Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Après l'hiver

Publié par Fawzi Demmane sur 20 Janvier 2012, 10:45am

Catégories : #Le poème de la semaine

 

cablat_jardin_fleurie_diapo5.jpg

 

 

APRÈS L'HIVER

 

Tout revit, ma bien aimée !

Le ciel gris perd sa pâleur ;

Quand la terre est embaumée,

Le coeur de l'homme est meilleur.

 

En haut, d'où l'amour ruisselle,

En bas, où meurt la douleur,

La même immense étincelle

Allume l'astre et la fleur.

 

L'hiver fuit, saison d'alarmes,

Noir avril mystérieux

Où l'âpre sève des larmes

Coule, et du coeur monte aux yeux.

 

O douce désuétude

De souffrir et de pleurer !

Veux-tu, dans la solitude,

Nous mettre à nous adorer ?

 

La branche au soleil se dore

Et penche, pour l'abriter,

Ses boutons qui vont éclore

Sur l'oiseau qui va chanter.

 

L'aurore où nous nous aimâmes

Semble renaître à nos yeux ;

Et mai sourit dans nos âmes

Comme il sourit dans les cieux.

 

On entend rire, on voit luire

Tous les êtres tour à tour,

La nuit les astres bruire,

Et les abeilles le jour.

 

Et partout nos regards lisent,

Et, dans l'herbe et dans les nids,

De petites voix nous disent :

"Les aimants sont les bénis !"

 

L'air enivre ; tu reposes

A mon cou tes bras vainqueurs. 

Sur les rosiers que de roses !

Que de soupirs dans nos coeurs !

 

Comme l'aube, tu me charmes ;

Ta bouche et tes yeux chéris

Ont, quand tu pleures, ses larmes,

Et ses perles quand tu ris.

 

La nature, soeur jumelle

D'Eve et d'Adam et du jour,

Nous aime, nous berce et mêle

Son mystère à notre amour.

 

Il Suffit que tu paraisses

Pour que le ciel, t'adorant,

Te contemple ; et, nos caresses,

Toute l'ombre nous les rend !

 

Clartés et parfums nous-mêmes,

Nous baignons nos coeurs heureux

Dans les effluves suprêmes

Des éléments amoureux.

 

Et, sans qu'un souci t'oppresse, 

Sans que ce soit mon tourment, 

J'ai l'étoile pour maîtresse ;

Le soleil est ton amant ;

 

Et nous donnons notre fièvre

Aux fleurs où nous appuyons

Nos bouches, et notre lèvre

Sent le baiser des rayons.


 

Victor Hugo

(Les contemplations)

 

 

 

Commenter cet article

Anonyme 21/01/2012 11:07


On dirait que Victor Hugo me l'écrivait ! Merci poète !

Fawzi Demmane 21/01/2012 11:11



Tant mieux ! Vous avez cette chance de vous reconnaître à travers un poème du célèbre poète V. Hugo.



Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents