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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Composer un texte et l'améliorer

Publié par Fawzi Demmane sur 19 Juin 2011, 23:00pm

 

 

Les conseils proposés ici visent à assurer à un texte écrit une qualité minimale plutôt qu'optimale. S'il est en effet difficile de formuler des prescriptions systématiques et génériques pour parvenir à l'excellence, on peut facilement déterminer les mesures à appliquer pour s'assurer qu'un texte, quel qu'il soit, ne présente aucun défaut majeur, évite les impropriétés les plus courantes, et ne souffre d'aucune obscurité manifeste.

 

 

Trois points de vue selon lesquels on peut évaluer un texte

 

Évaluer un texte ne saurait se ramener à l'application d'une simple échelle (mauvais/médiocre/bon/excellent), et exige la prise en compte de trois plans distincts faisant chacun l'objet d'un jugement gradué: le texte en tant que tel, le matériau linguistique qui le compose et le contenu qu'il véhicule. L'évaluation du contenu dépasse toute formulation préconçue, puisqu'elle dépend du domaine de connaissance abordé; en revanche, la qualité du discours et celle du texte lui-même peuvent se calibrer en fonction de descripteurs standardisés.

 

 

I. Plan textuel: le texte en tant que texte

1. Le premier niveau est celui de la compréhensibilité: lu par un locuteur natif non favorablement disposé, c'est-à-dire qui ne fait pas preuve d'une patience ou d'une complaisance particulière, le texte fait sens. Bien que ce texte puisse comporter des erreurs linguistiques—et certainement des faiblesses et des imperfections sur le plan textuel—, celles-ci n'empêchent pas le décodage au sens le plus strict, car elles restent dans le domaine de la compétence native. Quoi qu'il en soit, le type textuel doit sembler clair. Les erreurs d'allophones (locuteurs d'une autre langue), en revanche, sont susceptibles de gêner ou d'empêcher la compréhension—le lecteur n'est pas censé connaître la langue maternelle du scripteur—si bien qu'il faut systématiquement les éliminer pour parvenir à ce niveau minimal. Le fait qu'un texte au degré zéro ne comporte aucune erreur grave n'en fait pas pas forcément un bon texte....

 

 

2. Le second niveau est celui de l'efficacité du texte selon le but qu'on lui s'assigne, c'est-à-dire sa capacité à remplir les fonctions qu'il assume (expliquer, décrire, raconter, convaincre, distraire, amuser, intriguer, etc.) auprès d'un lecteur supposé (un parent ou ami, le «grand public», un professeur d'université, un locuteur allophone, etc.). Cette efficacité passe souvent par la conformité à un type textuel: l'essai, l'éditorial, la dépêche, la nouvelle, etc.
Ce degré implique, outre l'absence d'erreur grave, un niveau avancé de nuance dans l'expression, qu'il s'agisse du vocabulaire (le «mot juste») ou de la structure. Il incorpore des stratégies rhétoriques et discursives particulièrement adaptées au type textuel, choisies pour servir au mieux les fonctions expressives et comunicatives mises en œuvre, de même que le niveau de langue (registre). Ce degré est celui de la synergie entre forme et contenu.
Chaque type se définit par un ensemble de critères: l'essai, par exemple, doit toujours comporter une introduction et une conclusion, et présenter une argumentation claire, organisée de manière logique, qui examine divers aspects du sujet choisi; la dépèche doit rester très brêve, principalement factuelle, et fournir les données essentielles d'une information (quoi? qui? quand? où? pourquoi?).
De plus, chaque type textuel utilise des ressources linguistiques propres: vocabulaire (parfois technique), syntaxe, tournures idiomatiques, procédés rhétoriques de base, etc.
Quel que soit le type utilisé, la structure est primordiale: elle doit être claire (même lorsqu'elle est complexe), cohérente (les divers éléments sont disposés de manière raisonnée, et non aléatoire) et présenter un équilibre qui contribue à son efficacité. Par exemple, si l'on compose un texte narratif (dont le but est de raconter une histoire), il faudra presque certainement y inclure des passages descriptifs; mais si les descriptions finissent par retenir l'attention du lecteur au point qu'il ne parvient plus à suivre le fil de l'histoire, l'efficacité du texte du point de vue de la narration s'en trouve compromise.

