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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Si jeunesse savait, Si vieillesse pouvait.

Publié par Fawzi Demmane sur 18 Mars 2011, 13:12pm

Catégories : #A vos plumes !

 

 


Dans l’immensité de l’horizon perdu dans la douleur humaine se multipliaient les vagues coléreuses en ce début d’hiver glacial et neigeux pour enfin se laisser aller dans un relâchement de désespoir sur les rochers immenses en témoin de rires et de pleurs, de chagrins et d’espoir, de rêves et d’illusions des milliers d’amoureux qui viennent se recueillir dans ce coin perdu.

Dans les bras de l’océan, où les vagues bordées d’écumes blanches assistaient à cette histoire qui marquait ma jeunesse et me reste gravée au fond du cœur …..

Émerveillée par le beau bleu qui fait couler l’encre , je passais des heures au bord de l’eau , c’était une séance de délivrance plutôt de fuite d’un monde matériel à un autre moral où la nature est la mère de tout , un monde sans apparences où je pouvais suivre mes envies enfantins sans regards étrangers ni voix mensongères , c’était mon paradis secret..… A l’heure du crépuscule , j’admirais le paysage du roi entrain d'ôter sa couronne doré à sa suppléante la lune et puis je m’en allais…

Je le voyais presque chaque jour à dix mètres de distance, un vieil homme d’environ soixante-dix ans qui passait la journée à contempler le fond de la mer comme si il y cherchait ses années passées, un regard triste noyé dans un visage plein d’expressions où le temps avait laissé ses empreintes , quelques cheveux blancs et un front bordé de rides qui annoncèrent la souffrance d’une vieillesse dans le royaume de solitude et sur le trône du silence , un imperméable jaune clair couvrait son corps impuissant , il tenait une canne à pêche dans une main tremblante , je le regardais avec tant de curiosité , ce vieil homme avait sûrement un secret avec la mer… Je voyais tout les malheurs et les chagrins du monde qui habitaient son vieux regard. On était les seuls vivants sur cette plage : Moi , une fille qui n’avait que quinze ans et qui se sentait déjà perdue dans un monde de brouillard, une jeune qui avait encore le cœur petit, qui marchait les pieds nus et suivait ses rêves innocents, lui, un vieillard qui avait déjà tout vu et qui n’espérait qu’un départ silencieux.

Deux fragments d’époques différentes mais quelle distance entre nous deux ! Devant l’absolu, le vieil homme était encore assis, il me semblait et malgré son âge un élève assis devant son professeur prendre ses dernières leçons avant de quitter l’école en laissant un recueil de sagesses et de morales pour les prochains élèves qui étaient encore au début de leurs parcours.

On était tout à fait différents, il représentait les racines de l’humanité et je n’étais qu’un petit bourgeon, mon âme craignait un avenir dur et la sienne se plaignait d’un passé violent, il vivait dans ses souvenirs et je me noyais dans mes illusions …

Un jour où j’étais si fatiguée d’un monde d’injustice, j’allais verser mes malheurs au bord de la mer où mes larmes coulaient sans cesse, le désespoir m’envahissait et pendant que je me plaignais à haute voix je sentis une main qui se posa sur mon épaule je tourna la tête oh ! C’était le vieil homme !

- « Qu’est ce qui fait pleurer une jeune fille qui porte toute la beauté de l’existence entre ses mains et tout l’espoir de la vie dans son petit cœur vif, essuie tes larmes ma fille ! Tu n’es qu’une fleur à peine épanouie dans les prairies de jeunesse.

- Ce qui fait ma peine est un monstre qui dévore cette humanité, l’injustice de l’homme face à l’homme et son ingratitude envers la nature me font mal, que deviendra la vie ? Que feront les générations prochaines ? 

- Oh ma fille, tu es encore jeune pour penser à des problèmes assez grands ! Lève tes yeux et regarde cette mer infinie, peux tu savoir ce qu’elle porte dans ses profondeurs ? Peux tu connaître d’où elle commence et où est ce qu’elle finit ? Ces vagues qui purifient, renouvellent et régénèrent peux tu expliquer leurs mouvements ? bien sure que non on passe le temps à l’admirer sans connaître ses lois et ses secrets c’est ainsi que la vie, vit la comme elle est ! Ne te soucie pas des tempêtes, l’injustice et l’ingratitude existeront jusqu’à la fin du monde mais le temps de ta jeunesse fuira entre tes mains »

Ses mots se répétaient dans mes oreilles …

Depuis ce jour là je me rendais plus à la mer pour m’enfuir mais pour se jeter dans les bras du vieil homme qu’à travers le temps devenait mon meilleur ami, je m’accroupissais souvent prés de lui, je fermais mes yeux et je l’écoutais, il arrosait mon esprit et nourrissait ma raison. Quelques fois, il me donnait de petits poissons qu’on grillait ensemble mais un matin où j’avais le ventre creux il me regarda et annonça avec un léger sourire :

- Je ne te donnerai plus de poissons mais je t’apprendrai à pêcher !

