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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Jean Anouilh

Publié par Fawzi Demmane sur 27 Décembre 2010, 16:35pm

Catégories : #Phrases mythiques

 

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Avant le jour de sa mort, personne ne sait exactement son courage...
 
 
Et tout s'oublie à vivre.
 
 
Dans les périls de la navigation, l'instinct de conservation des hommes leur a fait, depuis longtemps, reconnaître qu'il fallait un seul maître à bord. Les équipages révoltés qui ont noyé leur capitaine, finissent toujours, après quelques temps d'anarchie, par se confier, corps et âmes, à l'un des leurs, qui se met à régner sur eux, plus durement parfois que leur capitaine noyé.
 
 
LE ROI : Pourquoi mets-tu des étiquettes sur tout, pour justifier tes sentiments ?
BECKET : Parce que, sans étiquettes, le monde n'aurait plus de forme [...]
 
 
Il faut que les peuples aient peur. À la minute où ils cessent d'avoir peur, ils n'ont qu'une idée, c'est de faire peur à leur tour.
 
 
C'est parce qu'on pense, qu'il y a des problèmes. Un jour, à force de penser, tu te trouveras devant un problème, ta grosse tête te présentera une solution et tu te flanqueras dans une histoire impossible - qu'il aurait été beaucoup plus simple d'ignorer, comme le font la plupart des imbéciles qui, eux, vivent vieux.
 
 
La seule chose qui soit immorale [...] c'est de ne pas faire ce qu'il faut, quand il le faut.

 
[...] il ne faut jamais désespérer son ennemi. Cela le rend fort. La douceur est une meilleure politique. Elle dévirilise. Une bonne occupation ne doit pas briser, elle doit pourrir.

 
Les rois sont de pauvres bougres qui n'ont le loisir d'être honnête homme qu'une fois sur deux.

 
BECKET : Je ne suis qu'un exilé.
LE ROI : C'est aussi un titre important, en France.

 
La sincérité est un calcul comme un autre.

 
[...] nous avons une grande force, [...] c'est de ne pas savoir exactement ce que nous voulons. De l'incertitude profonde des desseins naît une étonnante liberté de manoeuvre.

 
C'est bon de mourir pour quelque chose. De se dire qu'on est un petit grain de sable, c'est tout, mais qu'à force de mettre des grains de sable dans la machine, un jour, elle grincera et elle s'arrêtera.

 
C'est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes.

 
Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre.

 
C'est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles.

 
C'est plein de disputes un bonheur.

 
C'est laid un homme qui a peur.

 
Pour dire oui, il faut suer et retrousser les manches, empoigner la vie à pleines mains et s'en mettre jusqu'aux coudes. C'est facile de dire non, même si on doit mourir. Il n'y a qu'à ne pas bouger et attendre. Attendre pour vivre, attendre même pour qu'on vous tue. C'est trop lâche.

 
[La vie] est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-là.

 
Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas...

 
[...] la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison.

 
Moi, je veux tout, tout de suite, - et que ce soit entier - ou alors je refuse ! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sûre de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite - ou mourir.

 
[...] Antigone était faite pour être morte.

 
Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit accepter d'être un homme.

 
Regarde-moi, c'est cela devenir un homme, voir le visage de son père en face, un jour.

 
Il faudrait ne jamais devenir grand.

 
Je me demande comment, étant musicien, tu peux encore aimer la musique.

 
Ah ! l'incertain, le troublant premier jour. On se cherche, on se sent, on se devine, on ne se connaît pas encore et on sait pourtant déjà que cela durera toute la vie...

 
Ah ! nos nuits d'amour, Lucienne ! L'union des corps et des coeurs. L'instant, l'instant unique où on ne sait plus si c'est la chair ou si c'est l'âme qui palpite...

 
Je parle tout le temps, mais je ne sais pas répondre. C'est d'ailleurs pour cela que je parle tout le temps, pour empêcher qu'on me questionne. C'est ma façon d'être muette.

 
Oh ! il ne faut par croire que c'est très compliqué d'être mystérieuse. Il suffit de ne penser à rien, c'est à la portée de toutes les femmes.