 

 

3. Au troisième niveau, le texte présente certaines qualités esthétiques qui en rendent la lecture agréable et captivante: il se déroule avec fluidité, produisant sur le lecteur une forte impression sans que les techniques utilisées ne soient mises en évidence. Bien que les critères ici soient plus subjectifs, on peut en retenir trois: l'utilisation de figures rhétoriques qui donnent au texte plus de relief, plus d'originalité; l'exploitation optimale du lexique (l'ensemble des mots disponibles dans une langue) et le registre, c'est-à-dire le jeu sur les niveaux de langue. Les effets rhétoriques peuvent porter sur l'organisation des phrases, la formulation des idées, le choix des mots et des expressions, selon un répertoire de figures qui ont été identifiées et répertoriées depuis l'antiquité. L'exploitation du lexique consiste à rechercher des mots non seulement exacts, mais moins convenus ou plus nuancés, voire inattendus ou rares. Les ressources du registre permettent d'employer des termes et des expressions qui relèvent soit du niveau familier, et même vulgaire ou argotique, soit du niveau soutenu, et, au-delà, du niveau poétique et littéraire, selon les possibilités offertes par le type textuel. C'est sans doute là le domaine le plus difficile à aborder, car il exige une très bonne connaissance de la langue, nourrie par d'abondantes lectures.
Au-delà de l'efficacité, l'auteur veut ménager à son public un véritable plaisir de lecture; à ce stade, la créativité et l'originalité jouent un rôle important, mais elles s'appuient sur l'expertise technique autant que sur l'imagination.

 

 

II. Plan discursif: correction et efficacité du matériau linguistique (discours) utilisé

 

1. Le texte élémentaire ou minimal
La syntaxe se caractérise par l'emploi dominant de phrases simples (sujet-verbe-complément). On y trouve une majorité de propositions indépendantes et juxtaposées, ou des phrases construites par coordination («mais» et «et» en particulier). Les constructions complexes se limitent aux subordinations les plus courantes («parce que», «quand»), et aux relatives simples (avec «qui», «que», «où»).
Le vocabulaire se cantonne au «français fondamental», celui des mots les plus courants, et donc peu précis. Les répétitions abondent. Grande fréquence d'«être» et d'«avoir» comme verbe principal, ainsi que la formule «il y a» (et «il y a... que/qui/où»)
Les marqueurs textuels de transition (adverbes et locutions adverbiales notamment) restent rares et très simples («pourtant», «ainsi»)
Les modes/temps verbaux se limitent essentiellement à l'infinitif présent, à l'indicatif (présent, imparfait et/ou passé composé), et peut-être du conditionnel présent et du subjonctif présent utilisé dans des formules à haute fréquence («Il faut que...»)
Ce niveau de texte n'est réellement adéquat que pour la description et la narration simples, et les sujets concrets. Il est insuffisant pour l'argumentation.

 

2. Le texte normal ou moyen
La syntaxe se caractérise encore par l'emploi fréquent de phrases simples et construites par coordination, mais les constructions complexes sont couramment utilisées, faisant appel à des subordinations variées («bien que», «même si», «comme», «tandis que»), et aux relatives avec «dont» et la série «auquel», «desquels». On voit apparaître des mises en apposition avec le participe passé ou, plus rarement, présent.
Le vocabulaire comprend des termes spécialisés et reflète un effort pour employer le «mot juste». Les mots génériques sont rares. Pas ou peu de répétitions au niveau du paragraphe. Usage de figures simples comme la comparaison, l'euphémisme et l'hyperbole.
Emploi de marqueurs textuels de transition (adverbes et locutions adverbiales) fondamentaux.
Les modes/temps verbaux se diversifient: infinitif passé, indicatif futur et plus-que-imparfait, conditionnel passé et du subjonctif présent utilisé avec diverses conjonctions.
Ce niveau de texte est adéquat pour une argumentation peu complexe, sans permettre beaucoup de nuances ni suffire à traiter des sujets très abstraits.

