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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Voici l'Histoire ... (3) Suite et fin

Publié par Fawzi Demmane sur 5 Novembre 2010, 17:34pm

Catégories : #A vos plumes !

 

 

Vénus noire !!Un film de Abdellatif Kechiche

 

http://comcinebuzz.fr/wp-content/uploads/2010/09/venus-noire-affiche.jpg

 

 

 





La tombe où se trouve "les restes "de  Saartjie baartman

 


Comment pourrait-elle échapper à son destin ? Le souhaite-t-elle vraiment? Que faire contre une société entière quand on est seul ?Ce sont » les autres », les majoritaires, qui décident d’elle, cet objet de désir, de spectacle, sans cesse renvoyé à son statut d’esclave sans civilisation. Un cliché. Quelle tâche plus noble pour un cinéaste que de lutter contre les clichés?

 

Vénus noire est le film le plus impressionnant, le plus ambitieux jamais réalisé par Abdellatif Kechiche

 

Pourquoi? Parce que le cinéaste français-tunisien prend un risque artistique inouï dans le cinéma contemporain en choisissant de consacrer plus de deux heures et demie à un sujet et à un personnage a priori ingrat pour le cinéma français : une jeune femme noire au destin terrible.

 

Kechiche évite toutes les facilités : loin de se prêter à une hagiographie extatique de cette Noire exploitée, ne cherchant pas à nous faire pleurer en utilisant des procédés cinématographiques efficaces et putassiers, il place son film sur un axe singulier, le désespoir, et n’en déviera jamais.

 

Pire, il tient son personnage principal à distance de nous, refuse de pénétrer sa psyché et le maintient dans l’opacité. Que pense Saartjie? Que ressent-elle ?

 

« Vénus noire « est un film d’une noirceur totale mais incandescente, radical au sein d’un genre mainstream (le biopic purement narratif) qui n’avait rien donné d’aussi beau depuis peut-être le Van Gogh de Pialat. Et il fallait bien de l’inconscience et de la foi en son art de la part d’un cinéaste français-tunisien pour oser réaliser un tel film dans le paysage industriel cinématographique actuel.

 

Il fallait sans doute aussi être devenu un cinéaste aimé, acclamé (César à la pelle) et maîtrisant son outil pour trouver les moyens de le réaliser.

 

Certains avanceront que le film est répétitif. Oui, Kechiche filme très longuement, jusqu’à épuisement du spectateur, ces scènes horribles de spectacles forains, mondains ou scientifiques où Saartjie, qui se voulait danseuse, doit simuler ce qu’elle n’est pas : une sauvage, un monstre.

 

Mais le désespoir est là, dans la réitération, le ressassement, l’impossibilité d’échapper à son destin. Des humanistes anglais essaient de la faire libérer grâce à la loi? Ils sont déboutés, à la fois par la justice et la mise en scène : Saartjie est prisonnière de son image et de sa monstruosité – comme l’était L’homme qui rit, roman sublime de Victor Hugo auquel on pense souvent.

 

On pourrait juger que Kechiche utilise pour cela des outils disproportionnés, éprouvants pour un spectateur déjà acquis à sa cause. Mais ils ne font que refléter la volonté de convaincre et la colère qui l’habitent. Et le spectateur averti ne peut que se laisser emporter, dès les premières secondes, par la puissance et la précision de sa mise en scène, mais aussi son instabilité.

 

Le monde que nous montre cet artiste, avec un regard terrifié et terrifiant, sans doute paranoïaque (et il y a des raisons de l’être), où seul un peintre saura voir Saartjie pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une femme pudique, ne peut se gargariser de fixité, de lignes de force, de perspective.

 

La conter et la mettre en scène avec "Vénus noire" relève assurément pour Abdellatif Kechiche d’un devoir de mémoire.Le fait que la figure de la Vénus trouve des échos jusque dans l’actualité la plus récente suffit à légitimer le film. Mais on se serait bien passé de cet éternel retour du même.

 

Mais «l'acte le plus barbare», estime-t-il, fut la dissection de cette femme: elle avait refusé de son vivant de se montrer aux scientifiques, qui n'ont pas hésité pourtant, après sa mort, à violer sa volonté: «Jusqu'où peut-on aller pour réaliser une ambition?» demande-t-il.

 

Interpellé en conférence de presse sur la longueur du film (2 heures 39) et sur la répétition de scènes d'exhibition, qui placent le spectateur dans la position du voyeur de l'époque, il s'est défendu de toute complaisance: «On a une progression dans l'exhibition du corps, un chemin vers l'abîme, jusqu'à l'épuisement, puis la mutilation».

 

Cette histoire de classe, de mépris et de préjugés reste «hélas très contemporaine», estime-t-il aussi, en dressant le parallèle avec les expulsions de Roms, en France.

 

«On vit une période où les mots sont libérés sur le racisme et la xénophobie. J'ai voulu rappeler un passé qui n'est pas si lointain ni très glorieux pour nous Français. Et dire aussi: attention à l'étranger qui vient vers nous, à ne pas le considérer comme un être différent ni à le mépriser».

 

Il fallait tout le talent d’Abdellatif Kechiche pour exhumer ce passé, pas si lointain puisque le cerveau et les organes génitaux de Saartjie Baartman ont été exposés au Musée de l’Homme à Paris jusqu’en 1976. Quant aux restes de Saartji Baartman, ils furent rapatriés en Afrique du Sud en 2002.


Mesdames et Messieurs; je vous accorde la parole,car Moi , La Voix Pure , devant "ça" , j'ai perdu la Voix!
J'espère que vous avez compris maintenant pourquoi je vous ai  dis avant la publication de cette "histoire", "avant de voir ce qui va suivre, profitez de votre Dignité!!!


 

 

 

 

Posté par La Voix Pure, le 05/11/2010

Commenter cet article

Fawzi Demmane 26/11/2010 11:23



@ Aicha : Comment peut on porter préjudice à la dignité d'un étre humain????


C'est une question d'audace mon amie, et n'oublie pas que LE CRIME (jugé comme crime) est le propre de la race humaine.


 


@ Anonyme : Un crime certes, contre une seule personne. Et qu'en dire d'un crime perpétuel contre plusieurs ????


 


 



Anonyme 26/11/2010 08:52



Bonjour Beghadid


Vous dites que l'histoire vous a boulversé?


Allez voir le film et je ne pense pas que vous n'allez pas pleurer!!!


c'est un CRIME contre l'HUMANITé.Une horreur !!



beghadid 25/11/2010 17:22



Vraiment cette histoire m'a bouleversée, comment peut on porter préjudice à la dignité d'un étre humain .Les africains ont beaucoup souffert de l'injustice de ceux qui prétendaient ètre  de
race supérieure.



Blanche COLOMBE 05/11/2010 20:07



J'ai juste envie de dire que ce film se présente comme une claque donnée au monde qui prétend défendre la liberté et la justice et qui ne cesse de stigmatiser la barbarie des autres en s'érigeant
en modèle à suivre. Sans nier aucunement les différentes formes d'agressions portées à la liberté et à la dignité humaines dans les autres pays du monde, je pense que ce film intervient comme un
coup de fouet qui prend à la gorge et qui rappelle aux citoyens du monde dit libre leur passé si peu lointain et si peu honorable.



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