

 

- Jean-Jacques Rousseau abjura le catholicisme en 1754.

- Le tribunal de l’Inquisition a contraint Galilée d’abjurer sa doctrine.

- Jugée coupable d’hérésie, Jeanne d’Arc se défendit courageusement. Dans un moment de faiblesse, elle accepta toutefois d’abjurer.

 

 

Adjurer signifie « demander au nom de Dieu ». Par extension, il a aussi le sens de « prier instamment, supplier ».

 

Exemples :

 

- Je vous adjure, au nom Dieu, de quitter cette femme.

- Avant de mourir, Antoine adjura son frère de lui dire toute la vérité.

- N’emprisonnez pas cet homme, je vous en adjure.

 
Ces deux verbes sont dérivés du verbe latin jurare qui avait le sens de « prêter serment solennellement » et de « prendre à témoin quelqu’un du sérieux de son serment » et qui a donné le verbe jurer. Abjurer vient de abjurare; la particule ab- exprimant l’éloignement, ce verbe signifiait « nier quelque chose par un serment solennel ». Adjurer vient de adjurare; la particule ad- exprimant l’approche, ce verbe avait le sens « promettre avec serment ».





Acceptation et acception

 

On confond parfois acceptation et acception. La confusion entre ces deux noms s'explique par la similitude des formes, mais aussi par le fait que les deux noms ont pu désigner, à époque ancienne, l'action d'accepter. À partir du XVIIe siècle, acception a pris le sens qu'on lui connaît aujourd'hui et s'est distingué de acceptation.

 

Le nom acceptation signifie « action ou fait d'accepter quelque chose ». On peut le rapprocher de noms tels que approbation, consentement, acquiescement, accord. Dans certains contextes, acceptation peut signifier l'action ou le fait d'accepter avec résignation, sans révolte. Il prend un sens particulier dans le vocabulaire du droit où il désigne un consentement formel.

 

Exemples :

 

- Les vendeurs ont confirmé l'acceptation de l'offre.

- Dès l'annonce de l'acceptation du projet, le calendrier de mise en œuvre sera établi.

- L'acceptation de la mort représente une étape difficile du deuil.

- L'acceptation des règles est nécessaire à la réinsertion sociale des jeunes délinquants.

- L'acceptation est une forme de renoncement.

- L'acceptation de toutes les parties est obligatoire.

 

Le nom acception signifie « sens, signification d'un mot ». S'il est souvent employé comme synonyme de sens, il s'en distingue parfois par le fait qu'on emploie acception pour parler plus particulièrement du sens que prend un mot dans un contexte particulier, contrairement à sens qui ne fait référence qu'au contenu sémantique du mot.

 

Exemples :

 

- Ce verbe peut avoir plusieurs acceptions.

- Ce terme dans son acception la plus usuelle est connu de tous.

- L'adjectif fin connaît diverses acceptions selon le contexte.

 

La locution dans toute l'acception du mot ou du terme s'utilise lorsqu'on veut insister sur le fait que le mot en question est bien celui qui convient et qu'il doit être compris dans son sens le plus fort.

 

Exemples :

 

- Ce qu'ils ont réussi à faire est un prodige dans toute l'acception du mot.

- Ce film se révèle un chef d'œuvre dans toute l'acception du terme.

 

Il faut enfin prendre garde de confondre acception et exception dans la locution sans acception de qui signifie « sans tenir compte de, sans préférence pour ». La locution sans exception n'est généralement pas suivie de la préposition de.

 

Exemples :

 

- Toutes les personnes, sans exception, peuvent recourir à ce service.

- Tout au long de sa vie, elle a apporté son aide à tous les défavorisés sans exception.

 

Par contre, on écrira :

 

- Le service est offert aux hommes comme aux femmes, aux riches comme aux pauvres, sans acception de sexe ou de fortune. (et non sans exception de)

- Tout au long de sa vie, elle a apporté son aide aux défavorisés sans acception de race ni de religion. (et non sans exception de)






Accident et incident

 

Bien qu’ils soient proches par leur sens et leur prononciation, les mots accident et incident ne peuvent généralement pas être substitués l’un à l’autre.

