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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Mémoires de la chair

Publié par Fawzi Demmane sur 19 Décembre 2010, 14:31pm

Catégories : #A vos plumes !

 

http://img709.imageshack.us/img709/8908/memoiresdelachair.jpg

  La littérature se ne traduit pas. La littérature se vit ; surtout la Poésie. La traduire est une tentative  d’assassinat. Il faut la lire, dans l’autre langue, en public, dans un silence imposé. La dire lui restitue toute sa splendeur, dans les deux langues : la source et la destination. Un voyage aller-retour dans la Beauté. Mais à chaque impératif son exception. Je n’ai pu résister à voler ces mots d’un livre écrit en Arabe*. Un texte qui m’a bouleversé, qui m’a explosé dans la figure, de part et d’autre dans le livre, telle  une kyrielle de bombes à retardement. Ce livre parle d’Algérie, d’amour, de souffrance, d’exil, d’endroits, de solitude, de mort et surtout d’une patrie.

 

 

 

 

" Je veux t’aimer ici , dans une demeure bâtie telle ton corps, une demeure conçue comme une maison andalouse. Je veux fuir avec toi ces villes construites comme des boîtes, loger ton amour dans une demeure qui te ressemble, suivant les courbes de ta féminité arabe. Une demeure où se cache derrière ses arcs, ses rondeurs et ses dessins mon souvenir premier. Une maison où le jardin sommeille dans l’ombre d’un citronnier géant, un citronnier qui ressemble à ceux plantés par les Arabes dans leurs demeures andalouses. Je veux m’asseoir à tes côtés, comme je reste ici devant ce petit ruisseau où nagent des poissons rouges, te contempler, surpris. Je sens ton corps comme je respire l’odeur du citron vert avant de mûrir. Toi mon fruit défendu. Devant  chaque arbre, je te désire.  "

---
* Extrait traduit de l’Arabe de "Mémoires de la chair" - Ahlem Mosteghanemi- Dar Al’Adab - Beyrouth - 1988

 

 

 

 

Posté par Fouzia, le 19/12/2010

 

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Anonyme 20/12/2010 08:37



Le morceau .....cette musique !


comment pouvoir demeurer  insensible à une telle grace et à une telle beauté!


Sincérement Merci POUR CE PARTAGE  grandiose à mes yeux!



juste moi 19/12/2010 19:33



Les mots de Ahlem emportent sans savoir les arrêter ou les maitriser. Elle a le don de vous tenir plonger avec elle dans ses sentiments, ses révoltes et tout ce qui est contradictoire dans lune
pensée et une vie.


Je viens juste de le commencer, en version arabe comme elle l'a dessiné par ses mots, pour pouvoir suivre sa trilogie que j'ai la certitude qu'elle va me charmer sans me laisser la laisser.



Blanche COLOMBE 19/12/2010 17:53



C'est toujours intéressant de lire des textes originaux, celui-ci présente un double intérêt. En effet c'est un texte d'une grande sensualité écrit par une femme mais où le locuteur est un homme.
C'est donc une femme qui se met dans la peau d'un homme pour parler du regard qu'il pose sur la femme pour qui il se consume d'une passion dévorante. Et de nous mener dans les méandres de son
affect et de son désir le plus voluptueux exprimé dans un discours des plus suaves. Et nous voilà plongés dans le plus intime des désirs matérialisant la soif d'être aimé par l'autre comme on
aimerait l'être quand on est une femme selon  Ahlem Mestghanmi imprégnée de tout cet imaginaire oriental fait d'arcades et de maisons faites en arabesques, en riadh et en patios, en
fontaines et en citronniers...



ANONYME 19/12/2010 16:43



« Dhakirat el jassad » Mémoires de la chair »…

« Le roman est un poème écrit sur toutes les mers,…. La mer de l’amour, la mer du corps, la mer de l’idéologie, la mer de la révolution algérienne.
De ses héros, de ses anges, de ses démons…..Ce roman ne parle pas uniquement de la mémoire de la chair, il résume l’histoire de l’Algérie, la tristesse algérienne et l’ignorance algérienne qui
doit maintenant prendre fin !



Lorsque j’ai dit ce que je pensais de ce roman à un ami il m’a répondu :
« N’élève pas la voix, Ahlem en t’écoutant risque d’en perdre la tête ! »



J’ai répondu :  « laisse là devenir folle, car les plus belles choses naissent de la plume des fous ! »

Nizar el Qabani 1990
Préface du livre.



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