1/ LE PARLER SOUTENU, qui emploie les quatre temps du subjonctif, se soumet à la règle de la concordance des temps.
« Un présent ou un futur dans la principale demande le présent ou le passé du subjonctif. Un passé dans la principale demande l’imparfait ou le plus-que parfait du subjonctif » :
* Est – ce qu’il était possible que je vous visse sans que je vous aimasse ? (Claudel.)
* Mil huit cent onze, ô temps où des peuples sans nombre
Attendaient prosternés sous un nuage sombre
Que le ciel eût dit oui. (V. Hugo)
· J’attendrai qu’il réponde à ma lettre.
· Je regrette que tu n’aies pas répondu à ma lettre.
2/ LE PARLER FAMILIER, qui n’emploie que le présent et le passé du subjonctif, ignore ces contraintes.
Cependant, même le parler soutenu déroge à la règle :
a) Quand il est nécessaire de souligner L’EPOQUE de l’action rapportée au subjonctif. Ainsi, le verbe principal peut être au passé et le verbe de la subordonnée au présent du subjonctif :
… N’avez- vous pas
Ordonné dès tantôt qu’on observe ses pas ? (Racine).
b) Quand il est nécessaire de souligner LA VALEUR MODALE (subjonctif du conditionnel) :
On craint qu’il n’essuyât les larmes de sa mère (Racine).
REMARQUE : Avec un verbe principal au conditionnel, on admet les deux tours :
Il faudrait qu’il vînt (ou) qu’il vienne (Arrêté de 1901)
La non- concordance des temps.
Nous avons vu, ci-dessus, plusieurs exemples de non-concordance ; il suffit, pour que le mécanisme soit rompu, que l’expression du temps ou du mode soit contraignante.
C’est pourquoi alors que l’on entend un passé dans la subordonnée, appelé par le passé de la principale, un présent peut être employé si la volonté du narrateur l’exige :
· Chaque fois que j’ai lu Shakespeare, il m’a semblé que je déchiquette la cervelle d’un jaguar (Lautréamont).
· Elle entendait dans un monde endormi et inaccessible un remuement d’oiseaux que la lune éveille. (Mauriac).
C’est pourquoi le futur peut l’emporter exceptionnellement sur le conditionnel présent dans le discours indirect :
· Elle ne se fit pas scrupule du chagrin qu’éprouvera vraisemblablement le juge Alessandro, son mari. (Vailland)
Posté par Majdouline Borchani, le 04/05/2011