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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Voici l'Histoire ... (2)

Publié par Fawzi Demmane sur 5 Novembre 2010, 17:24pm

Catégories : #A vos plumes !

 

 Suite de la page précédente

 

 


ELLE :
Je n'ai pas l'intention d'employer le pronom personnel « Je » car je n’ai pas choisis la Vie que j’ai eu...
Je laisse « une voix » parler à ma place...
Bien……on écoute…

La voix :

C'est une histoire à la fois triste et « fascinante « que celle de Satchwe, jeune femme Khoi-Khoi que sa naissance dans une obscure région d'Afrique du Sud, à la fin du dix-huitième siècle, ne destinait aucunement à l'équivoque célébrité qui fut la sienne
.Fille d'un berger Bochiman - mort peu après sa naissance - et d'une mère Khoi-Khoi qu'elle perdra à l'âge de deux ans, elle vivra avec ses frères et soeurs dans le "kraal" qui voisine la ferme de son "baas", Peter Caesar, un de ces "Boers" qui forment la minorité blanche du Cap.
Saartjie Baartman est née en 1789, dans une Afrique du Sud sous domination boer, sur les bords de la rivière Gamtoos. D'origine hottentote, elle est capturée après le massacre de sa famille. Saartjie n'est alors qu’une enfant. Réduite en esclavage par un fermier hollandais du Cap, elle est amenée à Londres vers 1810 par un médecin de marine anglais. La jeune fille perd alors son identité pour devenir Saartjie Baartman: son prénom néerlandais signifie Sarah, et «Baartman», signifie «barbu».
Mais un long calvaire commence pour Saartjie. En fait de fortune à Londres, elle est exhibée dans les cirques, les musées, les bars et les universités comme une véritable bête de foire. Jusqu’à ce qu’une organisation anti-esclavagiste, «l’institution africaine», porte plainte contre cette pratique. Mais si l’horreur cesse en Angleterre, elle se poursuit en France. Objet de curiosité sexuelle en raison de sa morphologie. , Saartjie, comme bon nombre de femmes Khoisan, présentait une stéatopygie, c'est-à-dire une hypertrophie graisseuse des hanches et des fesses .Ces caractéristiques feront à la fois son succès et son malheur. Condamnée, car différente ; elle poursuit sa triste destinée, entre misère et prostitution, à Paris. Elle y est exhibée, notamment au Jardin des plantes, par un certain Réaux: un montreur d’animaux.
Elle quitte en 1807 le kraal de Peter Caesar pour celui de son frère Hendryck. C'est là qu'un ami anglais Hendryck, Alexander Dunlop, la remarquera et fera miroiter au Boer tout le parti qu'on pourrait tirer d'une exhibition de Saartje en Europe.
En 1810 le trio embarque pour l'Angleterre à bord du navire Anglais "Exceter".Mais, contrairement à toutes les prévisions de Dunlop, aucun directeur de cirque ou d'attraction foraine n'est intéressé par cette négresse!...Dunlop revend alors ses parts à Hendryck, prétextant l'urgence d'un retour en Afrique du Sud. Hendryck, précédent en cela Barnum de vingt-cinq ans a une idée de génie : puisque personne ne veut de son attraction, il va l'exhiber lui-même après avoir inséré une annonce publicitaire dans un journal londonien qui promet une attraction exclusive : la "Vénus Hottentote".Et c'est le succès : les foules se pressent en masse pour admirer dix heures par jour cette négresse fabuleuse, recouverte d'un justaucorps de toile de la même couleur que sa peau. Certains ne se gênent pas pour pincer ou piquer les fesses proéminentes de la curiosité de foire...A tel point, que des associations caritatives ou des clubs d'amis de l'Afrique s'en émeuvent et déposent une plainte à Londres pour que cesse ce scandale. !!.
...Coup de tonnerre : interrogée avec l'aide de deux greffiers qui parlent le bas-néerlandais, Saartje Baartman déclare qu'elle s'exhibe de sa propre volonté, qu'Hendryck Caesar se montre très prévenant avec elle et qu'il lui a promis de partager avec elle les recettes du spectacle, même si, jusqu'à présent elle n'a pas encore reçu aucun sou (farthing). ((On se demande encore si la traduction des paroles de Saartjie était fiable et juste !!!)))
Esclave, elle fut emmenée en Europe par un britannique en 1810. Vendue, elle devient bête de foire où sa morphologie (hypertrophie des hanches et des fesses) fait succès. Elle sera exposée en Angleterre, en Hollande et en France. Elle deviendra par la suite objet sexuel (prostitution, soirées privées)
C'est à Paris que la Vénus Hottentote s'exhibe ensuite : d'abord sous la férule d'un certain Taylor, puis sous la direction de Réaux, montreur d'animaux exotiques (des singes, un ours) avec qui les choses ne se passent manifestement pas aussi bien qu'avec Hendryck Caesar .Elle se produit dans un quartier populaire non loin du Palais Royal. C'est là qu'elle va contracter la maladie pulmonaire qui l'emportera..
Mais son étrange épopée ne s'arrête pas là : alors que le monde scientifique français rechignait à la voir vivante, Cuvier, le plus célèbre anatomiste de son temps la réclame et l'obtient.
Il dissèque le corps, après en avoir réalisé un moulage, en conserve le squelette ainsi que les fesses et les organes génitaux conservés dans un bocal de formol... Ces restes furent exhibés au Museum d'histoire naturelle de Paris. Ensuite, l'ensemble des restes furent exposés au Trocadéro pendant l'exposition universelle de 1889 pour la célébration du centenaire de la Révolution française. !!!!!!!
Rapatriés au Muséum, l'ensemble est de nouveau séparé, puisque le conservateur déclare la perte du squelette. Le moulage et les parties conservées dans le formol seront d'abord exposés dans la section préhistoire et enfin remisés dans la réserve, suite à des plaintes du personnel et des visiteurs. Lors du tournage d'un documentaire, en 1998, par le réalisateur sud-africain Zola Meseko, tous les restes sont retrouvés et intégrés dans le film "On l'appelait la Vénus Hottentote" !





Posté par La Voix Pure, le 05/11/2010 


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moufida talbi 13/11/2010 14:38



C'est une grande faute qu'a laissé l'histoire. C'est la honte qui donne sa signature au crime d'où, chacun d'entre nous doit se sentir complice. Sarrtjie BAARTMAN, une femme tellement dépouillée
qu'il ne lui reste plus que la vérité, elle est entrée quand même dans l'histoire , elle nous a  montré la nudité du droit, rien de plus terrible.


 



Fawzi Demmane 08/11/2010 11:21



Deux siècles durant, le destin déshonorant et indigne qu'a connu Saartjie Baartman demeure des plus insupportables dans l'histoire de l'humanité (moderne).

Les raisons sont certainement très faciles à trouver, sa triste mésaventure remet en surface plusieurs sujets sensibles de notre histoire et qui touchent à la dignité de l'humanité toute entière,
liés au colonialisme sauvage et souvent inhumain, à la non reconnaissance des droits de l'homme et à l'ignorance de ceux de la femme dans des pays censés en être les leaders et les premiers
promoteurs, qui donnent l'occasion à tirer quelques conclusions et quelques morales en terme de civisme des peuples dits et considérés comme moderne, cultivés et civilisés.



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