 

Accident désigne un événement fortuit qui suspend ou modifie le cours des choses, d’où l’expression par accident, qui signifie « par hasard ». Le terme signifie aussi « hasard fâcheux » et, le plus souvent, « événement imprévu et malheureux, qui survient soudainement et entraîne des dommages matériels ou corporels ».

 

Exemples :

 

- Son incursion dans le monde de la chanson n’était qu’un accident dans la carrière de Sonia. Elle se consacre maintenant à l’écriture.

- Le serveur a renversé un verre sur ma veste. Il ne l’a pas fait exprès, c’était un accident.

- Les secouristes sont partis à la recherche des survivants du terrible accident d’avion.

 

 

Incident signifie « événement perturbateur qui survient au cours d’une entreprise » de même que « petit événement qui se produit inopinément ». Il se dit aussi d’un événement peu important en lui-même, mais capable d’entraîner de graves conséquences. L’expression l’incident est clos, qui signifie « la discussion est terminée, mettons un terme à la querelle », a une origine juridique. En effet, en droit, on nomme incident une contestation qui, au cours d’un procès, donne lieu à une discussion qui en trouble le déroulement.

 

Exemples :

 

- Le rideau du théâtre de la Scala s’est effondré pendant le spectacle. Ce dernier a dû être annulé à la suite de cet incident.

- Le serveur a renversé un verre sur ma veste. Malgré cet incident, la soirée fut fort agréable.

- Certains incidents diplomatiques ont provoqué des guerres.

 

La distinction entre les deux termes s’avère parfois difficile à établir. Sont tout particulièrement rapprochées les premières définitions respectives de ces mots, l’événement dont il est question évoquant dans les deux cas l’idée d’une interruption. Ces deux significations peuvent parfois coïncider; on dira ainsi indifféremment un accident de parcours ou un incident de parcours. Les deuxièmes sens respectifs de ces mots peuvent aussi servir à décrire une même situation : le fait de renverser un verre, par exemple, peut être considéré comme un accident ou comme un incident. Cependant, on utilisera le premier terme pour insister sur le fait que l’événement est le fruit d’un hasard, et le deuxième pour insister sur le fait que l’événement est sans importance. Le troisième sens d’accident suppose quant à lui une certaine gravité; l’action dont on parle n’est pas secondaire par rapport à une action principale, c’est l’événement qui est mis en évidence. Lorsqu’on utilise le premier sens d’incident, on évoque plutôt un fait qui peut être plus ou moins grave, mais qui est toujours secondaire par rapport à l’action principale.






Adhérence et adhésion

 

Bien que les mots adhérence et adhésion aient une certaine parenté sémantique, leurs significations diffèrent.

 

Adhérence signifie « état d’une chose qui tient à une autre par un contact étroit, qui est fortement attachée, collée ».

 

Exemples :

 

- Quel est le fart d’adhérence qui convient le mieux au type de neige sur lequel je vais skier?

- L’adhérence des pneus sur la route diminue considérablement lorsqu’il pleut.

 

Adhésion signifie « approbation réfléchie, action de souscrire à une idée, une doctrine, etc. » et « action de s’inscrire à un parti, à une association ».

 

Exemples :

 

- Durant la crise, les citoyens qui affirmaient leur adhésion à ce parti étaient passibles d’emprisonnement.

- Pour justifier leur adhésion au parti communiste, Aragon et d’autres auteurs surréalistes publièrent une brochure intitulée Au grand jour.

 

Notons que le verbe adhérer se rapporte tout autant à adhérence qu’à adhésion, puisqu’il signifie à la fois « tenir fortement à la surface par un contact étroit », « se déclarer d’accord avec » et « s’inscrire à une association ou à un parti ». Quant au mot adhérent, lorsqu’il est utilisé comme adjectif, il correspond à adhérence et a le sens de « qui tient fortement à autre chose », alors que lorsqu’il est utilisé comme substantif, il est associé à adhésion et désigne une personne qui s’inscrit à un parti ou à une association.