Je compris la morale de sa parole … 

Il me donna la canne à pêche suivie de quelques recommandations,

Et à la fin de la journée

Je rentrai le seau plein de beaux poissons bleus et le cœur plein de joie.

Deux jours plus tard, 

je me rendais sur la plage pour voir mon ami, je le trouvais assis comme d’habitude, je le salua et je pris place à coté de lui il commença à parler avec une voix tremblante :

- je ne comprends pas pourquoi ils craignent la mort ! Oh si elle vienne et m’emmène loin d’ici, dans le ciel, là prés de Dieu, je serai en paix, j’ai vécu soixante treize ans d’endurance et il est temps de m’en aller !

- Non cher ami ne t’en vas pas !

- Chaque un vit son âge et moi j’ai grandi seul et j’ai vieilli seul et j’aimerai mourir en paix, toi tu as la vie devant toi ouvre ton cœur et aime tout ce qui t’entoure, fuie la haine, cours, vole derrière tes rêves, arme toi de ton savoir, méfie toi des apparences qui sont souvent trompeuses .Mon enfant la vie est un défi, un examen à passer sois une bonne élève et ne perds pas ton temps. 

Et il me donna un collier de vraies perles. Il était si triste ce jour là, je le quittai au coucher du soleil et le lendemain tôt j’allais le voir, il était de plus en plus épuisé et me faisait signe de m’approcher et d’au-dessous son imperméable il fit sortir des centaines de papiers écrites en main et que sur la première j’aperçus le titre «Parcours d’un guerrier »

Je comprenais de quoi il s’agissait il me regarda les yeux embués de larmes :

-lis le attentivement tu y trouveras tout tes besoins , j’irai par un chemin incertain vers un autre monde où je serai sûrement heureux c’est vrai je vais te quitter mais si tu auras besoin de moi viens sur cette plage tu me trouveras , je serai dans les bras de l’océan, je serai comme le vent, l’amour , la joie, la beauté tu n’arrives pas à les voir mais tu peux les sentir , je serai là au fond de ton petit cœur , prends soin de toi ma fille et n’oublie jamais que Dieu fournit le vent , à l’homme de hisser les voiles …

Je prenais les papiers et je pris mon chemin vers la maison, quelques jours après et la veille du réveillon je pensais aller voir mon ami pour lui offrir un poème de remerciements que je lui avais écrit. Je m’approcha à petits pas , un vent glacial soufflait , la mer était si agitée, je le cherchais longtemps mais en vain … il n’y avait que la canne à pêche et l’imperméable jaune clair, je compris aussitôt qu’il est parti le vieil homme et que la nature était triste,était en deuil, je criais et mes larmes coulaient mais il était là au fond de mon cœur, comme le vent,l’amour ,la joie,la beauté j’arrivais pas à les voir mais je pouvais les sentir ….

Quelques années plus tard, me vint l’idée de lui publier son roman « parcours d’un guerrier » et l’argent gagnée par la publication fut envoyée à plusieurs pays pour l’aide des vieilles personnes sans soutiens familiers. 

C’était la meilleure rencontre que je n’ai jamais faite ; c’était la meilleure personne que je n’ai jamais rencontrée, je porte encore son collier que je donnerai à mon tour à ma petite fille comme souvenir et je me rappellerai toujours son unique parole " Si jeunesse savait, Si vieillesse pouvait ".

Rédigé  par Ons.


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Cataclysme 19/03/2011 18:55



commentaire


J'ai lu la nouvelle je vois que déjà à l'âge de quinze vous avez le don d'écrire néanmoins je vous conseille : primo lis
l'Odyssée et l'Iliade , secondo lis les auteurs classiques , romantiques , naturalistes , tertio je vous conseille le nouveau roman et enfin lire les écrivains maghrébins d'expression
française.Votre poésie est déjà lyrique . J'en conclue que vos poèmes  sont comme le ruisseau qui suit son pacours  ils sont si naturels .travaillez beaucoup plus votre prose en mangant
les romans .C'est un grand plaisir de lire les poèmes et les essais d'une future écrivaine dont les écrits luisent déjà à l'âge de l'adolescence .



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