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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


L'énonciation

Publié par Fawzi Demmane sur 5 Mai 2011, 11:12am

Catégories : #Grammaire - Conjugaison

 

Toute une partie de la grammaire repose sur le principe de l' énonciation, c'est-à-dire l'instance qui produit un énoncé: celui-ci se définit comme «toute suite finie de mots d'une langue émise par un ou plusieurs locuteurs» (Jean Dubois et al., Dictionnaire de linguistique, Paris, Larousse, 1973, p. 191). L'émetteur est appelé énonciateur, et le récepteur énonciataire.


 


     Une telle définition, volontairement générale, traduit le fait qu'un énoncé peut se matérialiser par un seul mot (adverbe: «Oui»; adjectif: «Impossible!»; substantif, même onomatopée: «Oh!»), une suite de mots («Mmm... Drôle de conclusion...»; «Absolument pas!»), voire même une ou plusieurs phrases («Un discours ininterrompu de deux heures est aussi un énoncé», Dubois et al., ibid.). La forme n'importe pas tant que la valeur de l'énoncé, c'est-à-dire sa fonction dans le discours.

 L'énoncé (notion propre à la pragmatique) s'oppose ainsi doublement à la phrase (notion propre à la grammaire):

  • La phrase suppose l'existence d'une structure syntaxique, manifeste ou non: «Je ne m'intéresse pas à la politique» est clairement une phrase, dont la structure est facile à analyser. En revanche, «Oh, la politique, moi, vous savez...» offre un type de structure très complexe dont diverses théories linguistiques tentent de rendre compte chacune à sa manière; c'est pourtant un énoncé dont le sens et le fonctionnement sont tout à fait clairs: exprimer le désintérêt du sujet pour la politique. L'assertion négative n'est qu'une des possibilités---la plus «neutre» en l'occurrence—pour exprimer ce désintérêt. «Oh, la politique, moi, vous savez...» offre une nuance, une attitude apologétique ou distante du sujet. «Vous ne croyez tout de même pas que je m'intéresse à la politique?», «La politique? Aucun intérêt» et toutes sortes d'autres énoncés seraient envisageables selon la nuance affective souhaitée, sans que la valeur change.
    La phrase se définit sans référence à l'instance de sa production, et selon des relations purement internes (sujet-verbe-complément, ou groupe nominal /groupe prédicatif). Sa construction obéit à des critères formels de morphologie (forme et variation des mots) et de syntaxe (agencement des mots en séquence). Son sens est donc déterminé par le sens des mots tel qu'on le trouve dans un dictionnaire (la dénotation): «s'intéresser à», «la politique».
  • Un énoncé, en revanche, et quel que soit sa forme, s'envisage selon trois paramètres: un temps, un lieu, et un sujet. Son sens ne peut être déterminé qu'en fonction d'un cadre énonciatif et d'une fonction communicative. Par exemple, en tant qu'énoncé, «Je ne m'intéresse pas à la politique» changera de sens selon la référence du «Je» (venant d'un homme politique par exemple, cette assertion serait pour le moins insolite, paradoxale, peut-être provocatrice), et sa valeur varie selon l'ambiance culturelle du lieu et du moment: en période électorale, dans un pays totalitaire où «s'intéresser à la politique» (ou le dire) peut s'avérer dangereux, etc.
La différence entre phrase et énoncé tient donc du point de vue, du type d'analyse. La linguistique (la grammaire) considère la phrase comme unité fondamentale, et tente donc de décrire tous les actes de language comme des phrases, qui peuvent être tronquées, elliptiques, déstructurées, «transformées». La pragmatique ne s'intéresse pas tant à la forme qu'à la fonction, et donc au contexte ainsi qu'aux mécanismes de référence à ce contexte et à l'énonciation elle-même (la déixis).

      

   

    On considère donc que, dans le processus d'énonciation, un sujet donné produit un énoncé donné à un moment donné et à un endroit donné, et à destination d'un récepteur donné.

