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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


La préposition " à " suite....

Publié par Fawzi Demmane sur 24 Juin 2009, 10:34am

Catégories : #Le bon usage

Resultat

 

 

 

 

 

 

C. À entre dans la construction d'une locution verbale

1. Loc. verbales contenant la prép.
à

a) À + subst. non actualisé :

à
bail (avoir, mettre, prendre, tenir)
à
bout (être, mettre, pousser)
à
charge (avoir, être, prendre)
à
cœur (avoir, prendre)
à
cheval (être, monter, aller)
à
cran (être, mettre)
à
crime (imputer)
à
égalité (être, arriver)
à
faveur (avoir)
à
flot (être, mettre)
à
gage (avoir)
à
genoux (être, mettre)
à
honneur (avoir, tenir)
à
injure (tenir)
à
jour (mettre)
à
mal (tenir, tourner)
à
mépris (avoir, tenir)
à
part (être, mettre)
à
partie (prendre)
à poil (être, mettre) (vulg.)
à
tâche (avoir, prendre)
à
terme (être, arriver, mener)
Pour aller à bicyclette /
aller en bicyclette

56. ... nous n'abuserons pas de nos avantages, de peur qu'en pressant trop l'évidence, nous ne finissions par jeter les ennemis du Christianisme dans l'obstination, dernier refuge de l'esprit de sophisme poussé à bout.
             F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Le Génie du Christianisme, 1803, p. 119.


b) À + subst. actualisé

 
[Apr. le verbe être :]

aux abois (être)
à l'affût (être)
aux anges (être)
à l'article de la mort (être)
à l'avenant (être)
au beau (être)
aux cent coups (être)
au comble (être)
au complet (être)
aux côtés de (être)
à la dérive (être)
au diapason (être)
à l'écoute (être)
aux écoutes (être)
à la hauteur (être)
au mieux (être)
à la mode (être)
aux ordres de (être)
au pain et à l'eau (être)
au poil (être) (fam.)
à la renverse (être)
à la six quatre deux (être) (fam.)
à l'unisson (être)

 
[Apr. le verbe être commutant avec mettre :]

à l'abri (mettre / être)
à l'aise (mettre / être)
à l'épreuve (mettre / être)
au fait (mettre / être)
à la page (mettre / être)
à la porte (mettre / être)
au supplice (mettre / être)
à la charge de (mettre / être)
au courant (mettre / être)
à son aise (mettre / être)
à son compte (mettre / être)
à sa place (mettre / être)
à sa merci (être / réduire)

57. S'il n'avait été engourdi par le sommeil, il eût mis l'homme à la porte; ...
                             R. ROLLAND, Jean-Christophe, Les Amies, 1910, p. 1090.


 
[Apr. mettre, prendre, tirer, etc. :]

à l'actif de (mettre, porter)
au clair (mettre, tirer)
au compte de (mettre, porter)
à la courte paille (tirer)
au défi (mettre)
au dépourvu (prendre)
à l'évidence (se rendre)
à ses fins (arriver)
au flanc (tirer) (fam.)
aux mains (en venir)
à l'ordre (rappeler)
à la raison (appeler, mettre)
à la rigolade (prendre) (fam.)
au sérieux (prendre)
au sort (tirer)
à sa tête (en faire)
aux voix (mettre)

2. À introduit le compl. d'une loc. verbale

a) À + subst.