 
Oh ! Pourquoi demander qui on est ? Cela veut dire si peu de chose, qui on est...

 
La mort est douce... Ce qui fait souffrir avec certains poisons, certaines blessures maladroites, c'est la vie.

 
Il y en a des choses qu'on ne veut pas comme cela dans le monde et qui sont là bien tranquilles, bien énormes, comme la mer.

 
Ah ! que c'est difficile, que c'est difficile de toujours expliquer tout !...

 
Tu ne seras pas seul, on n'est jamais seul. On est avec soi, c'est autre chose, tu le sais bien...

 
La vie est ainsi faite que les pères imbéciles en savent aussi long, quelquefois plus long sur elle que les pères intelligents. La vie n'a pas besoin d'intelligence. C'est même ce qu'elle peut rencontrer de plus gênant dans sa marche joyeuse.

 
Je ne suis pas de ceux qui se consolent d'un mal en disant " c'est la vie ". Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, que ce soit la vie ?... Qu'un million de grains de sable soient broyés en même temps que moi ?

 
Vous êtes tous les mêmes. Vous avez soif d'éternité et dès le premier baiser vous êtes verts d'épouvante parce que vous sentez obscurément que cela ne pourra pas durer. Les serments sont vite épuisés.

 
[La mort] seule donne à l'amour son vrai climat.

 
Vous êtes très jeune, Cécile, vous apprendrez en grandissant que c'est toute une affaire de vivre. En fait, me direz-vous, il suffit de se lever le matin et de se coucher le soir et avec un peu de patience le jour passe...

 
Je ne saurai jamais si tu m'aimes vraiment et ce que cachent tes sourires ; et s'il t'advient de t'absenter une heure un jour, un ver me rongera le coeur à jamais. Car tu mentiras toujours et tu seras pour moi un éternel mystère... C'est cela vivre, Araminthe ! C'est cela être femme et aimer !

 
N'aimer que soi, cela doit être bien monotone.

 
M. Orlas : L'amour, l'amour... Que sais-tu de l'amour, à ton âge ?
Cécile : Tout ce qu'on n'en apprend pas, monsieur, c'est-à-dire presque tout.

 
On ne sait jamais où sont les autres... On sait à peine où l'on est soi-même, ici-bas.

 
C'est extraordinaire le nombre de gens décidés à agir coûte que coûte qu'il peut y avoir sur cette planète. Si nous n'étions pas quelques philosophes à nous tenir tranquilles, on se bousculerait. Ce serait trop petit.

 
Quand je serai vieille, quand je comprendrai tout, comme les autres, je sais que je dirai cela moi aussi, que rien n'est de la faute de personne. Cela doit être bon tout d'un coup, de tout admettre ; de tout excuser, de ne plus jamais se révolter. Vous ne trouvez pas que c'est long, vous, d'être vieux ?

 
Quelle comptabilité harassante de vivre !

 
Ce qui est doux, c'est d'être arrivé quelque part, fût-ce au bout du désespoir, et de dire : Ah ! bon, c'était là. Je suis arrivé maintenant.

 
Mourir, ce n'est rien. Commence donc par vivre. C'est moins drôle et c'est plus long.

 
C'est quand on comprend qu'il n'y a rien à casser qu'on commence à devenir un homme. On vit très bien avec une douleur, vous verrez, une fois que la connaissance est faite. On lui découvre des subtilités, des replis. On en devient le spécialiste.

 
Frédéric : On doit sortir un jour de son monde d'enfant et accepter que tout ne soit pas aussi beau que lorsqu'on était petit.
Jeannette : Je ne veux pas devenir grande. Je ne veux pas apprendre à dire oui. Tout est trop laid.

 
J'adore que la jeunesse m'insulte. Cela me rassure sur mon sens politique.

 
Je vous dis que j'ai horreur des consciences ! Cela finit toujours par être embarrassant - pour gouverner. J'aime les héros qui ont peur de moi et qui se font payer très cher. Cela me rassure. Les hommes désintéressés c'est toujours hors de prix.

