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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Ce que le jour doit à la nuit. (Livre audio) Part 2 - Chap 10

Publié par Fawzi Demmane sur 14 Janvier 2011, 13:33pm

Catégories : #Bibliothèque sonore

 

 

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782848682464.jpg

 

Ce que le jour doit à la nuit

 

 

PARTIE 2


RIO SALADO

 

CHAPITRE 10.mp3

 

 

 

 

Nous gravîmes un escalier. Mes pieds butaient contre les marches. Je me cramponnais à la rampe, ne voyais que le vallonnement de son corps ondoyer devant moi, majestueux, ensorceleur, presque irréel tant sa grâce dépassait l’entendement.
Arrivée sur le palier, elle passa dans la lumière éblouissante d’une lucarne ; ce fut comme si sa robe s’était désintégrée, me livrant jusqu’aux moindres détails la parfaite configuration de sa silhouette.
En se retournant subitement, elle me surprit en état de choc. Elle comprit aussitôt que je n’étais plus en mesure de la suivre plus loin, que mes jambes allaient se dérober sous le poids de mes vertiges, que j’étais comme un Chardonnet pris au piège. Son sourire m’acheva. Elle revint vers moi, d’un pas souple, aérien ; me dit quelque chose que je ne perçus pas.
Mon sang martelait mes tempes, m’empêchait de reprendre mes esprits.

Je ne me reconnaissais plus.
Depuis mon aventure avec Mme Cazenave, je ne savais plus où donner de la tête, errant à travers les méandres d’une euphorie qui refusait de tomber. C’était ma première expérience d’homme, ma première découverte intime, et ça me grisait.
Il me suffisait d’être seul une seconde pour me retrouver dans l’exquise tourmente du désir. Mon corps se tendait tel un arc ; je sentais les doigts de Mme Cazenave courir sur ma chair, ses caresses pareilles à des morsures rédemptrices se substituer à
mes fibres, se muer en frissons, devenir sang battant à mes tempes. En fermant les yeux, je percevais jusqu’à son halètement, et mon univers se remplissait de son haleine capiteuse.
La nuit, impossible de renouer avec le sommeil. Mon lit chargé d’ébats platoniques me tenait en transe jusqu’au matin.

 

 

 

 


 

 

 

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