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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Les pléonasmes (E,F,G,H,I)

Publié par Fawzi Demmane sur 6 Juin 2009, 12:59pm

Catégories : #Vocabulaire


Erreur involontaire

 

De façon générale, l'expression erreur involontaire est considérée comme un enchaînement pléonastique, puisque la notion d'erreur implique celle d’acte involontaire. Au sens le plus courant, le mot erreur désigne une action, une opinion ou un jugement faux ou inexacts par rapport à une norme établie ou à une règle généralement admise. Ainsi, une erreur peut être commise notamment par inattention, par maladresse, par oubli, par ignorance, et ce, le plus souvent de façon involontaire, sans intention délibérée. C'est pourquoi, principalement dans les contextes où il est clair que l'erreur a été commise involontairement, on évitera la suite de mots erreur involontaire, dans laquelle l'adjectif involontaire est superflu.

 

Exemples fautifs :

 

- Il a commis une erreur involontaire en se trompant d'adresse.

- Sophie a fait quelques erreurs involontaires dans son mémoire de maîtrise.

- Ce joueur a multiplié les erreurs involontaires tout au long de la partie.

 

On dira plutôt :

 

- Il a commis une erreur en se trompant d'adresse.

- Sophie a fait quelques erreurs dans son mémoire de maîtrise.

- Ce joueur a multiplié les erreurs tout au long de la partie.

 

 

Toutefois, l'expression erreur involontaire n'est pas considérée comme pléonastique dans tous les contextes. Comme il peut être possible qu'une erreur soit commise de façon volontaire, notamment pour arriver à des fins bien précises, pour faire du tort à quelqu'un, etc., l'expression erreur involontaire peut être utile dans les contextes où l'on voudrait insister sur le fait qu'une action a été commise de façon non délibérée. Dans ce cas, l'adjectif involontaire peut aussi ajouter une nuance d'excuse à la notion d'erreur.

 

Exemples :

 

- Différents facteurs – erreurs involontaires et volontaires – seraient à l’origine du drame.

- Croyez-moi, c'est bien une erreur involontaire qui s'est glissée dans ce rapport.

- Veuillez excuser les quelques erreurs involontaires qu'il a commises.

- Les déclarations du témoin comportent des erreurs strictement involontaires.


Exporter à l'étranger

 

L’enchaînement exporter à l’étranger que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- De nombreux produits sont exportés à l’étranger.

- Les entreprises françaises exportent de plus en plus leur savoir-faire à l’étranger. 

- Les films américains jouissent d’un large public et sont fréquemment exportés à l’étranger.

 

En effet, le verbe exporter signifie « transporter, vendre à l’étranger les produits de l’activité nationale » et la locution à l’étranger a pour sens « dans un pays ou un ensemble de pays autres que celui dont on est citoyen ». Il y a donc redondance puisque chacun des deux mots renvoie à ce qui est à l’extérieur d’un territoire défini.

 

On écrirait plus correctement :

 

- De nombreux produits sont vendus à l’étranger.

- Les entreprises françaises exportent de plus en plus leur savoir-faire. 

- Les films américains jouissent d’un large public et sont fréquemment diffusés à l’étranger.



 
Extrait tiré de

 

L’enchaînement extrait tiré de que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- Philippe s’intéresse à la course automobile; il a d’ailleurs conservé des extraits tirés de magazines spécialisés. 

- Les étudiants aiment beaucoup lire des extraits tirés des œuvres de Rabelais.

- Plusieurs extraits tirés des lettres de Napoléon sont très émouvants.

 

En effet, le nom extrait signifie « passage tiré d’un texte » et la locution participiale tiré de signifie « pris, ôté, extrait d’un ensemble ». Il y a donc redondance puisque l’idée d’extraire est présente deux fois.

 

On écrirait plus correctement :

 

- Philippe s’intéresse à la course automobile; il a d’ailleurs conservé des articles tirés de magazines spécialisés.

- Les étudiants aiment beaucoup lire des extraits des œuvres de Rabelais.

- Plusieurs extraits des lettres de Napoléon sont très émouvants.