 
Quelle foire d'empoigne, l'histoire de France !

 
Croyez-moi, on a presque toujours quelque chose de mieux à faire que de mourir.

 
Ceux qui vous diront que la jeunesse a besoin d'un idéal sont des imbéciles. [...] Croyez-moi, tout le mal vient des vieillards, ils se nourrissent d'idées et les jeunes en meurent.

 
Un vrai homme est son propre père.

 
CHARLOTTE : On marie ta fille dans trois semaines et toi, tu lis ?
ANTOINE : Oui.
CHARLOTTE : Qu'est-ce que tu lis ?
ANTOINE : Le code civil. Au chapitre des divorces. J'étudie les moyens de la tirer de là l'année prochaine.
CHARLOTTE : Tu es un monstre ! Ces enfants s'aiment !
ANTOINE : C'est ce qui me fait peur. Nous nous aimions nous aussi.

 
CHARLOTTE :[...] Toi, tu mets ton point d'honneur à ne pas être dans le vent !
ANTOINE :J'ai peur de m'enrhumer.

 
LA PREMIÈRE DAME : Cela existe, l'âge de raison, pour les hommes ?
ANTOINE : Mais oui, mais oui... Un pied dans la tombe, ils comprennent qu'ils ont été terriblement inattentifs, et qu'ils ont laissé passer le bonheur...

 
CHARLOTTE : Tout le monde ne peut pas être artiste !
ANTOINE : Tu as raison, cela ferait de l'encombrement.

 
On imagine mal un prêtre tout nu.

 
Le plaisir, quand on est une honnête femme, cela ne vous laisse jamais la conscience tranquille.

 
Le drame de la belle-mère, ce personnage comique du répertoire, c'est qu'il est l'image de la durée...

 
C'est tout un art, la dispute conjugale, un art très ancien et très respectable.

 
D'ailleurs, je crois à l'indissolubilité du mariage : c'est la seule garantie qu'on ait, de ne pas faire l'imbécile deux fois.

 
Toutes les femmes ont un amant un jour ou l'autre, parce que toutes les femmes ont le droit d'être un peu elles-mêmes, sans être obligées de subir la tyrannie muette des leurs.

 
Quand les petits ramoneurs ne se retourneront plus dans la rue, alors je comprendrai que je suis devenue vieille...

 
De nos jours, le premier penseur de bistrot venu, sous prétexte qu'il boit un coca-cola, les fesses sur du plastic, sous un tube de néon, a tendance à croire qu'il en sait forcément plus long que Platon !

 
Si tous les hommes étaient gynécologues, il y aurait beaucoup moins de crimes passionnels !

 
Je voudrais bien savoir comment ils le font, l'amour, les conseillers conjugaux. Cela doit être gai !

 
[...] je ne discute jamais, ni sur la politique ni sur l'amour. Ce sont des sujets sur lesquels on s'est tu, pendant des siècles, et c'est depuis que tout le monde s'en mêle que rien ne va plus ! Autrefois, la politique, c'était l'affaire des ministres, et l'amour l'affaire des putains. C'étaient elles, les conseillers conjugaux, et permettez-moi de vous dire qu'elles en savaient un peu plus long que les vôtres ! Aujourd'hui, tout le monde veut être ministre et tout le monde veut être putain !

 
Il ne faut jamais dire la vérité : c'est elle le vrai désordre.

 
La misère humaine me bouleverse ; la vue d'un malheureux et je suis saint Vincent de Paul, mais je n'aime pas qu'on insiste. Et on insiste toujours. Le malheur manque de tact.

 
Le mariage, ma petite, c'est la robe. Après, évidemment, on a la mari !

 
CAMOMILLE : C'est de toi ?
ANTOINE : Quoi ?
CAMOMILLE : Ce que tu viens de dire.
ANTOINE : Je l'espère. On ne sait jamais. J'ai le plagiat inconscient.

 
[...] la souffrance [...] c'est un privilège qui n'est pas donné à tout le monde.