 

3. Le texte avancé ou expert
La syntaxe se caractérise par l'emploi dominant de constructions complexes exploitant un large répertoire de ressources . Elle fait appel à la subordinations à l'aide de conjonctions de basse fréquence («sauf à», «quelque», «tout en») et aux subordinations enchâssées. Apparition des relatives avec le subjonctif. Les mises en apposition avec les participes passé et présent sont courantes.
Le vocabulaire est varié et démontre une recherche de nuance. Usage de figures comme la prétérition, la litote, le zeugme. Pas ou peu de répétitions au niveau de la phrase.
Emploi systématique de marqueurs textuels de transition variés («par ailleurs», «quoi qu'il en soit»).
Les modes/temps verbaux se diversifient: infinitif passé, indicatif futur et plus-que-imparfait, conditionnel passé, subjonctif présent utilisé avec diverses conjonctions.
Ce niveau de texte convient à toutes les fonctions, y compris les argumentations complexes et nuancées sur des sujets très abstraits.

 

= Descriptif composite et générique d'un texte de qualité optimale =

 

Le texte, qui ne comporte ni redites ni répétitions inutiles, est organisé selon une structure claire, cohérente et efficace (quelle qu'elle soit), bien signalée par l'utilisation de la mise en page (paragraphes, alinéas) et de marqueurs textuels de transition (adverbes et locutions adverbiales notamment). Cette structure sert avec efficacité les fonctions (descriptive, narrative, expressive, argumentative, injonctive), qui apparaissent manifestes au lecteur. Le cas échéant, les paramètres généralement admis du type textuel choisi ou imposé (compte-rendu, dissertation, éditorial, nouvelle, lettre administrative, etc.) sont respectés.
Le niveau de langue (soutenu, normal ou familier) est approprié à ces fonctions,
La syntaxe (construction des phrases) reflète une très grande variété de forme: propositions indépendantes, coordonnées et subordonnées; usage de propositions subordonnées relatives, gérondives, infinitives, et emploi judicieux de la ponctuation, y compris les tirets et les parenthèses. A moins de rechercher un effet stylistique particulier, on recourt aux phrases complexes plutôt qu'à l'accumulation de phrases simples.
Le vocabulaire est à la fois varié et précis.
Dans les meilleurs cas, on notera une recherche stylistique pouvant aller de choix lexicaux délibérés à l'utilisation de figures (métaphores, litotes, hyperboles...), de périodes ou de cadences.
La morphologie (accords de genre et de nombre, désinences des verbes, constructions prépositionnelles, contractions...) ne comporte aucune incorrection, sauf dans l'utilisation délibérée d'un niveau de langue familier.
L'orthographe est également toujours correcte.

 

 

III. Le Plan du contenu

 

Il dépend évidemment du sujet dont traite le texte. L'important ici est la clarté, la précision, la cohérence et la correction.

 

 

Consignes générales à suivre lors de la composition d'un texte

 

 

ORGANISATION ET STRUCTURE GÉNÉRALE

 

Mon texte est organisé selon une structure claire, cohérente et efficace (quelle qu'elle soit),
J'ai respecté les paramètres du type textuel choisi ou imposé (compte-rendu, dissertation, éditorial, nouvelle, lettre administrative, etc.).
Cette structure est bien signalée par l'utilisation de la mise en page (paragraphes, alinéas) et de marqueurs textuels de transition (adverbes et locutions adverbiales notamment).
Cette structure sert avec efficacité la/les fonction/s du texte (informative / descriptive, narrative, expressive, argumentative, injonctive). Ces fonctions apparaissent manifestes au lecteur.

 

 

 

SYNTAXE (Structure des phrases)

 

Mon texte est construit surtout à l'aide de phrases complexes; j'ai évité l'accumulation de courtes phrases simples (le «style télégraphique»).
Je me suis efforcé d'employer une grande variété de formes syntaxiques: propositions indépendantes, coordonnées et subordonnées; propositions subordonnées relatives, propositions gérondives, propositions infinitives.
Je structure mes phrases en priorité à l'aide de conjonctions de subordination (bien que, même si, si bien que, etc.).
Je limite au maximum les phrases coordonnées avec «mais», «et» et «donc».
Mes phrases ne commencent jamais par des conjonctions: «Mais», «Aussi», ou «Donc»; ni «Puis» ou «Alors» (sauf dans une narration chronologique).
 J'ai vérifié que je n'utilisais pas d'adverbe à la place d'une conjonction.
J'emploie correctement toutes les ressources de la ponctuation pour structurer mes phrases: le point [.], la virgule [,], le point-virgule [;], les deux points [:], les guillemets [«»], le tiret [—], et les parenthèses [()].

