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Le bon usage

Le bon usage

Mon blog est consacré essentiellement au bon usage de la langue française. Il est donc, spécialement conçu et destiné aux collégiens,lycéens, étudiants,et notamment aux amoureux de la langue de Molière.


Enseignement des métaphores (suite 2)

Publié par Fawzi Demmane sur 11 Avril 2011, 09:12am

Catégories : #Salle des Profs.

 

 

 

Dans « le monde vivant », Le Clézio dit en parlant de la méthode : « Voici ce qu’il faut faire : il faut partir pour la campagne, comme un peintre du dimanche, avec une grande feuille de papier et un crayon à bille. Choisir un endroit désert, dans une vallée encastrée entre les montagnes, s’asseoir sur un rocher et regarder longtemps autour de soi. Et puis, quand on a bien regardé, il faut prendre la feuille de papier, et dessiner avec les mots ce qu’on a vu. »

C’est en effet ce qui manque à nos élèves. Ils sont aujourd’hui ou bien emportés dans les autoroutes de l’Internet ou bien emprisonnés dans les enclaves des villes. Il faut leur apprendre à contempler la nature et à la décrire. Tout en faisant ceci, ils entraînent leurs sens et aiguisent leur langue.

1-Le ciel et les astres ; Le soleil, la lune, les étoiles

Le ciel et les astres ont toujours fasciné les hommes, les jets d’étoiles filantes, la lune et ses phases, les planètes, le zodiaque. En construisant des figures, les élèves apprennent à observer le ciel et ses composantes, ils acquièrent la dimension esthétique nécessaire à l’apprentissage équilibré.

On peut présenter des séquences de films qui focalisent sur le ciel ou bien tout simplement inviter les élèves à observer, le soir le ciel chez eux et de décrire ce qu’ils ont vu tout en employant des figures.

Les étoiles c’est la nuit, c’est le noir, c’est l’accompagnement, c’est la lumière qui éclaircit le chemin des voyageurs nocturnes, des marins.
Le soleil c’est le jour, le soleil c’est rond, c’est jaune, c’est chaud.
Les nuages, ils ont aussi des couleurs, c’est aussi la pluie, l’ombre, la fraîcheur.

Tout en cherchant des propriétés qui peuvent aider les élèves à construire des figures, il faut aussi les aider à trouver des analogies entre ce qu’il y a dans le ciel et ce qu’il y a sur terre.
La bougie et l’étoile, la lune et l’assiette, le soleil et le feu ; ou bien la couleur des rayons et celle des métaux, l’étendue du ciel et celle des espaces sur terre : un terrain vague, un désert, une étendue d’eau. Un arc-en-ciel peut désigner une porte ; une étoile, une lampe ; le bleu du ciel la bonté d’une personne.

Voici quelques exemples auxquels on peut penser :
- la vie de l’homme peut être comparée à une étoile filante, sa lumière atteint la fin du mois et puis elle disparaît. ( « L’étoile filante » met en valeur la notion du temps qui s’écoule rapidement.)
- une faveur comme le soleil, lorsqu’il apparaît, il propage sa lumière sur tout le pays.
Les exemples doivent présenter une certaine beauté pour que les élèves les estiment et les sentir.
Ces comparants pourraient être employés dans des comparaisons inversées :
- L’étoile filante se précipite comme une personne occupée.
- " La lune en plein ciel, on dirait un visage entouré d’un masque bleu."

2- Le temps, les nuages, la pluie et les intempéries

« Pour ceux qui, suivant l’air du temps, cherchent toujours des responsables et des coupables, on peut désigner ici la tectonique des plaques, le hasard, la surpopulation, le sous-développement et le tourisme » dit Claude Allègre, géochimiste et ancien ministre, dans L’Express.
L’expression : « air du temps » est une expression employée dans un sens figuré.

Sous la notion de temps, sont classés l’heure, le jour, le mois, l’année, le jour/soir, un clin d’oeil, un laps de temps.
Quelques exemples :
- Tu es éloigné comme la nuit qui nous sépare.
- Ce jour qui nous a éloignés est comme mille ans.
- Attends, ce n’est que l’affaire d’un clin d’oeil.