     L'existence du sujet de l'énonciation (ou énonciateur)—la «première personne» de la grammaire—en implique donc deux autres, celle d'abord du destinataire de l'énoncé, l'énonciataire, qu'on peut considérer avec Greimas comme un co-sujet (puisque la réception est également un acte communicatif et sémiotique), celle ensuite du sujet de l'énoncé—ce ou celui/celle dont on parle (la «troisième personne» de la grammaire).

     L'énonciateur et l'énonciataire ne sont pourtant pas des êtres humains; ces termes désignent des entités virtuelles que présuppose tout énoncé, et qui déterminent un cadre de référence: ce sont de pures fonctions. Les pronoms «je» (ou «nous») et «tu» (ou «vous») ne renvoient donc pas directement au couple énonciateur / énonciataire, ce qui est souvent source de confusion. Dans le discours, on utilise le terme de narrateur pour désigner l'entité exprimée explicitement ou implicitement par la première personne, et qui matérialise un «débrayage» de l'instance d'énonciation (matérialisé par les flèches en pointillés dans le schéma ci-dessous) dans l'énoncé, afin de créer l'illusion que l'acte énonciatif est «à l'intérieur» de l'énoncé—ce qui serait paradoxal, puisque l'énoncé est en fait le résultat de cet acte.

 


 


Implicitement à tout énoncé, il existe donc une instance d'énonciation qu'on peut exprimer par la proposition virtuelle ['Je' dis que], où 'Je' représente non un être humain, mais la «première personne», c'est-à-dire l'énonciateur, et le présent de l'indicatif représente le présent de l'énonciation. Le système des modes et des temps verbaux est élaboré en grande partie en fonction de ce double point de référence. Ainsi, le présent de l'indicatif n'indique pas le présent chronologique, mais la coïncidence entre le présent de l'énonciation et celui de l'énoncé (voir plus bas).

 


 

    Prenons pour exemple un récit conventionnel, Madame Bovary de Flaubert, qui débute ainsi:

Nous étions à l'étude, quand le proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre.


1) Sujet et temps de l'énonciation


     Le narrateur se manifeste ici par le «nous»—il n'est jamais individualisé dans ce roman—et une situation temporelle dont nous ne savons d'abord qu'elle est postérieure à l'action du récit, ce qu'indique le mode (indicatif), le temps (passé) et l'aspect accompli du verbe «entra» (temporalisation d'ailleurs relative, puisque ni le mois ni l'année ne sont donnés). Même si, un peu plus tard dans le texte, d'autres dates permettent, par recoupement, de situer l'épisode vers 1820, au mois d'octobre, ces détails n'ont aucune pertinence du point de vue énonciatif: ce sont des éléments destinés à produire un «effet de réel». Ce qui importe, c'est le rapport de postériorité entre le présent de l'énonciation et le temps du récit, rapport exprimé par le temps verbal.


     Une fois établi, ce cadre disparaît: dès le chapitre II, le récit se fait entièrement à la troisième personne. Il est aisé de vérifier que le narrateur (le «nous» du premier chapitre), désormais implicite, ne se confond pas avec un ou plusieurs des camarades de collège de Charles Bovary, puisqu'il relate les pensées de tous les personnages (c'est un «narrateur omniscient») et une multiplicité d'événements auxquels un individu seul n'aurait pas pu assister. L'introduction d'un narrateur explicite au début (le «nous») constitue une forme de débrayage énonciatif par lequel l'auteur place dans son texte des références à l'énonciation; la disparition des marques du narrateur produit à l'inverse un débrayage énoncif qui vise à produire un récit débarassé de toute référence à l'instance énonciative—en apparence, car un examen poussé en révèle toujours.