Faux prétexte

 

Les enchaînements faux prétexte et fallacieux prétexte sont considérés comme pléonastiques. 

Le substantif prétexte signifie « raison alléguée pour justifier un dessein, un acte, un comportement, pour dissimuler la vraie cause d’une action ou pour refuser quelque chose ». Les adjectifs faux et fallacieux signifient respectivement « qui n’est pas vraiment, pas réellement ce qu’il paraît être » et « qui est destiné à tromper ». Il y a donc redondance puisque l’idée de fausseté ou de dissimulation est présente deux fois.

 

Exemples fautifs :

 

- Quand vient le temps de se mettre au travail, Julie trouve toujours un faux prétexte : ou elle a la migraine, ou elle a un rendez-vous urgent.

- Les étudiants invoquent parfois de fallacieux prétextes pour obtenir un délai.

- Antoine affirma qu’il devait rendre visite à sa grand-mère, mais ce n’était qu’un faux prétexte pour aller rejoindre sa petite amie.

 


On dira plutôt :

 

- Quand vient le temps de se mettre au travail, Julie trouve toujours un prétexte : ou elle a la migraine, ou elle a un rendez-vous urgent. 

- Les étudiants invoquent parfois de fausses raisons pour obtenir un délai.

- Antoine affirma qu’il devait rendre visite à sa grand-mère, mais ce n’était qu’un prétexte pour aller rejoindre sa petite amie.

 

 

Par ailleurs, prétexte peut aussi désigner ce qui permet de faire quelque chose, une occasion. En ce sens, lorsque la locution être prétexte à a plusieurs sujets au singulier, le mot prétexte peut s’écrire au singulier ou au pluriel.

 

Exemple :

 

- La musique et la lecture sont prétexte à la détente (ou sont prétextes à la détente).


Hasard imprévu

L’enchaînement hasard imprévu que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- Un hasard imprévu lui a permis de retrouver le portefeuille qu’elle avait oublié à la gare. 

- C’est grâce à une série de hasards imprévus que Michel et Anne se sont rencontrés.

- Il l’a croisée au parc, par un hasard imprévu, peu après qu’ils eurent quitté l’université.

 

En effet, le nom hasard signifie « concours de circonstances imprévu et inexplicable; événement fortuit » et l’adjectif imprévu signifie « qui n’a pas été prévu; qui arrive lorsqu’on ne s’y attend pas ». Il y a donc redondance puisque l’idée d’imprévu est présente deux fois. Chacun des deux mots souligne le caractère fortuit de la situation ou de l’événement en question.

 

On écrirait plus correctement :

 

- Un hasard lui a permis de retrouver le portefeuille qu’elle avait oublié à la gare. 

- C’est grâce à une série d’événements imprévus que Michel et Anne se sont rencontrés.

- Il l’a croisée au parc, par hasard, peu après qu’ils eurent quitté l’université.

 

Le mot hasard a été emprunté de l’arabe az-zahr qui signifie proprement " le dé ". Anciennement, le mot hasard désignait un jeu de dés en usage au Moyen Âge. Depuis, le mot hasard a acquis un sens figuré qui souligne l’absence de toute raison déterminante.

 

Notons qu’en français le mot hasard s’écrit avec un s et non avec un z.


Heure de temps


L’enchaînement heure de temps que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- Carole en voulait à Louis de l’avoir fait attendre durant une heure de temps au restaurant.

- Samedi dernier, elles se sont parlé au téléphone pendant deux heures de temps.

- En une heure de temps, le garagiste a fait une évaluation complète du véhicule.

 

En effet, le nom heure signifie « unité de temps contenue vingt-quatre fois dans un jour » et le mot temps correspond ici à une durée considérée comme une quantité mesurable. Il y a donc redondance puisque l’idée du temps est présente deux fois. Chacun des deux mots renvoie à une durée, à une période pendant laquelle a lieu une action, un phénomène, etc.

 

On écrirait plus correctement :

 

- Carole en voulait à Louis de l’avoir fait attendre durant une heure au restaurant.

