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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Les nuances sémantiques (C) suite....

Publié par Fawzi Demmane sur 22 Juin 2009, 13:33pm

Catégories : #Vocabulaire


Congrès et colloque

 

On utilise parfois à tort les mots congrès et colloque. En effet, ces deux mots prêtent à confusion puisqu’ils comportent un sens commun qui est celui de « réunion de spécialistes d’une question ».

 

Le mot congrès désigne une assemblée de personnes qui se réunissent pendant une courte période pour délibérer sur un sujet commun (études, parti politique, profession, questions scientifiques, etc.).

 

Exemples :

 

- Nicolas participera pour la première fois au congrès annuel des médecins spécialistes.

- Catherine présidera le congrès international d’histoire à Berlin.

- On a pu lire dans les journaux de ce matin un résumé du récent congrès de ce parti.

- Le Palais des Congrès accueille des milliers de congressistes chaque année.

 

Le mot colloque désigne une réunion de spécialistes en nombre généralement limité convoqués pour discuter et confronter leurs informations et leurs opinions sur un thème donné. Par ailleurs, un colloque est habituellement moins solennel qu’un congrès.

 

Exemples :

 

- Le colloque international de sociologie aura lieu en mai à Paris.

- Cette physicienne est heureuse d’avoir été convoquée à ce colloque; elle sait qu’elle y rencontrera des sommités de son domaine.

- C’est la deuxième fois que Jacques organise le colloque international de lexicographie.

 

En résumé, un colloque réunit un nombre limité de spécialistes qui ont été préalablement sélectionnés et un congrès réunit la majorité, voire la presque totalité des spécialistes d’une question.

 

Enfin, on prendra soin d’éviter l’anglicisme convention au sens de « congrès ».



Conventionnel et traditionnel

 

On utilise parfois à tort les mots conventionnel et traditionnel. En effet, ces deux mots prêtent à confusion puisqu’ils comportent un sens commun qui est celui de « qui est conforme à quelque chose ».

 

Le mot conventionnel désigne ce qui est conforme aux conventions sociales, ce qui respecte les convenances.

 

Exemples :

 

- Dans l’autobus, le fait de céder sa place à une personne âgée est une forme de politesse conventionnelle.

- Pour le bal de fin d’études, Jean-Sébastien avait troqué ses éternels jeans contre une tenue plus conventionnelle.

 

Conventionnel peut aussi désigner, de manière péjorative, ce qui manque de naturel, de vérité ou d’originalité, ou encore, dans certains contextes, ce qui est trop attaché aux formes, aux règles.

 

Exemples :

 

- Ses sourires conventionnels trahissent chez lui un manque de spontanéité.

- Ce critique de théâtre a détesté cette pièce qu’il juge conventionnelle.

- Voilà une campagne publicitaire bien conventionnelle, qui ne parvient pas à attirer l’attention du consommateur.

 

Il faut cependant préciser qu’en ce sens, l’adjectif conventionnel est somme toute peu usité dans la langue de tous les jours. On lui préfère plutôt les expressions suivantes : banal, ordinaire, peu recherché, sans originalité, etc.

 

Par ailleurs, l’adjectif conventionnel pris au sens de « traditionnel, classique » est un anglicisme sémantique à éviter.

 

Exemples :

 

- Elle s’habille de façon très classique. (et non conventionnelle)

- Dans ce type de situation, il vaut mieux employer les méthodes classiques, éprouvées, habituelles. (et non conventionnelles)

- La grand-mère de Luisa est italienne et elle prépare les pâtes selon la méthode traditionnelle. (et non conventionnelle)

 

Le mot traditionnel quant à lui désigne ce qui est fondé sur la tradition, sur un long usage, ou encore ce qui est passé dans les habitudes, dans les mœurs.

 

Exemples :

 

- Cette découverte a révolutionné les conceptions traditionnelles de la physique.

- De plus en plus de gens optent pour la médecine douce plutôt que pour la médecine traditionnelle.

- Tante Hortense nous reçoit pour le traditionnel repas de Pâques.

- La culture traditionnelle renferme de grandes richesses à préserver.

 

En résumé, ce qui est conventionnel est conforme aux convenances et ce qui est traditionnel est transmis de génération en génération.



Copie et exemplaire

 

On utilise parfois à tort les mots copie et exemplaire. En effet, ces deux mots prêtent à confusion puisqu’ils désignent tous deux un objet reproduit.