     De même que l'énonciateur est une fonction du phénomène de l'énonciation, le narrateur (qui représente l'énonciateur débrayé dans le récit) est une fonction anthropomorphisée, c'est-à-dire une entité virtuelle auquelle on a prêté les caractéristiques extérieures de l'humain. Son présent—le présent de l'énonciation—n'est donc pas un temps déterminé dans la chronologie, alors même que le récit de Madame Bovary, qui se fait presque entièrement au passé simple, se termine par un retour au présent destiné à donner l'illusion que le narrateur a bel et bien été témoin des faits:

(...) il tomba par terre. Il était mort. (...)
     Depuis la mort de Bovary, trois médecins se sont succédés à Yonville, sans pouvoir y réussir, tant M. Homais les a tout de suite battus en brêche. Il fait une clientèle d'enfer; l'autorité le ménage et l'opinion publique le protège.
     Il vient de recevoir la croix d'honneur.

L'emploi du passé composé ménage ici une transition entre le temps révolu du récit («il tomba») et un présent («Il fait»); ce présent de l'indicatif exprime le rapport de simultanéité entre le présent de l'énonciation et le temps du récit

 

 PRÉSENT DE L'ENONCIATION TEMPS DU RÉCIT RÉALISATION
  postérieur    [futur - non réalisé ici ]

 

[ 'Je' dis que ]
simultané    Il fait une clientèle d'enfer
  antérieur 1   trois médecins se sont succédés
 

 

antérieur 2
  Il tomba par terre (accompli)
    Il était mort (non-accompli)

  

 

  Résistons à la tentation de croire que le présent de l'énonciation peut être daté—dans ce cas, par exemple, à 1857, année de publication de Madame Bovary: ce serait confondre l'auteur, personne biologique et psychologique (Gustave Flaubert), avec l'énonciateur, pure fonction linguistique. Ce présent est en fait permanent, puisque un siècle et demi après la date de parution, les temps verbaux du récit n'ont pas changé. Le présent de l'indicatif «Il fait une clientèle d'enfer» ne signifie donc pas la simultanéité entre le temps du récit et le présent chronologique du lecteur (qu'il s'agisse de celui de 1857 ou de 2003), car ce dernier se situe dans la réalité, et donc hors du cadre de l'énonciation.


    Il importe peu que ce récit appartienne à la fiction, car le même phénomène s'observe dans les énoncés qui ont été produits par une personne bien réelle, à un moment précis. Soit par exemple la phrase célèbre prononcée par Mirabeau le 23 juin 1789:

«Nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n'en sortirons que par la force des baïonettes.»

Si cette phrase, citée au style direct aujourd'hui, conserve le présent et le futur de l'indicatif, alors que l'événement appartient au passé, c'est que le présent de l'énonciation n'a pas changé.


 

 

 PRÉSENT DE L'ENONCIATION
TEMPS DU RÉCIT RÉALISATION
  postérieur    nous n'en sortirons

 

[ 'Je' dis que ]
simultané    Nous sommes ici
  antérieur (non-accompli)   [ non réalisé ici ]


   
  Le futur de l'indicatif («nous n'en sortirons») dénote non pas le futur chronologique, mais une postériorité  par rapport au présent de l'énonciation: quel que soit le moment auquel l'acte de sortir se produit—et même s'il ne se produit jamais, ce qui est le cas ici—, «nous sortirons» est forcément postérieur à «nous sommes ici», et cette relation reste constante, même lorsque l'acte lui-même appartient chronologiquement au passé.

Le 23 juin 1789, Mirabeau a dit : «Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la force des baïonettes.»

     On voit que, si l'on débraye ainsi l'expression de l'énonciation dans l'énoncé («Mirabeau dit»), celle-ci doit se mettre au passé, puisqu'il y a antériorité entre le 23 juin 1789 (présent de l'énonciation, donc invariable) et «notre» présent chronologique, qui lui change de seconde en seconde. En revanche, les deux verbes de l'énoncé d'origine, mis entre guillemets—c'est le style direct—bénéficient d'une sorte d'isolation temporelle et restent au présent. Il en va tout autrement si nous transposons maintenant cet énoncé au style indirect, sans guillemets, où le temps des verbes doit changer pour que soit maintenue la simultanéité entre temps de l'énonciation et temps de l'énoncé --- C'est la fameuse «concordance des temps» :

«Le 23 juin 1789, Mirabeau a dit que nous étions ici par la volonté du peuple, et que nous n'en sortirions que par la force des baïonettes».