 Affiler et effiler

 

On confond parfois les verbes affiler et effiler.

 

Affiler signifie « aiguiser un instrument tranchant ». Il a donné lieu à l’expression avoir la langue bien affilée, dont le sens est « avoir de la repartie (ou répartie) » ou « être bavard ».

 

Exemples :

 

- Pour couper une tomate, il faut d’abord bien affiler le couteau que l’on va utiliser.

- Des ciseaux affilés peuvent devenir une arme très dangereuse.

 

Effiler signifie « défaire les fils d’un tissu un à un », « rendre mince comme un fil » et, par extension, « étirer, allonger ». La forme pronominale, s’effiler, a le sens de « s’en aller fil à fil, à l’usure » et « s’amincir ».

 

Exemples :

 

- Dans certains pays, les paysans effilent des sacs en toile pour se procurer du fil.

- Il effilait les pointes de sa moustache d’un geste nerveux.

- Le bec effilé et la robe turquoise des martins-pêcheurs les rendent facilement reconnaissables.

- L’artisane a garni la couverture d’un galon pour empêcher que cette dernière s’effile.

- Depuis qu’elle suit un régime, Marianne s’effile à vue d’œil.

 

 

Le mot fil, qui entre dans la composition des deux verbes, désigne tantôt le brin de matière textile, tantôt la partie tranchante d’une lame. Notons que l’expression affiler un crayon est fautive parce que ce dernier ne constitue pas un objet tranchant; on dira plutôt tailler un crayon.



 





Affleurer et effleurer

 

Malgré leur ressemblance graphique et phonétique, les verbes affleurer et effleurer, tous deux dérivés du nom fleur dans le sens de « surface », ont généralement des sens différents.

 

Le verbe affleurer vient de l'expression à fleur de, signifiant « à la surface de ». Lorsqu’il est suivi d’un complément direct, ce verbe peut signifier « arriver au même niveau qu’un autre élément » ou, dans des contextes techniques, « mettre au même niveau deux éléments contigus ». Il peut aussi signifier « apparaître à la surface de quelque chose » et, au figuré, « émerger, devenir perceptible »; lorsqu’il est utilisé dans ces deux sens, affleurer n’a généralement pas de complément.

 

Exemples :

 

- Les vagues affleurent le quai.

- Le menuisier affleure les battants de la fenêtre.

- Au bord de la rivière, on peut voir quelques rochers qui affleurent.

- De nombreux souvenirs affleurent lorsque je regarde mes photographies de famille.

 

Le verbe effleurer est toujours transitif. Il peut signifier « entamer la surface de » ou « toucher en surface, frôler ». Au figuré, il peut aussi signifier « examiner de façon superficielle » ou « faire une impression légère et fugitive ».

 

Exemples :

 

- Le chat m’a griffée mais il n’a fait qu’effleurer mon œil et la blessure est mineure.

- Il m’a embrassée en m’effleurant doucement la joue.

Dans cette étude, on a à peine effleuré la question des jeunes sans-abri.

- Marc croit que je vais le quitter; pourtant, cette idée ne m’a même pas effleuré l’esprit.

 

 

La plupart des significations d’affleurer ne peuvent donc pas être attribuées à effleurer et vice versa. Seul le sens « arriver au même niveau qu’un autre élément » d’affleurer est voisin du sens « toucher en surface, frôler » d’effleurer. On pourrait dire, par exemple, que le voile de la mariée affleure ou effleure le parquet.







Affliger et infliger

 

Même si les verbes affliger et infliger se ressemblent au point de vue phonétique, leurs sens respectifs sont bien différents.

 

Le verbe affliger signifie « faire souffrir intensément, accabler » ou « causer beaucoup de peine ». La forme passive être affligé et la forme pronominale s’affliger sont suivies de la préposition de lorsqu’elles introduisent un verbe à l’infinitif; de la conjonction que lorsqu’elles introduisent un verbe au subjonctif; et de de ce que lorsqu’elles introduisent un verbe à l’indicatif. La tournure avec de ce que étant lourde, certains auteurs recommandent de l’éviter, mais elle demeure correcte.

