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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


L' Ane et le petit Chien

Publié par Fawzi Demmane sur 3 Février 2012, 17:46pm

Catégories : #Le coin des enfants

 

 

 

Ne forçons point notre talent, 
Nous ne ferions rien avec grâce : 
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, 
Ne saurait passer pour galant. 
Peu de gens, que le ciel chérit et gratifie, 

Ont le don d'agréer infus avec la vie. 
C'est un point qu'il leur faut laisser, 
Et ne pas ressembler à l'âne de la fable, 
Qui pour se rendre plus aimable 
Et plus cher à son maître, alla le caresser. 
" Comment ? disait-il en son âme, 
Ce chien, parce qu'il est mignon, 
Vivra de pair à compagnon 

Avec Monsieur, avec Madame ; 
Et j'aurai des coups de bâton ? 
Que fait-il ? il donne la patte ; 
Puis aussitôt il est baisé : 
S'il en faut faire autant afin que l'on me flatte, 
Cela n'est pas bien malaisé. " 

Dans cette admirable pensée, 
Voyant son maître en joie, il s'en vient lourdement, 
Lève une corne toute usée, 
La lui porte au menton fort amoureusement, 
Non sans accompagner, pour plus grand ornement, 
De son chant gracieux cette action hardie. 

" Oh ! oh ! quelle caresse !et quelle mélodie ! 
Dit le maître aussitôt. Holà, Martin-bâton ! " 
Martin-bâton accourt : l'âne change de ton. 
Ainsi finit la comédie. 


 

Jean de La Fontaine

 

 


 

 

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Fawzi Demmane 03/02/2012 18:18


L'âne est un animal certes fort estimable, mais sa voix et sa démarche laissent à désirer ; il ne sait pas plaire, être agréable, ou se montrer galant (que la Fontaine écrit en général : galand,
au féminin : galande). Car il n'a pas été gratifié par le ciel, en naissant, des qualités qu'on appelle aujourd'hui innées, qu'on appelait autrefois infuses. 


L'âne eut tort de vouloir, un jour, rivaliser avec le chien de la maison et de prétendre vivre comme un camarade, un égal, un pair avec son maître. Il s'y montra maladroit et devait fatalement
être rappelé à l'ordre : le bâton s'en chargera, ce bâton qu'on associait souvent autrefois au souvenir de Martin l'ours, parce que dans le Roman de Renard on voit l'ours menacer le loup de lui
donner des coups de bâton, d'où l'expression : Martin-bâton.

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