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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Les nuances sémantiques (D)

Publié par Fawzi Demmane sur 23 Juin 2009, 09:25am

Catégories : #Vocabulaire

 


De concert et de conserve

 

La locution de concert signifie « ensemble et en accord, en harmonie » (après s’être concertés). Le mot concert a déjà signifié « entente entre personnes généralement solidaires », et c’est ce sens qui survit dans l’expression de concert.

 

Exemples :

 

- Les organismes d’aide aux familles ont reconnu l'importance de travailler de concert pour tirer parti de leurs points forts.

- Les policiers et les pompiers ont agi de concert afin de maîtriser l’incendie.

- La direction de l’école a établi, de concert avec les élèves, un nouveau code de discipline.

 

 

La locution de conserve, qui est de style littéraire, est empruntée au vocabulaire de la marine et signifie aussi « ensemble », mais ne s’emploie généralement qu’avec des verbes tels que naviguer, voyager, aller, etc. Le verbe conserver avait en effet au XVIe siècle le sens de « naviguer en gardant à vue pour protéger », évolution du sens latin de cum- « ensemble » et servare « garder, préserver ». La locution de conserve est alors apparue et se disait des navires qui, lors des voyages, faisaient route ensemble en ne se perdant pas de vue et au figuré de personnes ou de véhicules qui voyageaient de compagnie. Le sens très large d’« ensemble, en même temps » est admis par certains grammairiens, mais mieux vaut n’utiliser cette locution que par analogie avec le sens initial, par exemple dans un contexte de voyage.

 

Exemples :

 

Lorsque les navires voguent de conserve, le risque d’être attaqué par des pirates diminue considérablement.

- Les explorateurs sont partis de conserve à la découverte du vaste monde.


Décade et décennie

 

On confond parfois les mots décade et décennie.

 

Décade signifie « période de dix jours », ou « partie d’un ouvrage ou ouvrage composé de dix livres ou chapitres ». Ce mot a fait naître l’adjectif décadaire « qui se rapporte aux décades du calendrier républicain ».

 

Exemples :

 

- La moyenne des températures de la première décade de novembre est de 1 °C.

- L’œuvre de Tite-Live est divisée en décades.

 

 

Décennie signifie « période de dix ans ». Dans ce cas, c’est le substantif qui a été créé à partir de l’adjectif décennal.

 

Exemples :

 

- L’ONU souhaite que la première décennie du millénaire soit consacrée à la promotion de la paix et de la non-violence.

- Au cours de la dernière décennie, le secteur des communications a connu une véritable mutation.

 

 

 

Le mot décade a été formé à partir des formes latines decas et -adis, elles-mêmes empruntées au grec dekas et -ados. Étymologiquement, il signifie donc « groupe de dix, dizaine ». D’abord passé en français au XIVe siècle dans le sens de « partie d’un ouvrage ou ouvrage composé de dix chapitres ou dix livres », il a pris ensuite la signification de « période de dix jours » lors de l’adoption du calendrier républicain en 1793. Ce dernier fut aboli en 1806. Vers 1850, on constate que le mot est souvent utilisé dans le sens de « période de dix ans », probablement sous l’influence de l’anglais, où decade, ayant conservé les deux possibilités de la valeur étymologique, signifie à la fois « période de dix jours » et « période de dix ans ». Cet usage, observé chez bon nombre d’écrivains du XIXe siècle et – malgré la création du mot décennie en 1890 – du XXe siècle, est attesté dans certains ouvrages. Il est cependant critiqué et souvent considéré comme un anglicisme. La plupart des grammairiens recommandent de n’utiliser, par souci de clarté, que le terme décennie pour désigner une période de dix ans.

Décéder et mourir

 

Les verbes décéder et mourir ont un sens en commun, mais ils ne sont pas interchangeables dans tous les contextes pour autant.

 

Le verbe décéder signifie « cesser de vivre », mais uniquement lorsqu'on parle de personnes. Ce verbe appartient surtout à la langue administrative et à la langue juridique. On l'emploie aussi parfois par euphémisme, pour éviter mourir. Il semble que décéder soit surtout employé pour parler d'une mort naturelle, et non pour faire référence à une mort accidentelle ou à une mort violente.

 

Exemples :

 

- Monsieur Pilote est décédé le 27 novembre dernier.

- Le père de Nathalie est décédé la semaine dernière.