 
Le subst. de la loc. verbale n'est pas actualisé :

avoir accès à qqc.
avoir affaire à qqn
avoir foi à qqc. (vx)
ajouter créance à qqc.
demander conseil à qqn
demander pardon à qqn
dire adieu à qqn
donner assaut à qqc.
donner audience à qqn
donner carrière à qqc.
donner congé à qqn
donner cours à qqc.
donner ordre à qqn
faire affront à qqn
faire allusion à qqn
faire appel à qqn
faire attention à qqc.
faire concurrence à qqn
faire confiance à qqn
faire crédit à qqn
faire honneur à qqn
faire mal à qqn
faire plaisir à qqn
fausser compagnie à qqn
porter bonheur à qqn
prendre goût à qqc.
prendre plaisir à qqc.
prêter assistance à qqn
rendre grâces à qqn

58. Il revint avec des bonds de cœur, en s'accusant d'avoir douté d'un frère, en priant pour sa conversion à l'entière vérité, en ayant foi plus que jamais à l'union définitive des hommes.
                                                Ch.-A. SAINTE-BEUVE, Volupté, t. 2, 1834, p. 171.


59. La preuve en est que nul ne dépensait plus largement, quand l'intérêt du pays était en jeu. Au reste, faisant confiance à ses agents et leur demandant rarement des comptes.
                                                                R. GROUSSET, L'Épopée des croisades, 1939, p. 193.

 Le subst. de la loc. est actualisé :

brûler la cervelle à qqn
clouer le bec à qqn
couper le chemin à qqn
donner l'accolade à qqn
donner l'assaut à qqc.
donner le branle à qqc.
donner le change à qqn
donner la chasse à qqn, qqc.
donner son compte à qqn
donner un coup de main à qqn
donner un coup d'œil à qqc., qqn
faire un accroc à qqc.
faire son affaire à qqn
faire un affront à qqn
faire ses amitiés à qqn
faire la barbe à qqn
faire la charité à qqn
faire ses compliments à qqn
faire la conversation à qqn
faire la cour à qqn
fermer la bouche à qqn
mettre le comble à qqc.
mettre le feu à qqc.
renvoyer la balle à qqn
river son clou à qqn (fam.)
rogner les ailes à qqn
souhaiter la bienvenue à qqn
tordre le cou à qqn

b) À + inf.

 
Le subst. de la loc. verbale n'est pas actualisé :

avoir avantage à refuser
avoir mauvaise grâce à insister
avoir grand'peine à faire asseoir
avoir intérêt à connaître
avoir peine à croire que
avoir plaisir à pardonner
avoir propension à critiquer
avoir scrupule à marcher
avoir tendance à penser
donner matière à jaser
prendre plaisir à observer
trouver joie à parcourir
trouver matière à ne pas désespérer

60. Vous m'avouerez cependant que j'aurais bien mauvaise grâce à vouloir lutter d'agréments contre Sainval, par exemple, qui n'a pourtant que deux ans moins que moi.
T. LECLERCQ, La Scène double, 1835, I, p. 346.


61. Je goûte toujours grande joie à supprimer tout l'inutile. Mes corbeilles à papier s'emplissent de « repentirs » qui, maintenus, eussent paru du foisonnement; ... [plus cour. : goûter une grande joie à]
A. GIDE, Journal, 1930, p. 963.

 Le subst. de la loc. verbale est actualisé :

n'avoir pas de difficultés à se trouver
avoir une disposition à s'enrhumer
avoir des difficultés à passer
avoir de la facilité à apprendre
avoir une grande facilité à parler
n'avoir plus de goût à jouer
avoir de la joie à mortifier ...
avoir du mal à comprendre
avoir beaucoup de mal à rejoindre ...
avoir de la peine à croire ...
avoir beaucoup de peine à faire qqc.
avoir du plaisir à faire qqc.
avoir une propension à mentir
avoir de la propension à critiquer
avoir une tendance à accepter ...
avoir une certaine tendance à penser que ...
avoir une petite tendance à prendre ...
éprouver une joie à prendre possession de ...
fournir un prétexte à ne rien faire
montrer un réel plaisir à accepter
se réserver du plaisir à faire qqc.
trouver de la joie à sentir ...


D. introduit un complément de lieu (de nature ponctuelle)]

1. [Le compl. de lieu est indispensable au sens du verbe]

a) [Apr. des verbes marquant un déplacement (réel ou fig.) du suj.]

