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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage

Publié par Fawzi Demmane sur 4 Décembre 2010, 20:29pm

Catégories : #Le poème de la semaine

 

http://www.mediterraneeonline.com/photos/navigation/echelle-de-Beaufort-tempete.jpg

 

 

 

 

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage



Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

 

 

 

 


Pierre de Marbeuf

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Lynda LMD 06/12/2010 22:48



Pierre de Marbeuf s’appuie sur une comparaison entre la mer et l’amour pour développer une réflexion et un monologue élégiaques sur les souffrances de la passion.


Recherchant la perfection, le poète joue avec les mots et les sonorités dans un style baroque.


Marbeuf joue avec le langage aussi bien dans ses aspects visuels que sonores : ainsi « aimer » est visuellement proche d'« amer » et d'« amour ».
« Amer » possède les mêmes phonèmes que « la mer » ou « la mère » ; « eaux » est repris en écho par « maux », « armes » est repris
par « larmes ». Au-delà de la ressemblance des mots, Marbeuf joue sur les sens. Par exemple, la mer est amère (il est fait allusion au sel de la mer), mais les larmes sont aussi salées.
Ainsi nous nous promenons par association d'idées entre des réalités très symboliques : le feu, l'eau qui renvoient à des concepts abstraits comme l'amour, la souffrance.


Pierre de Marbeuf présente donc essentiellement une musicalité très travaillée. Le poète suit la tradition précieuse, quand il multiplie les figures de rhétorique, (comparaisons, métaphores, en
particulier celle du feu, périphrases, personnifications, hyperboles...), les répétitions, les échos rythmiques et sonores. Cette musicalité permet à "Et la mer..." de sortir de la banalité à
laquelle pourrait le condamner la thématique élégiaque si traditionnelle de la passion malheureuse.
Le lyrisme est ici particulièrement servi par cette musicalité d'abord, mais également par ce jeu emprunté au baroque de la comparaison et de l'antithèse qui entrelace intimement les thèmes de
l'amour et celui de l'eau, élément mouvant, insaisissable, symbole de la vanité, comme du caractère éphémère des choses de ce monde.



Anonyme 06/12/2010 15:04



 


 


La photo est SUBLIME


 


Bravo pour le choix!



Fawzi Demmane 06/12/2010 16:50



Merci !



anonyme 05/12/2010 21:12



MERCI .



Fawzi Demmane 05/12/2010 21:17



Je vous en prie.



anonyme 05/12/2010 20:16



la chanson est trop belle!


elle est de qui SVP?


MERCI



Fawzi Demmane 05/12/2010 20:20



Nights in white satin de TINA ARENA



ZAHRA 05/12/2010 17:42



Cette comparaison entre l'élément marin et le sentiment amoureux n'est pas un simple jeu rhétorique : il permet au poète de développer le thème de l'amour malheureux. Dans les deux premières
strophes, la mer et l'amour sont rapprochés, assimilés : tous deux font naître en effet des images de tourment et de souffrance.
Pourtant, dans les deux dernières strophes, l'assimilation cède la place à une opposition entre les deux éléments, signalée par (mais). Cette opposition, qui constitue la chute du poème, permet
de montrer que la souffrance décrite est celle du poète : le « on » général se transforme en un « je » (« la mer de mes larmes ») plus personnel, qui s'adresse à un « tu » (« Ton amour qui me
brûle ») désignant la femme aimée.


 


ZAHRA



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