 

Le verbe mourir signifie lui aussi « cesser de vivre », mais il peut s'appliquer aux personnes, aux animaux et aux végétaux. Lorsqu'on parle de personnes, mourir convient dans tous les contextes.

 

Exemples :

 

- Trois personnes sont mortes dans un accident de la route hier soir.

- La petite Lili ne pouvait accepter que son chien meure.

- Denis a laissé mourir cette plante, qu'il trouvait trop grosse.

 

 

On peut également utiliser mourir pour parler de choses ou de concepts qui disparaissent ou qui s'affaiblissent. Il a aussi le sens de « ressentir intensément » lorsqu'il est question d'émotions ou de sensations. Enfin, à la forme pronominale, il signifie « être sur le point de mourir ».

 

Exemples :

 

- Le bruit de la foule meurt peu à peu.

- Il n'y a rien à boire et je meurs de soif.

- Pierre mourait d'envie de jouer un tour à sa voisine.

- Roland est à l'hôpital; il se meurt.

 

 

Les noms décès et mort ne sont pas, eux non plus, interchangeables dans tous les contextes. Décès ne s'applique qu'aux personnes; on l'emploie dans la langue administrative et dans la langue juridique, ou encore par euphémisme. Le nom mort, lui, peut s'appliquer aux personnes, aux animaux et aux végétaux.

 

Exemples :

 

- L'assureur exige un certificat de décès.

- C'est difficile d'annoncer à quelqu'un le décès d'un de ses proches.

- Christian est terrifié par la mort.

- La mort de ce chat a beaucoup attristé Nadine.

 

 

Lorsqu'on conjugue le verbe décéder, le deuxième é se transforme en è devant une syllabe contenant un e muet. L'exception à cette règle, qui voulait que le é reste tel quel au futur simple de l'indicatif et au conditionnel présent, a été levée par les rectifications de l'orthographe; les deux formes, celle avec é et celle avec è, sont donc aujourd'hui acceptées.


Déclencher et enclencher

 

On emploie parfois les mots déclencher et enclencher comme des synonymes. En effet, ces verbes ont en commun le sens de « mettre en marche, faire démarrer, provoquer ». Ils sont donc interchangeables dans certains contextes.

 

Exemples :

 

- Le gouvernement a enclenché (ou déclenché) une procédure visant à améliorer le sort des victimes.

- Les salariés déclencheront (ou enclencheront) un mouvement de grève si rien n’est fait bientôt.

 

Dans un registre plus spécialisé, toutefois, ces verbes n’ont pas la même signification et peuvent même être considérés, d’un point de vue strictement technique, comme des contraires. Bien que leurs sens diffèrent, ils ont en commun d’être tous deux formés à partir du mot clenche, qui désigne une pièce de loquet consistant en un petit levier.

 

Au sens propre, déclencher signifie « manœuvrer un dispositif capable de séparer deux pièces liées d’une machine de façon à permettre le libre mouvement de l’une d’elles ». Par extension, déclencher s’emploie aussi avec des sens figurés où l’idée de mise en mouvement demeure. Ce verbe est formé du mot clenche et du préfixe dé-, qui exprime une idée de séparation, de distance.

 

Exemples :

 

- Ils ont aussitôt déclenché le système d’alarme.

- Ses propos incendiaires déclenchèrent une véritable crise diplomatique.

 

Au sens propre, enclencher signifie « mettre en marche au moyen d’un dispositif qui rend solidaires les pièces d’un mécanisme ». Ce verbe connaît aussi des emplois figurés avec le sens de « faire commencer un processus ». Ce verbe est formé du mot clenche et du préfixe en-, qui exprime une idée d’intériorité.

 

Exemples :

 

- Il a démarré la voiture et enclenché la première vitesse.

- Cette rencontre visait avant tout à enclencher un processus de paix.

 

Enfin, notons que dans les verbes déclencher et enclencher, le son en s’écrit avec un e (en) et non avec un a (an).



Dédoublement et chevauchement

 

Lorsqu'on parle de deux choses ou de deux concepts qui se ressemblent, on peut avoir tendance à confondre les noms dédoublement et chevauchement.

 

Le nom dédoublement désigne le fait, pour une chose concrète ou abstraite, d'être divisée en deux parties. On l'emploie donc pour désigner un processus par lequel on obtient deux choses à partir d’une seule.

 

Exemples :

 

- Le dédoublement de cette classe de 36 élèves fera qu'il y aura deux classes de 18 élèves.