 

 

VOCABULAIRE (choix des mots)

 

Au départ, j'ai composé mon texte à partir de formes linguistiques en français que j'ai apprises ou observées, et non en traduisant littéralement des mots et des phrases (calque).
Je me suis assuré (à l'aide d'un dictionnaire, par exemple) que tous les mots que j'utilise existent en français, et que je les ai orthographiés correctement.
Je suis certain que tous les mots que j'utilise ont en français le sens que je leur donne dans ce texte.
J'ai vérifié le genre des noms (masculin ou féminin) dont je n'étais pas absolument certain.
J'utilise principalement des verbes de sens actif, et j'évite autant que possible «être» et «avoir» comme verbe principal, ainsi que la formule «il y a» (et «il y a... que/qui/où»)
Je n'utilise presque jamais la formule «il y a» et «il y a... que/qui/où».
J'évite absolument les mots vagues et génériques: «chose», «personne», «gens», «intéressant», «faire», «beaucoup de», «différent», «important», etc. Je les ai remplacés par des mots précis, en tenant compte des nuances de sens.
J'ai éliminé les répétitions (sauf dans un but stylistique délibéré). Je ne répéte jamais un même mot (à l'exception des mots grammaticaux) dans un même paragraphe; je le remplace par un pronom, un synonyme ou je l'élimine en reformulant la phrase.
J'ai éliminé les redites: je ne reprends pas deux fois une même idée (même paraphrasée), sauf pour un rappel destiné à soutenir une argumentation. Dans ce cas, j'utilise une formule qui signale (et excuse) la redite: «ainsi que je l'ai remarqué plus haut», «je le répète», «comme nous l'avons vu», etc.
En construisant des phrases complexes, j'ai réduit autant que possible le nombre de verbes conjugués à une forme personnelle, que j'ai éliminés lorsqu'ils ne sont pas absolument nécessaires, ou que j'ai remplacés par un nom ou une forme impersonnelle—infinitif, participe présent ou passé.

 

 

MORPHOLOGIE (formation des mots)

J'ai vérifié tous les adjectifs, les déterminants et les participes passés pour m'assurer qu'ils sont correctement accordés en genre (masculin / féminin) et en nombre (singulier / pluriel).
J'ai vérifié la construction des verbes: transitif ou intransitif, avec un objet direct ou un objet indirect (avec «à» ou «de»), pronominal ou non, etc.
J'ai vérifié la conjugaison des verbes: mode, temps, personne
J'ai vérifié les constructions prépositionnelles et les contractions (du, au, des)

 

 

STYLE

 

Le niveau de langue (soutenu, normal ou familier) est approprié au type textuel choisi ou imposé.
J'évite la voix passive, que je remplace par la voix active (par exemple en utilisant «on»).
J'emploie quelques figures de style comme la métaphore, la litote, l'antithèse, le chiasme, etc.

 

 

 

 

Commenter cet article

anonyme 20/06/2011 01:06



Vos lecteurs méritent un texte parfait comme toujours.


Mes encouragements pour le haut niveau du contenu de vos publications et du choix des extraits.


bonne continuation.



Fawzi Demmane 20/06/2011 01:22



Mes lecteurs sont la raison même de l'existence de ce blog qui se veut un espace d'échange linguistique et culturel ouvert pour tous les amoureux de la langue française.


Permettez-moi encore une fois de vous dire : MERCI POUR LE COMPLIMENT ET POUR VOS ENCOURAGEMENTS.


 



anonyme 20/06/2011 00:36



Le texte est coupé du coté droit, les mots ne sont pas complets



Fawzi Demmane 20/06/2011 00:58



Merci pour la remarque.


Veuillez excuser ma maladresse au niveau de la mise en page. Grâce à vous, j'ai pu remédier à ce probleme à temps.


Je crois, maintenant, que tout est rentré dans l'ordre.


Encore une fois, je vous renouvelle mes remerciements.


 



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