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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Lettre de Victor Hugo à Juliette Drouet

Publié par Fawzi Demmane sur 31 Décembre 2010, 14:56pm

Catégories : #Correspondances célèbres

 


Mardi gras - 20 février (1849). Tu as raison, ce jour-ci est aussi un doux et charmant anniversaire. Je n’oublierai jamais cette matinée où je sortis de chez toi, le coeur ébloui. le jour naissait, il pleuvait à verse, les Masques déguenillés et souillés de boue descendaient de la Courtille avec de grands cris et inondaient le Boulevard du Temple. Ils étaient ivres et moi aussi ; eux de vin, moi d’amour. A travers leurs hurlements, j’entendais un chant que j’avais dans le coeur.

 

Je ne voyais pas tous ces spectres autour de moi, spectres de la joie morte, fantômes de l’orgie éteinte, je te voyais, toi douce ombre rayonnante dans la nuit, tes yeux, ton front, ta beauté, et ton sourire aussi enivrant que tes baisers.

 

Ô matinée glaciale et pluvieuse dans le ciel radieuse et ardente dans mon âme ! Souvenir ! Tout cela me revient en ce moment, au milieu, de cette autre foule de masques qu’on appelle l’Assemblée Nationale, et qui, eux aussi, sont des fantômes.

 

Je t’écris comme je te parlerais, au hasard, mais sûr de ne rien tirer de mon coeur, ô mon doux ange, qui ne soit de l’amour.

 

Je t’envoie toute mon âme pour remplir tes rêves de cette nuit.

 

 

 

 


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samia lamine 12/01/2011 15:23



Salam Fawzi. Je viens de consulter ton blog. J'aime beaucoup. il sera sur mon blog , promis. Bonne journée.



Fawzi Demmane 12/01/2011 16:22



Bienvenue Samia !



Blanche COLOMBE 02/01/2011 11:12



"Ils étaient ivres et moi aussi ; eux de vin, moi d’amour. A travers leurs hurlements, j’entendais un chant que
j’avais dans le coeur."


C'est extraordinairement saisissant cette peinture de ce  sentiment d'allégresse ressenti  au milieux d'une
foule bigarrée, c'est exaltant ce sentiment de se sentir  , comme les autres mais autrement , un état qu'Hugo exprime merveilleusement à travers des antithèses et qu'il accentue tout au long
de sa lettre en opposant le monde extérieur à ce qui est ressenti en soi:""Ô matinée glaciale et pluvieuse dans le ciel radieuse et ardente dans mon âme !" Et de se réfugier dans le souvenir
intime pour mieux souligner lé décalage, sans oublier un petit coup de scalpel pour ironiser sur le grotesque de la réalité qu'on perçoit forcément autrement :"Souvenir ! Tout cela me
revient en ce moment, au milieu, de cette autre foule de masques qu’on appelle l’Assemblée Nationale, et qui, eux aussi, sont des fantômes."



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