 
Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m'empêchera d'être heureuse...

 
Il y a des êtres qui ne peuvent respirer que dans le luxe. Si on leur enlève le luxe, ils s'étiolent.

 
[...] il ne faut pas avoir peur des gens méchants, Mademoiselle, ce sont de pauvres diables comme les autres. Les imbéciles seuls sont vraiment redoutables !

 
Quand on est laid, on n'a jamais vingt ans.

 
L'homme que j'aime doit être noble et courageux, mais l'homme que je trompe aussi.

 
C'est laid, c'est obscène, les regards des hommes ! Cela se pose sur vous comme des chenilles, comme des limaces, cela se glisse partout.

 
Les hommes vous supplient, on se croit la plus forte, et c'est vrai, pendant tout le temps qu'ils vous désirent, on peut tout. Leur argent, leur bonheur, leur famille, tout leur paraît vain. Mais si on laisse passer le bon moment, si on les laisse penser une seule fois, pendant une toute petite minute, qu'après tout ils pourraient vivre sans vous, c'est fini, ma belle ! Ils se retrouvent tout d'un coup avec leurs millions, leurs bonnes vies tranquilles, et toutes les autres jolies filles du monde, pour beaucoup moins cher, à leur disposition.

 
Cela vieillit, tu sais, d'être une jolie fille sans un sou.

 
Même quand on sent la faiblesse momentanée de l'adversaire, il ne faut jamais s'entêter sur une position qui n'est pas raisonnable.

 
Ce n'est pas tout d'avoir de jolis yeux, il faut qu'une petite lampe s'allume derrière. C'est cette petite lueur qui fait la vraie beauté.

 
Avec un peu d'imagination, on peut très bien vivre toute sa vie en un soir.

 
[...] le silence au théâtre, c'est encore ce qu'on réussit le plus facilement...

 
Quel étrange plaisir de réaliser ses mensonges !

 
Il y a des êtres qui ne peuvent respirer que dans le luxe. Si on leur arrache leur luxe, on les tue !

 
Mais vous n'avez pas l'air de très bien comprendre ? Je me sers pourtant de la langue française, la plus concise, la plus claire, la langue des diplomates et des souverains.

 
Il y a toujours un mais dans la vie, quand on gratte un peu la surface des choses.

 
Les apparences suffisent largement à faire un monde.

 
Comme on est exigeant, toujours ! On commence par ne pas vouloir moins d'une vie de bonheur, puis on apprend que quelques années volées, c'est déjà une étrange chance... Après, on accepte de se contenter d'un soir... Et puis, tout d'un coup, il ne vous reste plus que cinq minutes, et on arrive à trouver que c'est encore une oasis infinie, cinq minutes de bonheur !

 
Tout le monde est honnête d'une certaine manière. Le malheur, c'est qu'il n'y en a qu'une qui est officielle.

 
Il y a tant de façons de se taire en écoutant parler l'homme qu'on aime.

 
On prend toujours pour des imbéciles les gens qui ne se sentent pas comme vous.

 
Les filles, c'est pur comme l'enfant, ça vous tend leur front pour le baiser du soir avec des yeux bien clairs où on peut lire jusqu'au fond, une dernière fois un soir. Et puis crac ! le lendemain matin - on les a pourtant enfermées à clef - on ne sait pas ce qui s'est passé, on ne peut plus rien y lire du tout, dans leurs yeux, ils vous fuient et elles vous mentent ! C'est devenu le diable.

 
L'essentiel est de dire quelque chose de très gros et de le répéter souvent, c'est comme cela qu'on fait une vérité.

 
Il n'y a que les imbéciles qui se croient volés en donnant trop à une fille.

 
L'essentiel, quand on a un commandement, c'est de prendre une décision, quelle qu'elle soit. On s'effraie au début, puis avec l'expérience, on s'aperçoit que cela revient à peu près au même... quoi qu'on décide.

 
Qu'est-ce que gouverner le monde [...] sinon faire croire à des imbéciles qu'ils pensent d'eux-mêmes, ce que nous leur faisons penser ?

