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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Les pléonasmes (L,M,N)

Publié par Fawzi Demmane sur 7 Juin 2009, 11:05am

Catégories : #Vocabulaire

 


Le moindre petit

 

L’enchaînement le moindre petit que l’on trouve dans les exemples suivants est considéré comme pléonastique.

 

Exemples fautifs :

 

- Quand elle est seule à la maison, Jeanne devient nerveuse et le moindre petit bruit l’effraie.

- Il est très exigeant envers ses amis et leur reproche le moindre petit défaut.

- Jacinthe est si économe! Elle fait tout pour éviter la moindre petite dépense.

- Ma sœur m’a tant de fois raconté son voyage en Italie que j’en connais les moindres petits détails.

 

 

En effet, l’adjectif petit signifie ici « qui n’a pas beaucoup d’importance » et son superlatif le moindre signifie « le plus petit, le moins important, le moins remarquable ». Il y a donc redondance puisque chacun des deux mots relève le caractère modeste, peu important de la chose en question.

 

On écrirait plus correctement :

 

- Quand elle est seule à la maison, Jeanne devient nerveuse et le moindre bruit l’effraie.

- Il est très exigeant envers ses amis et leur reproche le moindre défaut.

- Jacinthe est si économe! Elle fait tout pour éviter la moindre dépense.

- Ma sœur m’a tant de fois raconté son voyage en Italie que j’en connais les plus petits détails.

 

 

L’expression pléonastique moindre petit est très usitée dans la francophonie et certains grammairiens la tolèrent en alléguant que le mot petit, dans cette expression, signifie « modeste ». On dira par exemple le moindre petit bout de ruban, au sens de le moindre bout de ruban, si modeste soit-il. C’est d’ailleurs ce sens que La Fontaine met en évidence dans sa célèbre fable La cigale et la fourmi : « Pas le moindre petit morceau de mouche ou de vermisseau… ». Cependant, il faut noter que l’expression pléonastique a été employée par La Fontaine à des fins expressives; dans l’usage courant, elle est habituellement sentie comme appartenant à la langue familière. Il est donc préférable de l’éviter dans un texte de style soutenu, sauf à des fins expressives. On écrira par exemple la moindre difficulté l’arrête ou la plus petite difficulté l’arrête (plutôt que : la moindre petite difficulté l’arrête).

 

Notons que le comparatif moindre peut être renforcé par les adverbes bien et beaucoup, mais non par l’adverbe très. On peut ainsi dire bien moindre, beaucoup moindre, mais non très moindre.

 

Exemples :

 

- Les coûts de production sont bien moindres avec le nouvel appareil.

 

- Avec cet équipement d’escalade, les risques de blessures sont beaucoup moindres.


Marcher à pied

 

Les expressions marcher à pied et marche à pied sont des enchaînements pléonastiques répandus dans la langue courante.

 

De façon générale, on doit éviter d'utiliser les pléonasmes marcher à pied et marche à pied, puisque la locution à pied, qui signifie « en marchant », n'ajoute rien de particulier au sens du verbe marcher ou du nom marche, qui signifient respectivement « se déplacer sur ses pieds » et « action de marcher ». Selon le contexte, on peut simplement les remplacer par marcher ou marche, ou par d'autres expressions comme aller à pied, se promener à pied ou faire de la marche.

 

Exemples fautifs :

 

Marcher à pied est un bon moyen de garder la forme tout en respirant le grand air.

- J'aime bien marcher à pied dans le brouillard.

- Ce programme de mise en forme comprend 30 minutes de marche à pied par jour.

 

On pourra dire :

 

Marcher est un bon moyen de garder la forme tout en respirant le grand air. (ou : Faire de la marche)

- J'aime bien marcher dans le brouillard. (ou : me promener à pied)

- Ce programme de mise en forme comprend 30 minutes de marche par jour.

 

 

Cependant, les expressions marcher à pied et marche à pied ne sont pas considérées comme pléonastiques dans tous les contextes. En effet, de la même façon qu'on emploie course à pied pour parler d'un type de course en particulier, il est possible d'utiliser les expressions marcher à pied ou marche à pied lorsqu'on veut insister sur la façon dont on marche, et surtout lorsqu'on veut les opposer à une autre façon de marcher, comme marcher sur les mains, sur les genoux, à quatre pattes, avec des raquettes, etc. Dans ce cas, la redondance est utilisée pour produire un effet d'insistance.

 

Exemples :

 

- Marcher sur les mains semble aussi facile pour ce funambule que de marcher à pied.

- Ils ont décidé de troquer la marche à pied contre une promenade en raquettes.



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