 [Verbes constr. avec à (ou une prép. équivalente), mais excluant de]

aborder à
aboutir à
accéder à
accoster à
aller à
confiner à
courir à
entrer à
passer à
pénétrer à
se cogner à
se heurter à
se réfugier à
se rendre à
tendre à
s'arrêter à
atteindre au port (vx)
avancer au combat (vx)
marcher à la victoire

62. Partons maintenant, dit Corinne, et retournons à la ville.
G. DE STAËL, Corinne, t. 2, 1807, p. 84.


63. Deux mois plus tard, par une après-midi grise et douce de novembre, Mme Caroline monta à la salle des épures, tout de suite après le déjeuner, pour se mettre au travail.
                                                   É. ZOLA, L'Argent, 1891, p. 219.

Rem.

Parmi ces verbes, les uns expriment le mouvement sans plus, auquel la prép. à confère une direction (ex. passer). Les autres signifient par eux-mêmes le mouvement et le terme de ce mouvement, signification que à se borne à confirmer (ex. accéder à). Avec les verbes imperf. aller, courir..., à peut être renforcé par jusqu(e). Constr. avec la prép. de, approcher et se rapprocher constituent la seule exception à cette classe de verbes. Ils reflètent une représentation mentale qui consiste à poser l'idée d'un repère av. celle du mouvement qui y conduit, à l'encontre des verbes comme atteindre à qui envisagent d'abord le mouvement, et ensuite son terme. S'approcher de signifie un mouvement en direction d'un point, de manière à être près de ce point; la première idée est trad. par le préverbe a, la seconde par la prép. de (cf. sup. I A 1, rem. 1, l'analyse de échapper à).
 
[Verbes constr. tantôt avec à (ou une prép. équivalente), tantôt avec de. L'oppos. « approche »/« éloignement » est trad. par le jeu des prép. :

arriver à / de
partir à / de
revenir à / de
s'en aller à / de
tomber à / de

b) [Apr. des verbes dits de « position ».  Ces verbes excluent de; la prép. à marque une réf. à l'espace, indépendamment de toute idée de direction]

demeurer
à
être
à
habiter
à
rester
à
s'arrêter à (au sens de « habiter »)
vivre
à


64. Très ennuyé, l'ancien beau résistait, lorsque Hourdequin, apprenant de Macqueron que plusieurs des conseillers municipaux étaient à la mairie, où ils l'attendaient depuis une demi-heure, dit en homme sans gêne :
 C'est ça, allez donc voir l'église...
                                                  É. ZOLA, La Terre, 1887, p. 158.


c) [Apr. des verbes à double constr. marquant un déplacement ou l'accompagnement]

accrocher qqc. à qqc.
accompagner qqn à la gare
appliquer qqc. à qqc.
attirer qqc. à soi
conduire qqn à la gare
étendre qqc. à qqc.
placer qqc. à la banque
ramener qqn à la maison
ramener qqc. à soi
suspendre qqc. à qqc.
traîner qqn au supplice


65. Chacune de ces habitudes d'obéir exerce une pression sur notre volonté. Nous pouvons nous y soustraire, mais nous sommes alors tirés vers elle, ramenés à elle, comme le pendule écarté de la verticale.
  H. BERGSON, Les Deux sources de la morale et de la religion, 1932, p. 2.


66. J'ai voulu que l'expérience conduise où elle menait, non la mener à quelque fin donnée d'avance. Et je dis aussitôt qu'elle ne mène à aucun havre (mais en un lieu d'égarement de non-sens).
         G. BATAILLE, L'Expérience intérieure, 1943, p. 17.


2. [Compl. circ. propr. dit] :

67. Plus loin, à l'orient, au bas de la montagne que domine la Wartbourg, et entre cette montagne et l'ancienne chartreuse consacrée à la Sainte en 1394, on voit se déployer une vallée charmante arrosée par un paisible ruisseau qui coule au milieu de prairies pleines de roses et de lis; ...
Ch. DE MONTALEMBERT, Hist. de Sainte Elisabeth de Hongrie, 1836, p. 111.