 
Les gens désintéressés, c'est toujours hors de prix...

 
Dieu ne demande rien d'extraordinaire aux hommes. Seulement d'avoir confiance en cette petite part d'eux-mêmes, qui est Lui. Seulement de prendre un peu de hauteur. Après Il se charge du reste.

 
Plus notre ennemi est petit et fragile, plus il est tendre, plus il est pur, plus il est innocent, plus il est redoutable...

 
On est tous les mêmes, plus ou moins fiers, plus ou moins tapageurs, mais le moment venu : la courbette.

 
Je ne veux pas que tu sois ma femme parce que tu m'aimes ! Qu'est-ce que tu veux que cela me fasse que tu m'aimes ? Demain, tu peux ne plus m'aimer. Je veux que tu sois ma femme, toujours, parce que tu l'as juré.

 
C'est comme tout d'être cocu, c'est difficile. C'est pas donné à tout le monde. Cela s'apprend.

 
La plupart de cocus piétinent parce qu'ils s'imaginent un amant de leur femme susceptible de leur plaire, à eux.

 
Le drame du cocu, c'est le drame de l'homme : la connaissance.

 
C'est drôle : on peut très bien marcher, sourire, traverser les rues et être mort.

 
Ce qui est beau, c'est ce qu'on aime !

 
La Comtesse : Vous leur dites que vous les aimez d'amour, à vos maîtresses ?
Le Comte : Il faut bien. Les femmes sont tellement formalistes.

 
[La Comtesse à son amant]
[...] vous avez réussi cette chose extraordinaire de rendre le péché plus ennuyeux que la vertu.

 
Pourquoi l'amour ne serait-il pas d'abord ce qui fait plaisir au coeur ? On a bien le temps de souffrir par la suite.

 
Nous vivons dans un monde qui a complètement perdu l'usage du point-virgule, nous parlons tous par phrases inachevées, avec trois petits points sous-entendus, parce que nous ne trouvons jamais le mot juste.

 
Le monde est plein de midinettes prêtes à adorer les princes quels qu'ils soient.

 
Être ivrogne ce n'est pas une sinécure... Si tu savais l'intention et la persévérance qu'il faut ! Toujours à remplir des verres et à les vider. On vous prend pour un riche oisif, en fait c'est un travail de plongeur.

 
Je trouve que c'est le genre [en parlant du roman policier] le plus niais du monde. Se torturer à embrouiller artificiellement une histoire pour se donner la fausse élégance de la dénouer en trois pages à la fin, c'est une activité de plaisantin.

 
[...] avec cette façon universelle de se farder, toutes les femmes qui ne sont pas trop laides se ressemblent, en fin de compte.

 
[...] je tiens l'intelligence pour peu, c'est l'arme des pauvres.

 
Je m'intéresse assez peu, personnellement, aux confidences. C'est toujours à peu près la même chose et cela ne soulage que celui qui les fait.

 
[...] il n'y a qu'un remède à l'amour : la fuite.

 
[...] le bonheur est un exercice solitaire.

 
C'est drôle, c'est dans le souvenir que les choses prennent leur vraie place [...]

 
Bachman : Parce que lui il est à part. C'est quelqu'un.
Rosa : Oui mais tous les jours c'est lourd quelqu'un...

 
Les nouvelles, moi, ça ne m'intéresse pas. D'abord, le lendemain elles sont vieilles.

 
C'est ça la vie, penser à rien avec des copains qu'on aime bien.

 
Le texte, au théâtre, c'est encore ce qu'il y a de moins important. Ils n'entendent qu'une phrase sur deux.

 
[Les jeunes] sont déjà les vieux de quelqu'un.

 
S'il fallait mourir chaque fois qu'on fait une bêtise, il n'y aurait pas assez de poison sur la terre.

 
Pauvres enfants ! C'est toujours eux qui paient les bêtises des grands, en attendant d'être en âge de faire soigneusement les mêmes.

 
Le plaisir, c'est encore la seule chose qui oblige les hommes à un peu de précision.

