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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


L’oral et l’écrit

Publié par Fawzi Demmane sur 5 Octobre 2011, 09:58am

 

Le langage parlé peut être traduit par l’écriture, au moyen de signes ou caractères appelés lettres.

Il faut éviter de confondre les lettres avec les sons, auxquels elles correspondent en français de façon fort approximative. 

Par ex., dans eaux il y a quatre lettres, mais un seul son, [o]. Les six lettres du mot oiseau ne correspondent que d’une manière tout à fait conventionnelle aux quatre sons qu’elles sont chargées de représenter : [wazo]. 

C’est l’aspect oral qui définit avant tout le langage : certaines langues n’ont pas d’expression écrite ; pour les langues qui connaissent les deux formes, l’oral précède l’écrit, que l’on envisage l’histoire de ces langues ou l’apprentissage de la langue maternelle par un individu. Mais antériorité ne veut pas dire supériorité. 

Le parallélisme entre les deux expressions n’est pas complet : outre le fait que la phonétique et l’orthographe ne se recouvrent pas exactement, il faut remarquer que le locuteur et l’auditeur participent le plus souvent à la même situation concrète (lieu et temps), ce qui n’est pas le cas d’ordinaire pour le scripteur, qui écrit pour un lecteur que souvent il ne connaît pas et qui se trouve en général dans un autre lieu et dans un autre temps.

"Mettez ça là" est un message qui dans l’oral est complet, mais qui dans l’écrit est dépourvu de pertinence s’il n’est pas accompagné d’un contexte, s’il n’est pas précédé (ou suivi) d’une ou de plusieurs phrases, montrant à qui l’on s’adresse, quels sont l’objet et le lieu dont il est question. 

On appelle embrayeurs les éléments dont le signifié est déterminé par la situation ( je, tu, ici , etc.). 

Le message oral n’est pas seulement une suite de sons organisée en phrase — ce que la langue écrite reproduit d’une manière somme toute satisfaisante —, il comporte aussi des éléments que l’écrit ne peut rendre que par un commentaire qu’il ajoute : par ex., dit-il avec force , soupira-t-il , s’écria-t-il , etc.

Inversement, tandis que l’écrit isole par des guillemets une citation, un orateur indiquera le début de celle-ci par Je cite et la clora par Fin de citation.

Chacun des deux modes de communication a donc ses besoins et ses procédés propres. Ils s’adressent d’ailleurs à des sens différents : l’ouïe d’une part, la vue de l’autre. [L’écriture Braille, qui s’adresse aux aveugles, est lue par le toucher.]

Le français oral connaît de grandes diversités sociales et régionales, par ex. en matière de prononciation. L’écrit, diffusé par l’école surtout, présente une plus grande uniformité, grâce à l’orthographe notamment.

N. B. 

S’il est vrai que le langage écrit a l’oral pour fondement, il n’est pas rare que celui-ci soit influencé par l’écrit. 

Des lettres introduites ou maintenues dans l’écriture passent ou rentrent dans la prononciation. L’ancien verbe avenir a été, d’après le latin, écrit advenir, le d étant muet jusqu’au XVII s. puis finissant par se prononcer . — Mœurs doit se prononcer [mûR] comme murs se prononce [myR], mais on entend souvent [mûRs].

Il y a aussi des accidents dont l’origine est dans l’écrit : le mot arabe semt a été lu senit, d’où le fr. zénith.

 

Des mots empruntés au latin par des lettrés ou créés par des écrivains pénètrent dans le lexique général : imbécile, emprunté au latin imbecillus ; gavroche, nom d’un personnage de Victor Hugo dans Les misérables.

 

 

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