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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Minuit

Publié par Fawzi Demmane sur 13 Décembre 2010, 12:13pm

Catégories : #Littérature

http://www.lexpress.fr/imgs/17/159.jpg

 

 

Dan Franck signe le grand roman de la vie intellectuelle sous l'Occupation.

 

 

Il était minuit dans le siècle... La nuit tomba le 17 juin 1940, le jour où un vieillard tremblant prononça ce mot fatal, "armistice" ; elle ne se dissipa qu'au matin du 15 août 1944, au bar du Ritz, lorsqu'un écrivain ivre mort - Ernest Hemingway - rencontra un écrivain mythomane - André Malraux. Une longue nuit. Nuit de la conscience. Nuit de la responsabilité. Nuit de la raison. Nuit de l'intelligence. C'est la nuit, dit-on, que se mesure vraiment le courage ou la lâcheté. Où étaient les intellectuels, écrivains, peintres, comédiens, musiciens, pendant cette longue nuit ? Dan Franck répond, sans jamais juger, dans un récit passionnant qui fait suite aux deux premiers volumes de ce qui pourrait bien être son grand oeuvre, Bohèmes et Libertad !. 


"La guerre - celle-ci ou une autre - cela équivaut à l'éclipse de toutes les choses de l'esprit", dira André Breton. Mais une éclipse dure plus ou moins longtemps... Le récit de Dan Franck commence par la confession, au procès de Nuremberg, de Jodl, chef d'état-major des opérations militaires allemandes : "Si nous ne nous sommes pas effondrés dès 1939, cela est dû uniquement au fait que pendant la campagne de Pologne les 110 divisions françaises et britanniques à l'Ouest sont demeurées absolument inactives en face des 23 divisions allemandes." Et Dan Franck de poser cette question glaçante : "S'ils avaient eu connaissance de cette vérité d'ordre militaire, les Munichois et les pacifistes d'avant guerre auraient-ils changé leur fusil d'épaule ?" Mais on ne peut comprendre la résistance ou la collaboration des plus grands esprits du XXe siècle à l'aune de déclarations postérieures. Dan Franck le sait, qui se contente de raconter. Et c'est déjà beaucoup. Ainsi défilent en des pages superbes les exilés d'Europe de l'Est (Lion Feuchtwanger, Walter Benjamin, Alma Mahler...), le réseau d'exfiltration marseillais de l'Américain Varian Fry, les résistants de la première heure (René Char, Jean Prévost...), les amis des vert-de-gris (les éditeurs Grasset et Denoël en tête), les contorsionnistes de génie (Jean Paulhan...), les dévots de Pétain (Paul Claudel...), les collabos (Drieu la Rochelle, Jouhandeau...), les martyrs de l'Allemagne (Max Jacob...). Un seul bémol : le rôle de Malraux fut plus important que ne le signale Dan Franck. A part cela, voilà le grand roman de la vie intellectuelle sous l'Occupation. 

 

 

 

Source : L'Express

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