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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


De l'écriture au texte

Publié par Fawzi Demmane sur 18 Juin 2011, 22:57pm

 

 

Qu'est-ce qu'un «bon» texte?

     «Bien écrire» n'a pas beaucoup de sens, car on n'écrit jamais dans l'abstrait—sauf pour des exercices scolaires! En réalité, on écrit toujours des textes, qu'ils se composent de quelques mots ou qu'ils remplissent des centaines de pages. Il est donc important de toujours se souvenir que le processus d'écriture mène à un texte, dont on considèrera les fonctions et les qualités pour déterminer comment on peut  «mieux écrire».
     On peut toujours commencer par formuler le descriptif générique d'un texte de qualité optimale:

1. Le texte, qui ne comporte ni redites ni répétitions inutiles, est organisé selon une structure claire, cohérente et efficace (quelle qu'elle soit), bien signalée par l'utilisation de la mise en page (paragraphes, alinéas) et de marqueurs textuels de transition (adverbes et locutions adverbiales notamment).

 

2. Cette structure sert avec efficacité les fonctions du texte (descriptive, narrative, expressive, argumentative, injonctive), qui apparaissent manifestes au lecteur.

 

3. Le niveau de langue (soutenu, normal ou familier) est approprié à ces fonctions.

 

4. La syntaxe (construction des phrases) reflète une grande variété de forme: propositions indépendantes, coordonnées et subordonnées; usage de propositions subordonnées relatives, gérondives, infinitives. On note un emploi judicieux de la ponctuation, y compris les tirets et les parenthèses. A moins de rechercher un effet stylistique particulier, on recourt de préférence aux phrases complexes plutôt qu'à l'accumulation de phrases simples.

 

5. Le vocabulaire (répertoire des mots utilisés) est à la fois varié et précis.

 

6. Dans les meilleurs cas, on notera une recherche stylistique pouvant aller de choix lexicaux délibérés à l'utilisation de figures (métaphores, litotes, zeugmes...), de périodes ou de cadences.

 

7. La morphologie (accords de genre et de nombre, désinences des verbes, constructions prépositionnelles, contractions...) ne comporte aucune incorrection, sauf dans l'utilisation délibérée d'un niveau de langue familier.

 

8. L'orthographe est également toujours correcte.

 

Remarquons que ce descriptif, pour la plupart, cherche à établir de manière positive les caractéristiques d'un bon texte, sauf dans le cas de l'orthographe et de la morphologie, dont la qualité se définit par l'absence d'erreurs, et donc de manière binaire (correct/incorrect)—il n'y a pas d'orthographe ni, généralement, de morphologie «meilleure» qu'une autre.


     Bien qu'un texte excellent soit forcément sans erreur, un texte sans erreur n'est donc pas forcément excellent. Le travail d'écriture—c'est-à-dire, presque toujours, de réécriture s'accomplit dans la progression, qui ne se limite pas à éliminer les fautes, mais implique aussi de retravailler un texte déjà «acceptable» pour le rendre meilleur: plus clair, plus efficace, plus élégant...


     Améliorer la qualité de sa langue écrite demande donc un effort constant sur la longue durée; mais en dépistant systématiquement les erreurs et les points faibles les plus communs, en particulier ceux qui sont faciles à traiter «mécaniquement» (à l'aide d'un dictionnaire et d'un livre de grammaire si nécessaire), on parvient à atteindre rapidement un niveau de qualité «acceptable» ou «passable», palier obligé vers le bon, voire l'excellent.


     L'évaluation d'un texte donné pourra donc se faire par exemple sur une échelle à plusieurs niveaux (de l'excellent à l'insuffisant) appliqués à certains des critères ci-dessus. On donnera un coefficient supérieur aux critères proprement textuels —organisation, utilisation de la mise en page et de marqueurs—, de manière à ne pas privilégier les aspects les plus mécaniques et la «grammaire» (morphologie et syntaxe). Par ailleurs, on distinguera pour le vocabulaire et la syntaxe, la variété et la précision, afin de valoriser les efforts stylistiques sans négliger la correction: la variété implique une certaine prise de risque qui est ainsi récompensée, faute de quoi on risque de voir des textes utilisant de façons systématique un répertoire très limité mais très «sûr».


 

Construire un texte


     Un proverbe populaire affirme qu'«on ne peut pas courir avant d'avoir appris à marcher». Dès notre plus jeune âge, nous sommes exposés, en tant que récepteurs, à des textes très complexes, dont la familiarité peut nous induire à croire que nous pouvons à notre tour, spontanément, en produire de la même qualité. Dans la grande majorité des cas, il n'en est rien, et nous devons, patiemment, apprendre à construire des textes progressivement plus complexes, à la fois en apprenant des règles qui nous sont données, mais aussi par imitation. Le pastiche, qui consiste à écrire «à la manière de», est un excellent exercice qui permet de prendre conscience des particularités de chaque écriture, ce qu'on appelle communément le «style», afin de développer son style propre.


      Chez l'apprenant adulte de langue étrangère, la tentation est particulièrement forte de brûler les étapes pour tenter de produire dans la langue-cible des textes de complexité comparable à celle dont il est capable dans sa langue maternelle. C'est une grave erreur. En effet, on évite alors rarement le problème du calque, c'est à dire la transposition de structures (syntaxiques, morphologiques, sémantiques...) propres à une langue dans une autre, où elles ne fonctionnent pas du tout, ou pas de la même manière. Il vaut toujours mieux partir d'éléments «sûrs», relativement simples, dont vous savez qu'ils sont corrects parce que vous en avez déja vu ou entendu des exemples, et que vous allez combiner pour obtenir un résultat original, plus complexe, mais toujours assez peu «risqué».


     Lorsque vous avez conçu une première version de votre texte, reprenez-la pour identifier les sources d'erreur —même un locuteur natif en commet, ne serait-ce que par inattention— et les aspects à améliorer. Plusieurs relectures focalisées seront sans doute nécessaires (une pour le sens, une autre pour l'orthographe, une pour la morphologie...), et en fait préférables à une relecture globale.

 

 

 


 


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