 

Exemples :

 

- Une sécheresse afflige ce pays.

- La séparation de Jacques a affligé toute sa famille.

- Sa mère s’afflige de tout ce qu’il lui arrive.

- Virginie était affligée d’apprendre que son amie d’enfance allait mourir si jeune.

- Je m’afflige que vous ayez tout perdu dans cette transaction.

- Mon père est affligé de ce que sa fille chérie est devenue.

 

Le verbe infliger signifie « imposer une sanction » ou « faire subir quelque chose de pénible ». Dans ce dernier sens, on l’emploie parfois avec une certaine ironie. On inflige quelque chose à quelqu’un. Le verbe s’emploie aussi à la forme pronominale, s’infliger.

 

Exemples :

 

- Le policier m’a infligé une contravention pour excès de vitesse.

- On lui inflige finalement une amende.

- Pourquoi nous inflige-t-elle toujours sa présence?

- Luc et Aline nous ont infligé le visionnement de leurs 150 photos de voyage.

                - Martine s’infligera sans doute des reproches toute sa vie.  

 



Agréer et agréger

 

La prononciation voisine des verbes agréer et agréger de même que les notions voisines auxquelles ils se réfèrent peuvent prêter à confusion.

 

Agréer, dérivé du mot gré, issu du latin gratus « accueilli avec faveur, bienvenu », signifie « recevoir ou accueillir favorablement, accepter ». Il s’emploie en ce sens pour désigner l’action d’admettre une personne ou une chose en lui donnant une autorisation officielle nommée agrément. Employé sans complément, de façon littéraire, le verbe a aussi la signification « plaire, convenir ». Dans la même famille, on trouve notamment les mots agréable, désagrément, malgré et maugréer.

 

Exemples :

 

- Je vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées.

- Le comité a-t-il agréé notre projet?

- Si l’aventure vous agrée, joignez-vous à notre équipe!

 

Agréger, emprunté au latin aggregare « ressembler », signifie « rassembler des éléments distincts en un tout ». Il a aussi le sens d’« adjoindre ou associer quelqu’un à un groupe constitué ». Cette association peut aussi être conditionnelle à une reconnaissance officielle qui fait suite à un concours nommé agrégation. Notons que ce verbe peut prendre la forme pronominale dans l’un ou l’autre de ces sens. Dans la même famille que agréger, on trouve notamment les termes agrégat, agrégation, désagréger et désagrégation.

 

Exemples :

 

- Certains logiciels filtrent, agrègent et synthétisent les données collectées à partir d’un réseau.

- Des globules rouges déformés qui s’agrègent dans les capillaires sont souvent à l’origine des maladies cardiovasculaires.

- Nous avons tous été agrégés à cette compagnie afin de servir le mieux possible la clientèle.

- Un professeur qui n'est pas agrégé a-t-il la même sécurité d’emploi?

 

Agréer et agréger sont tout particulièrement proches par le sens lorsqu’ils désignent l’action d’admettre quelqu’un par voie d’agrément ou d’agrégation, ces derniers termes signifiant respectivement dans ce contexte « admission, agréée par une autorité, de quelqu’un dans un groupe » et « nomination sur concours au titre d’agrégé ». Ici, la correspondance entre l’admission dont il est question et le fait d’être agréé ou agrégé est essentiellement affaire de terminologie propre au domaine concerné et à l’usage consacré en celui-ci. La reconnaissance officielle associée à ce processus peut en effet être vue sous l’aspect de l’acceptation de quelqu’un dans un groupe (agréer, agrément) ou de l’adhésion de quelqu’un à une collectivité considérée comme un tout (agréger, agrégation). Ces notions intéressent notamment les modalités d’exercice d’une profession. Ainsi, en France, la norme d'excellence en matière d’enseignement est l'agrégation. Au Québec, l’agrégation est moins courante et touche surtout le corps professoral universitaire, alors que nombre de professionnels sont mieux reconnus lorsqu’ils ont reçu un agrément.

 

 

 

 

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