- Ariane est fascinée par le dédoublement de ses ongles.

- Michel a peur de souffrir d'un dédoublement de personnalité.

 

Le nom chevauchement désigne l'état de deux choses qui se recouvrent partiellement, qui empiètent l'une sur l'autre. On peut donc l'employer pour parler de choses qui partagent, en partie, un même espace ou un même moment, ou encore de choses qui sont en partie semblables.

 

Exemples :

 

- Le chevauchement des lettres rend ce texte pratiquement illisible.

- En raison du chevauchement des deux conférences, je n'ai pu assister qu'à une seule d'entre elles.

- En plus de ne pas être rentable, le chevauchement des tâches est souvent source de conflits au travail.

 

On doit éviter de confondre les noms dédoublement et chevauchement avec double emploi, qui désigne plutôt une répétition inutile, une chose répondant à un besoin qui est déjà comblé.

 

Exemples :

 

- Cet auteur a publié quelques livres intéressants, mais ces deux-là font double emploi.

- J'ai acheté une nouvelle table. L'ancienne faisant double emploi avec la nouvelle, je l'ai donnée à ma sœur.

 

On doit aussi éviter de confondre les verbes correspondant aux noms dédoublement et chevauchement. Le verbe dédoubler peut signifier « diviser une chose en deux parties distinctes », alors que le verbe chevaucher signifie « se recouvrir partiellement, empiéter l'un sur l'autre ». Dans ce sens, le verbe chevaucher peut être intransitif (c'est-à-dire qu'on l'emploie sans complément direct) ou pronominal (se chevaucher).

 

Exemples :

 

- Il y avait tellement de monde qu'on a dû dédoubler le train, un seul ne suffisant pas pour accommoder tous les passagers..

- Amélie s'amusait à dédoubler des brins de laine.

- Les tuiles de ce toit chevauchent.

- Francis devra faire un choix, les deux activités qui l’intéressent se chevauchent.



Désintérêt et désintéressement

 

Bien que les noms désintérêt et désintéressement se ressemblent et qu’ils dérivent tous deux du verbe désintéresser, leurs sens diffèrent.

 

Désintérêt signifie « absence d’intérêt, de goût pour quelque chose ou quelqu’un ».

 

Exemples :

 

- Je regrette profondément votre désintérêt pour notre nouveau projet.

- L’attitude de Denise est marquée par un total désintérêt à l’égard de son travail.

- Le désintérêt croissant de sa conjointe pour lui les a menés tout droit au divorce.

 

Le mot désintéressement, quant à lui, signifie « attitude altruiste marquée par la générosité et l’absence d’intérêt personnel ». Il a aussi un sens particulier dans le domaine de la finance où il signifie « fait de dédommager un créancier, de l’indemniser ». Enfin, désintéressement est aussi maintenant employé comme synonyme de désintérêt, bien que cet usage soit critiqué par certains qui y voient une ambiguïté possible.

 

Exemples :

 

- Toute sa vie, cet homme a feint d’agir avec désintéressement alors qu’en réalité, son unique but était de prendre le pouvoir.

- Nous serons bientôt forcés de procéder au désintéressement des créanciers.



Détenteur et titulaire

 

Les noms détenteur et titulaire peuvent prêter à confusion, puisqu'ils désignent tous deux une personne qui possède quelque chose. Ils ne sont toutefois pas interchangeables dans tous les contextes.

 

Le nom détenteur (détentrice au féminin), du verbe détenir, a un sens plutôt large : il désigne une personne qui a en sa possession ou qui garde quelque chose, qu'il s'agisse d'une chose concrète ou abstraite. La chose ainsi détenue peut l’être à titre provisoire.

 

Exemples :

 

- Les détenteurs et détentrices de billets pour ce spectacle seront remboursés.

- Je crois que Pierre est le détenteur du document que tu cherches.

- La détentrice actuelle du record du monde affrontera les meilleures nageuses.

- À l'époque, le roi était l'unique détenteur du pouvoir.

 

 

Le sens de titulaire, qui est employé comme nom et comme adjectif, est plus restreint. Ce mot peut désigner une personne exerçant une fonction en vertu d'un titre qu'elle possède. Dans ce sens, titulaire implique une idée de permanence; on l'emploie par opposition à adjoint, auxiliaire, provisoire, stagiaire, suppléant, etc. Titulaire peut aussi désigner une personne qui possède un diplôme ou un droit, par exemple un permis, une rente.