 


 

 PRÉSENT DE L'ENONCIATION
TEMPS DU RÉCIT

RÉALISATION

  postérieur [ non réalisé ici ]

 

[ E dit que ]

 

simultané
[ non réalisé ici ]
  antérieur 2 nous n'en sortirions
   antérieur 1 Mirabeau a dit
Nous étions ici 

 




2) Le point de vue énonciatif


     Dans le premier chapitre de Madame Bovary, le «nous» narratorial fait référence à de jeunes gens en âge scolaire (dont on apprend plus tard qu'ils sont collégiens), et le nouveau  dont il est question a treize ans et demie. De même, la localisation géographique reste vague jusqu'à ce que le narrateur précise qu'il s'agit du collège de Rouen.


     Une fois de plus, tous ces détails n'ont finalement aucune importance sur le plan énonciatif, puisqu'ils servent seulement à établir un point de référence: le «nous», le narrateur, est l'entité qui est censée produire le récit, dont le sujet—la «troisième» personne—est le nouveau (Charles Bovary, futur mari d'Emma). L'emploi des italiques pour le mot «le nouveau» constitue une marque d'énonciation en ce qu'elle manifeste une subjectivité, un point de vue: Charles Bovary est perçu comme nouveau uniquement dans la classe où le «nous» se situe.


     Cette subjectivité existe même lorsque les traces les plus évidentes de l'énonciation sont absentes, comme dans les énoncés dits «objectifs» du genre «Le ciel est bleu», «Au niveau de la mer, l'eau bout à 100 degrés», «Paris a dix millions d'habitants», etc. Implicitement à un énoncé comme «Le ciel est bleu», il existe toujours une instance énonciation ['Je' dis que]:

«le ciel est bleu» > «['Je' dis que] le ciel est bleu.»

et l'affirmation d'une valeur de vérité qu'exprime l'indicatif :

«le ciel est bleu» > «[{'Je' dis qu'} il est vrai que] le ciel est bleu.»

Les modes verbaux doivent également se comprendre en fonction de l'énonciation: l'impératif exprime un ordre donné par l'énonciateur; le subjonctif, un doute ou une incertitude de l'énonciateur quant à la réalisation d'un acte; le conditionnel, l'irréalité (présente ou passée) par rapport avec la réalité de l'énonciateur, etc.

 


Lorsqu'on dit que l'impératif exprime un ordre donné par l'énonciateur, cela ne veut pas dire que l'énonciateur est une personne réelle qui donne un ordre à une autre personne: l'énoncé «Passe-moi le sel!» peut exister sans que quiconque le produise dans une situation réelle: mais son existence, au sens strictement linguistique, présuppose nécessairement celle d'un énonciateur et d'un énonciataire.

Parfois, les «exemples» choisis par les chercheurs en linguistique pour illustrer une théorie sont des énoncés qu'aucun locuteur n'a jamais prononcé, et qui ne seront probablement jamais prononcés. Imaginaires du point de vue phénoménologique, ces énoncés n'en possèdent pas moins une réalité linguistique fondée à divers niveaux: lexical, morphologique, syntaxique et énonciative.