 

Le mot copie vient du latin copia « abondance ». En français, ce mot désigne, dans la langue générale, une reproduction exacte d’un écrit, d’un texte, d’une bande magnétique ou d’une œuvre d’art. Dans le domaine du cinéma, une copie est un film positif destiné à la projection et dans le domaine de l’imprimerie, c’est un manuscrit destiné à la composition.

 

Exemples :

 

- Le notaire nous a remis une copie de l’acte de vente de la maison.

- Par précaution, je conserve toujours sur disquette une copie de mes textes.

- Pierre a chez lui une copie des Demoiselles d’Avignon, de Picasso.

- Les cinémas recevront sous peu les copies du nouveau film de Spielberg.

- L’imprimeur a reçu la copie de l’auteur; il pourra procéder à la composition de l’ouvrage dès aujourd’hui.

 

Le mot exemplaire vient du latin exemplarium « copie exemplaire; original, type ». En français, ce mot désigne chacun des objets, généralement des documents ou des ouvrages imprimés, reproduits en série (livres, médailles, gravures, photographies, etc.).

 

Exemples :

 

- Il faut signer les trois exemplaires de ce formulaire.

- Le premier album de cette chanteuse s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires.

- Ce journal local est tiré à 50 000 exemplaires.

- Vincent a photocopié son rapport en cinq exemplaires.

- J’ai prêté mon exemplaire des Chambres de bois, d’Anne Hébert, à une amie.

 

En résumé, on appelle copie la reproduction fidèle d’un original et on appelle exemplaire chacun des objets reproduits en série. Ces deux mots ne sont donc pas interchangeables : le mot copie s’emploie pour désigner le double d’un contrat, d’une lettre, d’un document, d’un acte notarié, etc., et le mot exemplaire s’emploie pour tout ce qui est publié (livre, journal, revue, disque, cassette, logiciel, etc.).

 

Exemple :

 

- Fier de sa réussite, ce jeune auteur a fait une copie de l’article de revue où un journaliste mentionnait que son roman s’était vendu à plus de 100 000 exemplaires.

 

On notera que l’emploi du mot copie au sens d’« exemplaire d’une revue, d’un journal, d’un livre, d’un disque » constitue un anglicisme.

 

Exemple :

 

- Ce matin, je n’ai pas reçu mon exemplaire du journal. (et non : ma copie du journal)


Correcteur et correctif

 

Correcteur et correctif viennent tous deux de mots latins dérivés de corrigere « corriger ». Cependant, ce n’est pas parce qu’ils ont la même origine qu’ils peuvent s’employer l’un pour l’autre. Comme nom, ils ont des sens bien distincts; comme adjectif, leur sens est très proche mais leur emploi dépend dans bien des cas de l’usage.

 

Le nom correcteur, qui vient du latin corrector « celui qui corrige », peut désigner une personne qui corrige des examens, des travaux, ou en typographie, des épreuves d’imprimerie. Un correcteur peut aussi être un dispositif de correction, un logiciel qui corrige des erreurs orthographiques.

 

Exemples :

 

- Philippe a été correcteur d’épreuves pendant plus de 30 ans.

- Un correcteur orthographique est un outil indispensable pour tout type de rédacteurs.

 

Le nom correctif, qui vient du latin correctivus « qui a le pouvoir de corriger », peut désigner ce qui corrige ou atténue un excès ou une maladresse, notamment dans un texte ou un propos, ou en parlant de l’action d’une substance. Il peut aussi signifier « antidote, contrepartie d’une chose ».

 

Exemples :

 

- Mon mandat consiste à apporter les correctifs nécessaires aux politiques de l’organisme.

- Cette bonne action devrait servir de correctif aux paroles blessantes que tu lui as dites.

- Le sucre est le correctif des aliments acides comme l’orange.

- Le rire est le meilleur correctif des journées de grisaille.

 

Quant aux adjectifs correcteur et correctif, ils ont un sens très proches. De façon générale, ils signifient tous deux « qui a pour but et pour effet de corriger ». Cependant, on constate dans l’usage que correcteur est surtout employé en parlant d’un dispositif, d’un instrument (verres, lentilles) ou d’une action (chirurgie) qui servent à corriger un défaut d’un appareil ou d’un organe, par exemple.

 

Exemples :

 

- Pour améliorer sa vision, Sylvie s’est fait poser des lentilles correctrices à l’intérieur des yeux.

