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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Dahbiya

Publié par Fawzi Demmane sur 8 Janvier 2011, 12:30pm

Catégories : #A vos plumes !

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Dahbiya : Hommage à toutes les femmes sacrifiées

 

 

Dahbiya,ton nom est une auréole

tu chantais comme un rossignol

Toi la sertie « la  dorée »

La scintillante, qui a abjuré

les liens et les jougs réunis

De ces us tellement honnis

Tu priais notre terre 

Qui abreuvait Ifri notre mère.

Tes cheveux,tapis d‘étoiles

Se gonflent et se dévoilent

Se bousculent

Au crépuscule.

Sur  ton dos, ta tresse

Pleine d' allégresse

Comme le balancier d’une horloge

Elle s’arroge

Les moments ancrés dans tes veines

Où tu ne connaissais pas la haine.

La mèche rebelle sortait en crinière,

De ton foulard noué en arrière.

Une jeune fille plein de promesses

Tu étonnais par tes prouesses,

Dans l’art de dire la poésie,

Tu retenais les vers sans amnésie

Comme si Mohand notre maître

Tu apaisais tous les êtres

Les aînées fouillaient leur passé

De leurs mains nouées,délaissées

L’espace protégé des désirs et des secrets

D’une vie consumée, aux racines ancrées

La vague a aplani les crevasses dévastées

D’une vie passée à chercher la vérité

En ne trouvant que la vanité

De cette humanité.

Les tisons rougis, les rêves évanouis,

La braise refroidie et les cendres enfouies.

Les jeunes filles, des lueurs dans les yeux

L‘avenir dressé se détachaient de leurs aïeux

Elles t‘entouraient, te suppliaient de répéter

Ces vers nouveaux qui imitaient

Le gong de leur cœur

Qui à la moindre lueur affleure,

Fait rosir leurs joues et leur front

Avec pudeur et sans affront.

Tu portais fièrement ton amphore

Calée sur ta ceinture sans effort

Une main derrière ton cou de cygne

Fière et droite et digne.

Une toile de rire

Te cachait d’avenir

Ton père empruntait et dépensait

L’usurier jurait et menaçait

Le délais ne put reculer

Les murs autour de toi s’écroulaient

Avec les larmes, tu fus sacrifiée

Sur l‘autel de l’honneur pétrifié

Tes droits lésés

L’avenir biaisé

Tu fus le prix de la dette

Toi la cadette

Tu acceptas le verdict

De ton père qui dicte

Et pour le sauver

Tu ne pus le braver

Tu ne dis mot

Toi ,son dernier rameau

Dans ta mémoire te revient

Des bribes ,des petits riens

Une histoire lointaine

D’il y a des centaines

Un conte, une légende

des mythes qui les sous-tendent

Tu fus dans ta solitude

Loin de toute sollicitude

Comme dans un carcan

La cage enferma le rubican.

 


  • Dahbiya : nom de femme qui signifie l'enluminée, recouverte de dorure.

Fatiha Ould-Hocine

 

 

 


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