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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


La versification (4)

Publié par Fawzi Demmane sur 8 Juin 2011, 13:32pm

Catégories : #Littérature

 

 

Chapitre 4 : les formes fixes

 

 

1. La notion de strophe

 

Le mot strophe vient du grec strophè, " tour, action de tourner ", qui désignait à l’origine le tour d’autel effectué en dansant par le chœur de la tragédie grecque pendant qu’il psalmodiait ou récitait un passage versifié. Par la suite, le terme en est venu à signifier ce passage en vers, auquel d’ailleurs correspondait une antistrophe de même structure qui se disait pendant le tour inverse. Dans le domaine du français, le mot désignait au XVIe siècle une division de l’ode, puis son sens s’est étendu et s’est précisé d’une autre manière.


1. 1 La typographie : elles sont séparées l’une de l’autre par un blanc typographique. Il permet d’identifier la strophe s’il est utilisé de manière systématique et unique à cet effet. Au XVIe siècle, les quatrains de sonnet se présentait imprimé d’un bloc.


1. 2 Le principe de récurrence : la strophe est une forme qui est destinée à se répéter, soit selon une série ouverte au gré du poète, soit un nombre indéterminé de fois (cf. la ballade).

En principe, chacune des strophes compte un nombre égal de vers (du moins dans les poèmes du XVIe siècle).

La disposition des rimes est la même dans chaque strophe.

Le système des mètres : dans un système d’isométrie, le problème ne se pose pas. Mais dans un système d’hétérométrie, la disposition des mètres se répète.


1. 3 L’autonomie de la strophe

La strophe dit être également une structure complète. Syntaxiquement, chacune des strophes doit être indépendante et doit se terminer par un point. Il peut arriver néanmoins qu’il y ait prolongation syntaxique d’une strophe à l’autre. Il y a alors un effet de rejet. D’autre part, le système des rimes est complet, chaque fin de vers a son répondant à l’intérieur de la strophe. On appelle rime dominante une rime qui, en fin de strophe, est répétée pour assurer l’unité de l’ensemble. Elle permet de faire le lien, et même le pivot, entre un quatrain à rimes croisées et un quatrain à rimes embrassées.


1. 4 Existence d’une césure strophique

Prenons l’exemple d’un septain composé en ababccb : l’existence d’une rime b centrale favoriserait l’existence de deux quatrains et, en même temps, l’idée qu’il existe une césure à cette place, qui peut diviser le vers en 3 + 4 ou 4+ 3. Ce type de strophe est dit septain romantique ; il fait partie des strophes dites prolongées, parce qu’à la structure complète du quatrain initial, une rime s’ajoute qui relance une nouvelle combinaison possible.



La terza rima

 

Ce type de poème est fait de quatre tercet et d’un vers isolé (cf. p. 107). Le dernier vers est isolé et, dans l’exemple qui nous intéresse, il est lui-même divisé par un décrochement typographique vertical. On appelle également de genre de poème la tierce rime, formule très ancienne d’engendrement de poèmes.


Les rimes de ce poème sont disposées ainsi : aba bcb cdc ded e. On remarquera que la deuxième rime de chaque strophe est en correspondance avec le couple de rimes de la strophe suivante. En fait, on dit que le premier vers rime avec le troisième, et la rime seconde reste sans répondant à l’intérieur du tercet : elle est dite orpheline. Quant à la conclusion du poème, elle se fait sur un vers isolé qui reprend la rime orpheline du dernier tercet.


Normalement, la définition de la strophe comporte deux volets : autonomie et récurrence. On ne peut parler d’autonomie, puisque tous les vers du tercet n’ont pas leur répondant dans le tercet lui-même. Mais ce suspens trouve sa résolution dès le tercet suivant, et la rime est alors résolue. On appelle ce procédé la rime disjointe. L’autonomie n’est pas à l’intérieur de chaque division du poème, mais elle est retardée par un effet de suspension vite résolue.

 

 

Triolet, rondeau, rondel

 

Tous les trois sont des poèmes courts, le triolet composé de huit vers, le rondeau de treize vers auquel s’ajoute un bref refrain répété deux fois, et le rondel est composé également de treize vers. Dans les trois poèmes, il existe un refrain composé d’un hémistiche ou d’un vers ou même de deux. Il est répété trois fois. On le trouve toujours au commencement du poème, à la fin du deuxième groupement, et en fin de poème. Tout l’art du poète consiste à varier son insertion syntaxique et sémantique dans un contexte à chaque fois nouveau. La disposition des rimes est la suivante, sachant que A et B sont un hémistiche ou un vers répété :



             Triolet

Rondel

ABaA abAB

Abab abAB abbaA

 

 

Les différences : le triolet est beaucoup plus court, on l’appelle d’ailleurs le rondel simple. Dans le rondeau, deux quintils de même factures encadrent un tercet. Le rondel, lui, est composé de deux quatrains à rimes croisés, suivis d’un quintil.


Dans le triolet et le rondel, le refrain s’étend sur deux vers. Dans le triolet, ces vers sont situés au début et à la fin du poème. Dans le rondel, cette répétition sur deux vers encadre les quatrains, et c’est le seul premier vers qui est répété en dernier.