68. Quelques personnes, au balcon et à l'orchestre, attendaient, perdues parmi les fauteuils de velours grenat, dans le petit jour du lustre à demi-feux.
                É. ZOLA, Nana, 1880, p. 1095.


Rem. 1.


Concurrence à / en ou une autre prép. locale (cf. hist. I A 3).
La prép. en n'alterne avec à que devant certains subst. fém. et qq. subst. masc. à initiale vocalique qui ne sont pas incompatibles avec l'idée d'intériorité. L'art. livre en combinaison avec à une valeur de détermination, celle de généralité étant fournie par en qui exclut l'art.; on notera que la prép. en figure essentiellement dans des syntagmes plus ou moins figés :
il travaille à l'usine (de chez Renault) / il travaille en usine

à l'appartement / en appartement
à la Bourse / en Bourse
à la campagne / en campagne
à la cour / en cours d'assises
à la face / en face
à la faculté / en faculté
à la gare / en gare
à l'hôtel / en hôtel
à la maison / en maison de
à la mer / en mer
à la place de / en place
à la prison / en prison
à la tête / en tête
à l'usine / en usine
à la ville / en ville

On notera également l'oppos. à l'air / en l'air, où le maintien de l'art. apr. en fait exception à la règle et où en l'air s'oppose à sur le sol ou en mer, tandis que à l'air s'oppose à enfermé dans, à l'intérieur de.
La présence de à dans les 2 ex. suiv. est tout à fait insolite; le sens « à l'intérieur de » entraîne normalement l'emploi des prép. en ou dans :

69. On se prêtait ces petits livrets; chacun transcrivait à la marge de son exemplaire les mots, les paraboles qu'il trouvait ailleurs...
                                      E. RENAN, Vie de Jésus, 1863, p. LVI.

70. ... l'abbé se rappela qu'un jour il avait croisé les jambes, à la classe.
                               É. ZOLA, La Faute de l'Abbé Mouret, 1875, p. 1302.

L'alternance de la prép. à avec des prép. de sens concr. telles que dans, sur, vers, contre, est possible, surtout dans l'expr. des relations spatiales les plus concr.; mais à tend à se maintenir devant les subst. précédés de l'art. sing. de la généralité, en partic. lorsqu'ils sont pris dans un sens abstr., et dans des groupes qui se situent à la limite de la loc. verbale : être à la rue / être dans la rue; à la cuisine / dans ma cuisine; à l'usine / dans cette usine; au cœur / dans mon cœur. Par arch., la prép. à apparaît dans des énoncés où l'on attendrait auj. des prép. de sens concr.; peut-être est-elle ressentie comme vieillie dès le XIXe s. :

 
À pour dans :

71... les frères Almagrurins, de Lisbonne, pénétrèrent, dit-on aux terres les plus reculées de l'Occident.
F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Voyage en Amérique, en France et en Italie, t. 6, préf., 1827, p. XLII.

72. Vous autres hérétiques, vous n'avez point foi aux reliques?
             P. MÉRIMÉE, Chronique du temps de Charles IX, 1829, p. 106.

73. Il [le cardinal de Retz] passait ses jours aux églises...
                F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Vie de Rancé, 1844, p. 127.

74. Ce bonhomme... ôta sa pipe de sa bouche... et le mettant à sa poche :
 
Si le curé risque sa peau, dit-il, je risque la mienne!
                               O. FEUILLET, Hist. de Sibylle, 1862, p. 97.
 
À pour sous :

75. ... vous paraissez déterminée à passer une partie de l'hiver à notre beau soleil de Provence.
          P. MÉRIMÉE, Lettres à une autre inconnue, 1870, p. 53.
 