 

Exemples :

 

- Germain est titulaire de ce poste depuis plus de dix ans.

- André est maintenant professeur titulaire à l'Université.

- Carl est titulaire d'un permis de pêche.

- Trois des candidates sont titulaires d'une maîtrise en psychologie.


Dilemme et alternative

 

On utilise parfois à tort les mots dilemme et alternative. En effet, ces deux mots prêtent à confusion puisqu’ils comportent un sens commun qui est « choix entre deux possibilités ».

 

 

Le mot dilemme (et non pas dilemne) signifie « alternative contenant deux propositions contraires ou contradictoires entre lesquelles on doit choisir ».

 

Exemples :

 

- Il était devant un terrible dilemme : s’il parlait, il trahissait ses amis et s’il se taisait, il se rendait complice d’un crime.

- Devait-elle relever ce défi et alors s’éloigner de ses enfants, ou bien refuser la proposition et voir sa carrière entravée? Pénible dilemme.

 

 

Le mot alternative signifie « choix entre deux possibilités ou éventualités souvent opposées ».

 

Exemples :

 

- Il était devant l’alternative suivante : demeurer un simple employé ou démarrer sa propre entreprise.

- Une seule alternative s’imposait maintenant à elle : partir ou rester.

 

 

Une alternative est la possibilité qui s’offre à nous de choisir entre deux options qui mènent à des aboutissements différents. Le dilemme, quant à lui, nous met en position de devoir choisir entre deux propositions contraires ou contradictoires, comportant l’une et l’autre des inconvénients. On distingue ainsi les deux termes par le fait qu’une alternative entraîne un résultat qui peut être heureux ou malheureux, tandis qu’un dilemme conduit à un résultat toujours regrettable.

 

Il faut cependant préciser que les ouvrages de référence ne s’entendent pas toujours sur ces distinctions et que l’usage tend de plus en plus à présenter alternative et dilemme comme des synonymes. Considérons tout de même qu’on est dans une alternative tant qu’on n’a pas fini de peser le pour et le contre et qu’on est dans un dilemme lorsque, tout bien pesé, on voit que les deux possibilités aboutissent à un même résultat et que le choix ne pourra qu’être difficile. En résumé, l’alternative, c’est le choix; le dilemme, c’est l’impasse.

 

Exemples :

 

- L’alternative est la suivante : soit que vous payiez en un seul versement et obteniez un rabais de 20 euro, soit que vous payiez en trois versements sans intérêt.

- Dois-je lui dire la vérité et le peiner dès maintenant, ou dois-je me taire et risquer de perdre sa confiance plus tard? C’est un cruel dilemme.


Diplomate et diplomatique

 

On confond parfois les mots diplomate et diplomatique qui ont une origine commune et des sens proches mais dont les emplois diffèrent.

 

Employé comme adjectif, diplomate signifie « qui est habile, subtil, adroit dans les rapports sociaux », et ce, en parlant d’une personne.

 

Exemples :

 

- Ce ministre n’a pas été très diplomate dans la gestion de ce conflit.

- Florence a été engagée pour ses nombreuses compétences, son caractère diplomate et ses qualités de négociatrice.

 

Le nom diplomate a deux sens proches. Il désigne d’abord une personne chargée par un gouvernement de représenter son pays à l’étranger. Dans son deuxième emploi nominal, qui correspond à celui de son emploi adjectival, diplomate désigne une personne qui sait mener une affaire avec tact et habileté.

 

Exemples :

 

- La Ville accueillera prochainement une délégation de diplomates argentins.

- Cette jeune avocate est une diplomate.

 

Diplomatique est uniquement employé comme adjectif dans la langue courante. Il peut avoir le sens de « ce qui est relatif à la diplomatie, aux diplomates ou à leurs activités », en parlant surtout de relations politiques, et plus rarement en parlant d’une personne, notamment dans agent diplomatique. Diplomatique peut aussi signifier « qui est empreint de tact, de finesse, de prudence », en parlant d’un comportement, d’une manière.

 

Exemples :

 

- Cette mission diplomatique au Moyen-Orient n’a pas donné les résultats escomptés.

- Les réponses diplomatiques de ce politicien ont paru insatisfaisantes aux yeux des journalistes.