 



3. Deixis et subjectivité

     Un certain nombre d'éléments du langage ne sont interprétables qu'en relation au contexte de l'énonciation («Je» - «ici» - «maintenant»); c'est le phénomène de la deixis. Dans la phrase citée ci-dessus, «nous» (= les députés du peuple) et «ici» (= le Jeu de paume, à Paris) sont compréhensibles seulement en référence à un contexte précis, évident pour les énonciataires. La même phrase, prononcée ailleurs, à un autre moment, et par quelqu'un d'autre recevrait une interprétation tout à fait différente, alors que son sens ne changerait pas.
     On peut ainsi opposer le sens (qu'on peut par exemple déterminer à l'aide un dictionnaire),  dont s'occcupe la sémantique, et l'interprétation liée au contexte, dont s'occcupe la pragmatique. Les déictiques (ou «embrayeurs») sont des mots ou des locutions dont le sens est toujours lié au contexte d'énonciation: adverbes comme «ici», «là», «maintenant», «hier», «tout à l'heure», certains adjectifs et pronoms démonstratifs, les possessifs, etc.

     Pour reprendre l'exemple plus haut, l'énoncé «Mirabeau a dit que nous étions ici par la volonté du peuple, et que nous n'en sortirions que par la force des baïonettes» pose un problème évident à travers l'usage du «nous», marque d'un narrateur qui a été également acteur, en l'occurrence l'un des autres députés présents au Jeu de Paume ce jour-là. En effet, cette référence est compètement absente de la phrase d'origine au style direct (Le 23 juin 1789, Mirabeau a dit : «Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la force des baïonettes.»), où le narrateur est implicite. La transposition au style direct exige donc également que les pronoms passent de la première à la troisième personne, pour rétablir l'«objectivité»: «Mirabeau a dit qu'ils étaient ici par la volonté du peuple, et qu'ils n'en sortiraient que par la force des baïonettes». Ce changement a pour effet de débrayer à l'intérieur de l'énoncé le sujet de la narration—le narrateur, le «je» implicite—et le sujet du récit.

     Alors que les déictiques renvoient manifestement au contexte de l'énonciation, d'autres marques énonciatives sont beaucoup plus subtiles. Considérons les exemples suivants:

(1) «Cet appartement a une surface de 50 m2.»
(2) «Cet appartement est plutôt petit.»
(3) «Cet appartement est magnifique.»

Au premier abord, ces trois énoncés comportent un déictique évident, «Cet», interprétable seulement si l'on sait de quel appartement il s'agit (parce que l'énonciateur vient d'en parler, parce qu'il nous le montre, parce qu'il y a une photo à côté de la phrase dans un journal, etc.)


     On dira que l'énoncé (1) fait référence à des données «objectives» (inhérentes à l'objet), car la taille de l'appartement ne varie pas, et peut être exactement établie à l'aide d'un système de mesure standardisé (50 m2); il a donc un sens qui coïncide avec l'interprétation qu'on peut en tirer.


     En revanche, (2) et (3) seront dits «subjectifs», puisque leur interprétation dépend de la perception du sujet de l'énonciation --- laquelle peut être déterminée par des structures culturelles et/ou un point de vue personnel: un appartement «plutôt petit» aux U.S.A pourra sembler de taille très honorable en France; ce qui est  «plutôt petit» pour moi semblera extrêmement exigu à celui qui vit dans un château; «magnifique» reflète forcément des normes esthétiques, etc.


     Cette différence apparaît nettement si l'on restitue le cadre énonciatif:

«[{'Je' dis qu'} il est vrai que] Cet appartement a une surface de 50 m2.»
«[{'Je' dis qu'} il est vrai que] Cet appartement est magnifique.»

Dans le premier cas, la proposition exprimée par l'énoncé est soit vraie, soit fausse, selon que l'appartement a effectivement une surface de 50 m2 ou non, alors que dans le second cas, elle est plus ou moins conforme à un point de vue. Quoi qu'il en soit, et même si les marques énonciatives restent discrètes, l'une et l'autre présupposent une énonciation, et donc une subjectivité: en effet, la première proposition peut être fausse du fait de l'erreur ou du mensonge en dépit de sa formulation apparemment «objective». Ajoutons que, paradoxalement, seule la première proposition peut être fausse, précisément à cause de cette formulation, tandis que la seconde n'est jamais ni vraie ni fausse dans l'absolu.

 

 

 

 


 

Posté par Anonyme,  le 05/05/2011


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