À pour sur :

76. ... quand nous sommes assis en plein air autour du feu, les cheveux m'en dressent à la tête, des aventures qu'elle nous conte.
         P. MÉRIMÉE, Chronique du temps de Charles IX, 1829, p. 24.

77. ... il [Charles X] s'en est allé avec une ère entière du monde; la poussière de mille générations est mêlée à la sienne; l'histoire le salue, les siècles s'agenouillent à sa tombe...
         F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 4, 1848, p. 572.

78. La foule noire et serrée sur les perrons se dispersait aux trottoirs blancs...
        A. DAUDET, Le Nabab, t. 2, 1877, p. 244.
                      
À pour vers :

79. La façade de la basilique de Tyr, construite vers l'an 313, était dirigée à l'orient.
       A. LENOIR, Architecture monastique, t. 1, 1852, p. 95.

Rem. 2.

À / chez, auprès de, vers .  La prép. à ne construit pratiquement plus, dans le sens local, un subst. de l'animé. Cependant on trouve au XIXe s. :
 
À pour chez (devant un subst. au plur.) :

80. Rien de tout cela aux peuples de la solitude : leur nom n'est point écrit sur les arbres;...
      F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 308.

81. Un beau jour, il mourut subitement; on courut chercher son fils unique qui étudiait aux Jésuites.
     P. MÉRIMÉE, Portraits historiques et littéraires, 1870, p. 156.
 
À pour auprès de :

82. Tenez, informez-vous à votre prédécesseur de ce que vous avez à faire.
     P. MÉRIMÉE, Théâtre de Clara Gazul, 1825, p. 379.

83. Les enfants (...) étaient demeurés tranquillement assis devant la table (...) Mme Faujas s'était arrêtée un instant à chacun d'eux, les dévisageant comme pour pénétrer d'un coup dans ces jeunes têtes.
     É. ZOLA, La Conquête de Plassans, 1894, p. 909.
 
À pour vers

84. L'inconnue ... courut à cet homme.
       P. MÉRIMÉE, Arsène Guillot, 1847, p. 87.

À s'est maintenu dans la loc. envoyer au diable et, en lang. fam., dans aller au coiffeur (pour chez le coiffeur).

Rem. 3.

 
À introduit un topon.  Se construisent avec à :

 Les n. de pays (ou de régions du globe) masc. et à initiale consonantique (contrairement aux n. de pays fém. et aux n. de pays masc. à initiale vocalique qui se construisent avec en) : au Honduras, au Luxembourg, en France, au Monténégro, au Proche-Orient, en Espagne, en Orient.

 Certains n. de régions (du masc. et à initiale consonantique) dont les locuteurs connaissent mal le statut pol. (par oppos. aux n. de provinces, de départements, etc. introd. par en ou par dans) :

au Bénin
au Biafra
au Coromandel
au Fayoum
au Gandhara
au Kasaï
au Kashmir
au Katanga
au Texas


 
Les n. de pays et d'îles au plur. :

aux Antilles
aux Baléares
aux États-Unis
aux Indes

 
Qq. n. fém. de grandes îles précédés de l'art. déf. :

à la Guadeloupe
à la Martinique
à la Nouvelle-Amsterdam
à la Réunion

 
Les n. d'îles empl. sans art. :

à Bornéo
à Ceylan
à Chio
à Cuba
à Haïti
à Java
à Madagascar
à Minorque
à Noirmoutier
à Nouméa
à Ouessant
à Terre-Neuve

Pour l'île d'Elbe, de Ré, de Sein, on dit à l'île de (ou dans l'île de).

 Les n. de villes (empl. sans art., à moins que l'art. ne fasse partie du n. lui-même : La Rochelle, Le Mans) :

à Paris
à Florence
à Londres

On trouve encore au XIXe s. à + art. fém. ou à + art. élidé au lieu de en devant des n. de pays (ou de régions du globe) :

85. Après l'insurrection de la Morée, en 1770, des familles grecques se réfugièrent à la Floride : ...
F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 335.