 

Plus spécialement, en didactique, l’adjectif diplomatique signifie « relatif aux diplômes » ou « relatif aux relations internationales ». Cet emploi adjectival correspond à celui du nom diplomatique qui désigne la science qui étudie les diplômes, les chartes et autres documents officiels.

 

Exemples :

 

- Pour la rédaction de son mémoire, Luc a dû consulter de nombreuses archives diplomatiques.

- La diplomatique permet d’évaluer l’authenticité, l’âge et la valeur de documents officiels.

 

Enfin, on notera que contrairement aux mots diplôme et diplômer qui ont un accent circonflexe sur le o, les mots de même famille diplomate, diplomatique, diplomatie et diplomation ne portent pas cet accent.

 
Distraction et inadvertance

 

On confond parfois les mots distraction et inadvertance. En effet, ces deux mots prêtent à confusion puisqu’ils présentent un sens commun qui est celui de « manque d’attention, d’application à une chose déterminée ».

 

 

Le mot distraction vient du latin classique distractio « déchirement, séparation ». En français, ce nom désigne un manque d’attention habituel ou momentané aux choses dont on devrait normalement s’occuper, l’esprit étant absorbé par un autre objet; par métonymie, il peut aussi désigner un acte traduisant l’inattention de celui qui l’accomplit. Ce mot est généralement péjoratif.

 

Exemples :

 

- Ce matin, elle a eu un instant de distraction et est sortie sans verrouiller la porte.

- Philippe commet de plus en plus de distractions; assurément, il est amoureux!

- Par pure distraction, Carole a rangé le lait dans l’armoire et le sucrier au réfrigérateur.

- Il reste assis des heures devant la télévision, mais ne la regarde qu’avec distraction.

 

 

Le mot inadvertance vient du latin médiéval inadvertentia, de advertere « tourner son attention vers ». En français, ce nom désigne un défaut accidentel d’attention, un manque d’application à quelque chose que l’on fait. Pris dans ce sens, son emploi est perçu comme vieilli, rare ou littéraire. Par métonymie, inadvertance désigne aussi le résultat de l’inattention, du manque d’application. Mais l’emploi le plus courant de ce nom est dans la locution adverbiale par inadvertance, qui signifie « par mégarde, par inattention ».

 

Exemples :

 

- Quand Jacinthe est trop nerveuse, il lui arrive de commettre des inadvertances.

- Par inadvertance, j’ai envoyé cette lettre à la mauvaise adresse.

- La femme de ménage a jeté par inadvertance les notes que j’avais prises au réveil. 

 

 

En résumé, on emploie distraction quand l’étourderie ou le manque d’attention est habituel ou momentané, et on emploie inadvertance quand le manque d’attention est accidentel et constitue un fait isolé.

 

Exemple :

 

- Paul a l’esprit rêveur et il lui arrive fréquemment d’avoir des distractions. Par exemple, l’autre jour, au parc, je l’ai vu jeter par inadvertance ses clefs à la poubelle et enfoncer un mouchoir dans sa poche.



Durable et permanent

 

Les adjectifs durable et permanent partagent une certaine proximité sémantique : ils évoquent tous deux une idée de durée dans le temps. Mais ils ne sont pas synonymes pour autant et ne doivent pas être confondus.

 

Exemples :

 

- L’éducation des jeunes au développement durable des ressources naturelles devrait être un apprentissage permanent.

 

Durable signifie « qui dure longtemps, qui présente de la stabilité et de la constance dans le temps ». On peut donc dire en parlant de choses abstraites : une mode durable, une amitié durable, un succès durable, un accord durable, une paix durable. Par contre, souhaiter avoir un succès permanent, un accord permanent, une paix permanente relèverait plutôt de l’utopie. Durable s’applique aussi à des choses concrètes, par exemple : un édifice durable, du béton durable (et non un édifice permanent, du béton permanent).

 

L’adjectif permanent signifie « qui dure sans interruption ni changement pendant une longue période non déterminée ». En raison de l’idée de non-interruption véhiculée par cet adjectif, on peut dire des neiges permanentes au sommet de hautes montagnes, un gaspillage permanent des ressources, un comité permanent composé de membres permanents, un domicile permanent (et non un domicile durable) pour quelqu’un qui a un domicile fixe.

 

En résumé, pour distinguer durable et permanent, il faut penser à l’idée de continuité. S’il peut y avoir une fin à plus ou moins longue échéance, on utilisera durable. Dans le cas contraire, s’il ne semble pas y avoir de fin, on emploiera permanent.


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