- Lorsque j’aurai assez d’argent, j’ai l’intention de me payer une chirurgie correctrice du nez.

 

L’adjectif correctif, lui, sert surtout à qualifier un procès ou un facteur qui vise à redresser une déviation ou un écart dans un fonctionnement ou dans un comportement. L’objet modifié renvoie surtout à des réalités abstraites.

 

Exemples :

 

- L’entreprise devra prendre des actions correctives pour répondre plus adéquatement aux attentes de sa clientèle.

- L’emploi de cadran au sens de « réveil » est critiqué dans la plupart des ouvrages correctifs.


Critiquer et dénigrer

 

Les verbes critiquer et dénigrer sont parfois confondus puisqu’ils ont un sens commun, celui de « juger quelqu’un ou quelque chose de façon défavorable ».

 

Le verbe critiquer peut signifier « analyser une œuvre, un ouvrage pour en souligner les qualités et les défauts ». Ce sens est surtout utilisé dans des domaines artistiques comme la littérature, le cinéma, le théâtre ou la peinture.

 

Exemples :

 

- Les étudiants du cours d'histoire de l'art devaient critiquer une œuvre de Picasso.

- Ce journaliste critique des romans d’auteurs français.

- Notre enseignant s’est amusé à critiquer le dernier film de ce grand réalisateur.

 

Critiquer peut également avoir le sens, moins neutre, de « juger sévèrement en faisant ressortir les défauts ».

 

Exemples :

 

- Les journalistes ont critiqué la conduite irresponsable de ce médecin.

- Certains groupes sociaux ont critiqué le gouvernement sur sa façon de gérer les ressources financières.

- Jean s’est fait réprimander par ses parents parce qu’il ne cesse de critiquer tout le monde.

 

 

Pour sa part, le verbe dénigrer signifie « diminuer la valeur d’une personne ou d’une chose en la méprisant, en niant ses qualités ». Il exprime donc lui aussi l'idée d'un jugement défavorable, mais ce jugement est porté dans le but de blesser, de faire du mal.

 

Exemples :

 

- Mon patron a dénigré sa secrétaire devant tous les employés du bureau.

- Cette femme suit une thérapie parce que son père l’a dénigrée pendant toute son enfance.

- Il n’est pas apprécié par ses collègues puisqu’il ne cesse de les dénigrer.

 

On utilise le verbe dénigrer pour rabaisser une personne ou une chose qui pourrait ou devrait être appréciée. Lorsqu'on veut parler des fautes commises par cette personne, toutefois, on utilise plutôt le verbe souligner.

 

Exemples :

 

- Le premier ministre a souligné les erreurs commises par le gouvernement précédent. (et non a dénigré)

 

- Cet organisme s’engage à souligner les injustices commises dans différents pays du monde. (et non dénigrer)


Cueillette et collecte

 

On utilise parfois à tort les mots cueillette et collecte. En effet, ces deux mots prêtent à confusion puisqu’ils comportent un sens commun qui est celui de « récolte, ramassage ». Notons par ailleurs qu’ils viennent tous deux du latin collecta, colligere « ramasser, réunir, récolter ».

 
En français, le mot cueillette signifie « récolte de végétaux » ou, par métonymie, « produit de cette récolte ».

 

Exemples :

 

- Toute jeune, j’adorais faire la cueillette des fraises.

- Les pommiers étaient lourds de fruits; nous sommes revenus à la maison avec une cueillette abondante!

- La cueillette des champignons se fait à l’automne.

- Dans cette région, la cueillette des roses s’accompagne de festivités traditionnelles.

 

En français, le mot collecte signifie « action de recueillir des dons » ou « action de réunir, de recueillir (des produits, des éléments) en vue d’un traitement ».

 

Exemples :

 

- Une station de radio organise une collecte au profit de cette fondation pour enfants.

- On procède actuellement à une collecte de vêtements pour venir en aide aux démunis.

- Dans notre rue, la collecte des ordures s’effectue le mercredi et le samedi.

- Cette statisticienne effectue la collecte des données.

 

En résumé, on emploie le mot cueillette pour parler d’une récolte de végétaux et le mot collecte pour parler de tout autre type de récolte.

 

Exemple :

 

- Ce spécialiste de la culture biologique procède à la collecte de données scientifiques et techniques afin d’améliorer le processus de cueillette des fruits et légumes.



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