- Samedi dernier, elles se sont parlé au téléphone pendant deux heures.

- En une heure, le garagiste a fait une évaluation complète du véhicule.

 

 

L’expression pléonastique heure de temps constitue une forme intensive de l’idée exprimée que l’on associe plutôt à la langue familière; on l’évitera donc dans la langue soignée.


Illusion trompeuse

 

L’enchaînement illusion trompeuse que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- Cette teinte pâle donne une illusion trompeuse de fraîcheur à toute la pièce.  

- Ces maquillages donnent l’illusion trompeuse que les comédiens sont des vieillards.

- La nuit dernière, j’étais fiévreuse et j’ai été le jouet d’illusions trompeuses.

- Les jeunes gens se bercent souvent d’illusions trompeuses au sujet de l’amour.

 

En effet, le nom illusion vient du latin illusio, illudere « se moquer, se jouer de ». En français, le mot illusion signifie au sens propre « erreur de perception causée par une fausse apparence » et au sens figuré « croyance erronée, idée fausse dont le caractère séduisant abuse l’esprit ». L’adjectif trompeur qualifie quant à lui ce qui trompe, ce qui induit en erreur. Il y a donc redondance puisque l’idée de fausseté, de tromperie est présente deux fois.

 

On écrirait plus correctement :

 

- Cette teinte pâle donne une illusion de fraîcheur à toute la pièce.  

- Ces maquillages donnent l’illusion que les comédiens sont des vieillards.

- La nuit dernière, j’étais fiévreuse et j’ai été le jouet d’illusions.

- Les jeunes gens se bercent souvent d’illusions au sujet de l’amour.


Importer de l'étranger

L’enchaînement importer de l’étranger que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- Les riches tissus qui décorent cette pièce ont tous été importés de l’étranger.  

- Cette boutique renommée importe tous ses vêtements de l’étranger. 

 

En effet, le verbe importer a le sens d’« introduire dans un pays des produits en provenance de pays étrangers » et la locution de l’étranger signifie « d’un pays ou d’un ensemble de pays autres que celui dont on est citoyen ». Il y a donc redondance puisque chacun des deux mots renvoie à un apport venant de l’extérieur.

 

On écrirait plus correctement :


- Les riches tissus qui décorent cette pièce ont tous été importés.  

- Cette boutique renommée achète tous ses vêtements à l’étranger.

 

Le verbe importer est un emprunt au latin classique importare « porter dans »; ce verbe a également pu subir l’influence du verbe anglais to import, qui a la même origine latine.


 Inaugurer l'ouverture

 

L’enchaînement inaugurer l’ouverture que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- En avril dernier, on a inauguré l’ouverture du Salon de la femme. 

- Le ministre de l’Éducation a inauguré hier l’ouverture d’une école primaire.

- Cette écrivaine était fière d’inaugurer l’ouverture de la bibliothèque qui porte son nom.

 

En effet, le verbe inaugurer signifie « célébrer l’achèvement (d’un monument), mettre officiellement en service quelque chose à usage public (édifice, exposition, etc.) par une cérémonie solennelle » et le nom ouverture renvoie à l’action d’inaugurer, de commencer. Il y a donc redondance puisque l’idée d’inauguration est présente deux fois.

 

On écrirait plus correctement :

 

- En avril dernier, on a souligné l’ouverture du Salon de la femme. 

- Le ministre de l’Éducation a inauguré hier une école primaire.

- Cette écrivaine était fière de souligner l’ouverture de la bibliothèque qui porte son nom.

 

Le verbe inaugurer est un emprunt au latin classique inaugurare « prendre les augures, consacrer ».

 

Les expressions inauguration officielle et inaugurer officiellement sont également considérées comme des pléonasmes puisque, dans les deux cas, il est question de consacrer ou de livrer au public solennellement un édifice, un monument, un pont, etc. Il suffit donc de dire inauguration ou inaugurer puisque l’aspect officiel ou solennel de l’action est sous-entendu.

 

Exemple :

 

- L’inauguration de cette statue a fait couler beaucoup d’encre.



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