 
Il n'y a que les professeurs pour croire que les chefs-d'oeuvre c'est le fruit de l'application. [...] Tu penses bien que Shakespeare, à l'époque, il ne se doutait pas qu'il écrivait Hamlet !

 
C'est toujours dommage de ne pas avoir du génie. Mais c'est moins grave, en fin de compte, qu'on ne se l'imagine. Il suffit que les autres croient qu'on en a.

 
Je n'aime pas les sous-entendus. Je les comprends assez pour qu'ils m'inquiètent et pas assez pour les comprendre.

 
Je ne connais rien de plus ennuyeux que d'être aimé. Aimer est charmant, mais Dieu que c'est rare !

 
Je crois bien que [la facilité] est le déguisement le plus redoutable du diable.

 
L'inspiration, c'est une invention des gens qui n'ont jamais rien créé. Nous entretenons la légende pour nous faire valoir, mais entre nous, c'est un bluff. Le poète ne connaît que la commande.

 
Le visage des vrais égoïstes est supportable ; on connaît le jeu, on est tous là pour le jouer ; mais celui des philanthropes est répugnant. On n'a pas le droit de ne penser à ce point qu'à soi-même !

 
[...] on se lasse [...] de faire le tour d'une chose parfaite.

 
Les femmes ont horreur d'attendre. C'est un supplice qu'elles nous réservent.

 
FABRICE : Et à ne pas faire souffrir les autres, vous me l'apprendrez aussi ?
ORNIFLE : C'est une science inutile. Les autres meurent de souffrir. Pourquoi se compliquer la vie et leur refuser ce plaisir ?

 
[...] le mensonge est parfois une forme préalable de la vérité.

 
L'expérience du bonheur est une chose épouvantable. Elle apprend que la vie ne pèse pas.

 
Il n'y a qu'une seule réalité, une seule chose qui calme la faim et qui se mange comme un honnête morceau de pain : c'est l'amour. Tout le reste n'est que friandises, bonbons fondants, écoeurements.

 
Dieu, en donnant le désir, aurait pu donner en même temps aux hommes un peu plus de discernement. Ce n'est pas tout à fait au point son invention !

 
Les femmes c'est comme la soupe, il ne faut pas les laisser refroidir.

 
JOSYANE : Il n'y a pas de sots métiers.
ADOLPHE : Non, il n'y a que de sottes gens.


 
[Le présent de l'indicatif] est un temps qui file si vite !.... Et il n'y en a qu'un, tu l'as remarqué ? Alors qu'on a prévu toute une ribambelle de passés. Je t'aimais, A.I.S., je t'aimai, A.I. Je t'avais aimée, je t'eusse aimée... Et puis le temps nostalgique : je t'ai aimé, tu m'as aimé, nous nous sommes aimés.

 
ADOLPHE : Je crois bien que tu es méchante, au fond, ma pauvre Charlotte.
ÉLODIE : Oui je suis méchante. Mais c'est toi qui m'as rendue comme ça. [...] Les femmes, mon bonhomme, on a celles qu'on se fait !

 
Toute notre vie avec notre belle morale et notre chère liberté, cela consiste en fin de compte à nous accepter tels que nous sommes...

 
Mais je veux profiter de mes dernières années et rire un peu. J'ai cru pendant soixante ans qu'il fallait prendre la vie au sérieux. C'est beaucoup trop.

 
Si tes amants t'ennuient, marie-toi, cela leur donnera du piquant.

 
Dieu a sans doute donné la venue lente de l'impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort...

 
Ou on a des papiers en règle et on s'embête - ou on choisit l'amour et on a des embêtements...

 
L'illusion du plaisir et la peur de la mort sont les seules industries où l'on peut faire lâcher jusqu'à leur dernier sou aux hommes...

 
Quelle musique, le silence !

 
Il ne faut jamais regarder son ennemi endormi, [...] on lui pardonne.

 
C'est sinistre la jeunesse. On peut tout et on ne peut rien. J'aime encore mieux avoir mal aux pieds et sentir que la mécanique s'enraye. Dans ces ruines, j'ai l'esprit libre. Mais à vingt ans...