Dans le rondeau, le refrain est beaucoup plus bref : il est constitué par le premier hémistiche du premier vers : on l’appelle le rentrement.


Les mètres les plus utilisés sont le décasyllabe et l’octosyllabe pour ces trois formes. Ce sont les mètres dominants de l’époque médiévale. De ces trois formes fixes, la plus ancienne est le triolet que l’on date du XIIIe siècle. Le rondel connaît quelques variantes, comme la répétition des deux vers de refrain à la fin du poème, ce qui fait du troisième ensemble un sizain, et non un quintil.


 

La ballade


La ballade (de l’ancien verbe baller, " danser ") est une forme fixe qui a connu quantité de formules d’essai depuis 1260, date à laquelle on la trouve dans l’œuvre d’Adam de la Halle.


Dans la très grande majorité des cas, la ballade est isométrique. François de Villon utilise le décasyllabe vers qui caractérise la grande ballade et que l’on trouve souvent, ainsi que l’octosyllabe, dans cette forme fixe.


Les strophes et l’envoi : le poème est composé de trois dizains de facture identique, suivis d’un quintil, que l’on ne peut considérer comme une strophe puisqu’il est isolé. Son rôle est tout à fait précis : il est appelé l’envoi. Il comporte, au début du premier vers, une apostrophe au dédicataire de la ballade. Ces dizains sont des dizains de décasyllabes : on appelle strophe carrée une strophe où le nombre des vers ainsi égal au nombre des syllabes contenus dans le mètre.


Les rimes : les vers ne sont liés que par quatre rimes différentes. Voici la disposition d’un dizain : ababb ccdcd. Chaque dizain est ainsi formé de deux quintils différents et symétriques accolés. Le quintil correspond exactement à la deuxième moitié des dizains : ccdcd.

 

Le refrain : les strophes et l’envoi se terminent par un même vers, rattaché grammaticalement à ce qui précède. Ce vers est le refrain de la ballade.


La petite ballade est composée de trois huitains d’octosyllabes, et son envoi est un quatrain. La ballade a connu une très grande vogue du XIVe siècle au milieu du XVIe siècle. Les poètes de la Pléïade l’ont négligée au profit de genre à l’antique comme l’ode ou comme le sonnet, emprunté à l’Italie. Elle n’a jamais retrouvé une place véritable, malgré les essais des Parnassiens. Elle n’est plus du tout pratiquée comme une forme fixe, mais plutôt comme un genre par des poètes comme Victor Hugo (Odes et Ballades) ou Paul Fort.

 


6. Le sonnet


L’introduction du sonnet dans la poésie française est datée de 1538. Elle est attribuée à différents poètes : à l’école lyonnaise, mais aussi à Mellin de Saint-Gelais et à Clément Marot.


6. 1 La structure d’ensemble : le vers est l’alexandrin. Les premier sonnet ont d’abord été composés en décasyllabes, puis l’alexandrin l’a emporté. La très grande majorité des sonnets est isométrique ; mais il existe des sonnets hétérométriques, avec alternance de vers longs et de vers courts : on les appelle sonnet layés.


Aux deux quatrains du début, répondent les deux tercets de la fin, qui résultent en fait de la séparation typographique d’un sizain en deux moitiés. Le sonnet a donc presque une organisation carrée, avec deux mouvements à la fois analogues et dissemblables, eux-mêmes divisés en deux, ce qui permet des jeux divers d’opposition et de parallélisme. Dans le poème de Ronsard Sur la mort de Marie, les deux quatrains sont consacrés au comparant, la rose, et les tercets au comparé, Marie.


La rime est ici organisée selon le modèle du sonnet italien, avec deux quatrains à rimes embrassées sur deux rimes, et un sizain composé d’un distique suivi d’un quatrain à rimes embrassées : abba abba ccdeed. Avec la découpe du sizain en deux tercets similaires, les deux vers finaux de tercet peuvent rimer ensemble.


A côté du sonnet italien, il y a le sonnet dit français quand les deux quatrains à rimes embrassées sur deux rimes sont suivis d’un sizain formé d’un distique et d’un quatrain à rimes croisées (abba abba ccdede). Les tercets ne présentent alors aucun parallélisme. On peut également citer le sonnet shakespearien ou élisabéthain en trois quatrains à rimes croisées suivi d’un distique.



 

 

 

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Majdouline Borchani 14/06/2011 22:29



La complainte, le lai, le madrigal, le neuvain, l’ode et l’acrostiche, sont aussi des formes de poésie. Prenons à titre d’exemple
l’acrostiche qui est un poème de vers dont les lettres ou les mots initiaux (et /ou finaux) forment un mot lisible de haut en bas ou de bas en haut :


  Paradis des monuments


  Attends petits et grands


  Rêve des touristes et des enfants


  Illuminé par tous les
temps


  Sur la Tour Eiffel, c’est
géant.






Fawzi Demmane 16/06/2011 12:56



Ahh ! Je vois là une poétesse.


Le thème me touche particulièrement : J'adoooore Paris.


Merci beaucoup pour le complément.



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