86. La peste noire du XIVe siècle, connue sous le nom de la mort noire, prit naissance à la Chine : ...
F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 4, 1848, p. 60.

87. Je ne croyais pas que l'on peignît si bien à la Chine...
P. MÉRIMÉE, Lettres aux Grasset, 1870, p. 60.

88. Il l'enverra à l'hôpital et peut-être à l'Amérique. J'en suis fâché pour elle. C'était une jolie fille.
A. FRANCE, La Rôtisserie de la Reine Pédauque, 1893, p. 222.

89. J'étais le plus jeune et le plus turbulent; mon père disait, par plaisanterie, qu'il faudrait m'envoyer à l'Amérique faire le flibustier...
ID., Les Dieux ont soif, 1912, p. 179.

Rem. 4.

 
À dans les loc. adv. de lieu.  A la différence des autres compl. circ., les groupes sans art. introd. par à sont peu nombreux : à bord, à côté, à distance, à droite, à gauche, à main gauche, à bon port, à proximité, à quai, à terre, à table. Le poss. ou l'art. déf. peuvent s'introd. dans quelques-unes de ces loc. : à son bord, à son côté, à ses côtés, au côté de, etc. A noter les loc. adv. :

bout à bout
corps à corps
face à face
seul à seul
terre à terre
tête à tête
vis à vis

 La prép. à sert à introd. de nombreuses loc. prép. de sens spatial :

Rem. 5.

La prép. à sert à introd. de nombreuses loc. prép. de sens spatial :

à l'abri de
à l'adresse de
à l'approche de
à la barbe de
à l'encontre de
au bout de
au bras de
au centre de
au cœur de
au coin de
au dedans de
au delà de
à l'endroit de
à l'entour de
à l'entrée de
à l'issue de
au haut de
au milieu de
au pied de
au sein de
au sortir de
aux yeux de
à l'ombre de
à la place de
à la sortie de
à la tête de
au devant de
au dos de
aux environs de
au fond de
au fort de
au front de

Certaines connaissent l'alternance à sans art. / à + art. :

à flanc de + subst. / au flanc de + art. + subst.
à ras de + subst. / au ras de + art. + subst.
à travers + subst. / au travers de + art. + subst.

91. Le soleil se couchait et nous marchions depuis longtemps dans l'ombre, lorsque enfin ma jeune guide m'indiqua du doigt, à flanc de coteau, une chaumière qu'on eût pu croire inhabitée, sans un mince filet de fumée qui s'en échappait, bleuissant dans l'ombre, puis bondissant dans l'or du ciel.
                    A. GIDE, La Symphonie pastorale, 1919, p. 878.

92. Si je vous disais qu'à des moments, la nuit, quand j'ai réussi à m'assoupir et que je m'éveille pour le voir toujours à la même place, dans son coin d'ombre, ses pauvres fesses à même le carreau, je ne peux pas m'empêcher de le plaindre, je m'attendris, je le raisonne...
                  G. BERNANOS, Monsieur Ouine, 1943, p. 1503.

Dans bon nombre de ces loc. prép., à s'oppose à la prép. d'éloignement de : au fond de / du fond de, au milieu de / du milieu de; à côté de marque le contact, tandis que du côté de localise de manière vague et signifie « aux alentours de ». Le fr. mod. dit des deux côtés de, de chaque côté, de tous les côtés. On trouve encore au XIXe s. aux deux côtés de :

93. La route de Nice, aux deux côtés de laquelle se trouve bâti le faubourg, était bordée, en 1851, d'ormes séculaires,...
                              É. ZOLA, La Fortune des Rougon, 1871, p. 18.

94. ... au-dessus des portes, aux deux côtés de l'alcôve, des peintures laissaient encore voir les ventres et les derrières roses de petits amours ...
                              ID., La Faute de l'Abbé Mouret, 1875, p. 1316.


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