 
[...] c'est en habit que je me sens à l'aise. Nous sommes tous devenus des lâches depuis l'invention des pull-overs et des pantoufles. Nous manquons de carcans.

 
Je me demande si je ne vais pas me laisser pousser la barbe. C'est déjà si ennuyeux d'être désespéré... S'il faut se raser en plus !

 
Les hommes, c'est comme les chiens, ça mord parce que ça a peur.

 
Le roi est mort, vive le roi ! Tout change ! C'était ça le secret de la royauté ! Quand le vieux mourait on passait au jeune et tous les espoirs étaient permis... enfin, pour un temps ! En démocratie, où l'avancement se fait autrement, on va de septuagénaire en septuagénaire. Comment voulez-vous que cela change un jour ?

 
Je le sais qu'il n'y a pas de bon Dieu [...] mais quand on est un homme, on fait semblant !

 
Ceux qu'on aime, on voudrait qu'ils vous doivent tout.

 
Tout le monde est putain, quand on n'aime pas.

 
S'il fallait avoir de l'estime pour tous les gens avec qui on dîne, il n'y aurait plus de réunions mondaines possibles...

 
Et je crois que Dieu pardonnera à tout le monde, sauf aux médiocres.

 
[...] on n'est jamais trop cruel avec les imbéciles.

 
[...] les vraies révolutions sont lentes et elles ne sont jamais sanglantes. Le sang, c'est toujours pour payer la hâte de quelques hommes [...] pressés de jouer leur petit rôle.

 
Les femmes ont toujours pitié des blessures qu'elles n'ont pas faites elles-mêmes.

 
Il est très difficile de s'élever au-dessus de certains médiocres et de conserver leur estime.

 
Si les hommes se donnaient pour oublier le centième du mal qu'ils se donnent pour se souvenir, je suis certain que le monde serait depuis longtemps en paix.

 
Au combat, tout le monde a peur. La seule différence est dans la direction qu'on prend pour courir.

 
Oui, je me demande parfois si l'homme, tout bien pesé, n'a pas fait faire à la connaissance un énorme pas en arrière en renonçant à l'imagination et à la poésie comme moyens d'investigation scientifique...

 
La concupiscence est plus rare que ne se l'imaginent les vieilles filles.

 
[Vivre] est un métier comme un autre, cela s'apprend !

 
Il y a des fidélités qui ne sont qu'à soi-même.

 
Nous pouvons tout être, bien sûr. C'est une tentation. Mais c'est le meilleur moyen de n'être rien [...].

 
Eh bien, tu verras en grandissant [...] que dans la vie, même quand ça a l'air d'être sérieux, ce n'est tout de même que du guignol. Et qu'on joue toujours la même pièce.


 
Duplessis-Morlet : Je vous ai donné tout ce qu'une femme peut désirer.
Mélusine : Tout. Mais c'est comme le monde, on en a vite fait le tour.

 
On ne doit jamais battre une femme - même avec une fleur !

 
C'est peu de chose les mots - on ne sait jamais même si l'autre les entend [...]

 
C'est curieux les dames ! Il faut toujours se demander si on les a rendues heureuses...

 
Tu sais, c'est toujours dur à porter la jeunesse. Un sale moment à passer, quoi ! avant d'admettre les choses comme elles sont...

 
On n'est vieux que le jour où on le décide.

 
Franchir la porte, c'est tout un monde, mais, en fait, il suffit de faire un pas.

 
Je ne veux plus vous voir, plus vous entendre ! Et il y a quelque chose d'encore plus fort que ma haine et que mon dégoût. C'est que je meurs d'ennui, madame, à côté de vous.

 
[...] il n'y aura pas d'autres Médée, jamais, sur cette terre. Les mères n'appelleront jamais plus leurs filles de ce nom. Tu seras seule, jusqu'au bout des temps, comme en cette minute.

 
[...] toutes les choses sont dures à naître dans ce monde et dures à mourir aussi.

 

 

 


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