3-Les montagnes, les pierres, le roc

Les montagnes sont le symbole du gigantisme et de l’énormité. Les montagnes peuvent être évoquées en parlant des vagues et des vaisseaux.
« Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins, _ Comme un hameau paisible au pied d’une montagne. »
Baudelaire, La Géante

La pierre est un substantif qui renvoie généralement à la dureté. Cette matière minérale est le symbole de la consistance et de la rigidité. Ce symbole est courant dans la langue française.
"Un cœur de pierre" pour parler d’une personne dure, insensible. Cependant "une pierre fine" peut être utilisée pour désigner une personne de grande valeur.
« Le désert....seulement la pierre, la pierre partout, dans le ciel où régnait encore, crissante et froide, la seule poussière de pierre, comme sur le sol où poussaient seulement, entre les pierres, des graminées sèches. » Camus, la femme adultère ( L’exil et le royaume) p.16

4- Les métaphores des animaux et des insectes

Les animaux présentent par leurs sens, par leur forme, par leur mouvement, beaucoup de possibilités de comparaison, soit avec les humains soit avec les végétaux ou les choses. Dans toutes les cultures, les noms des animaux sont parfois utilisés dans un sens figuré. Nous avons vu plus haut, dans l’exercice de lexique comment nous pouvons utiliser le dictionnaire pour retrouver les emplois figuratifs. Nous avons dressé une liste de figures construites à partir de quelques noms d’animaux qui commencent par les premières lettres de l’alphabet. La langue française est en effet très riche dans ce domaine.
- Le chien est le gardien de la maison et l’ami fidèle.
- L’araignée avec sa toile est un être fragile, sa toile est fragile, mais c’est un guet-apens.
« J’aime l’araignée et j’aime l’ortie » V. Hugo

Nous pouvons décrire un homme dans son mouvement en comparant ce mouvement à celui d’un animal ou inversement le mouvement d’un animal à celui d’un homme.
Supposons par exemple un insecte en lutte contre un autre insecte, s’il trébuche, on peut le comparer à un soldat qui tombe ou qui perd le contrôle de son arme ; un animal qui crie devant la mort de son petit, à une femme qui vient de perdre un petit.

Dans la dernière catastrophe en Asie, décembre 2004, on a pu remarquer que le comportement des animaux était semblable à celui des humains, ils cherchent les leurs. Ils ont des rapports avec les choses qui les environnent. Si l’enseignant peut attirer l’attention des élèves sur ce phénomène, ceux-ci sont capables, par leur fantaisie d’établir des analogies :
- les chameaux sont les vaisseaux du désert, « ils luttent comme deux chameaux devant un verre d’eau » Zebda.
- l’âne est connu pour être endurant et ”bête »
- les troupeaux donnent une bonne image du fait de se laisser aller avec le groupe, d’épouser la tendance
- les papillons représentent la beauté, la métamorphose, le voyage de migration. Les papillons sont attirés par le feu. C’est la métaphore de celui qui est attiré par ce qui lui est nuisant. Les papillons de nuit et autres insectes sont naturellement attirés par la lumière. Ils sont attirés par elle et ont même besoin d’elle. Il y a cependant lumière et lumière. Ainsi, celle de la flamme est lumière attirante, source de plaisir, mais aussi feu qui brûle, source de destruction. Le papillon, aveuglé par son seul instinct, n’y voit cependant que la lumière source de plaisir et objet de ses convoitises, ignorant le danger du feu source de mort. Ne comprenant pas que l’homme veut en fait le protéger du danger que représente la flamme, n’écoutant que son instinct, tout à son plaisir, le papillon virevolte autour de la lumière dansante de la flamme. Il décrit de grands cercles, se rapprochant chaque fois un peu plus. Et là, brusquement, lors d’un passage très rapproché, il ressent une vive douleur. Il tombe. Ses ailes sont en feu, et il se consume lentement. Il s’est détruit. Cette métaphore peut présenter l’image des jeunes qui sombrent dans les ténèbres des drogues.

Les métaphores de la tourterelle : il y a des métaphores anciennes comme
- Tourtereaux, pour désigner les amoureux.
- Ma tourterelle en tant qu’appellatif amoureux.
- Roucoulement pour les propos langoureux.

Nous pouvons aussi penser à :
- Une femme qui ressemble à une sauterelle -elle est maigre-
- C’est une grue. -femme prostituée -
- Une autre a une tête de cheval. – forme de sa tête -
- Un homme est un gorille – c’est un garde du corps
- Il est comme un âne.
- Il travaille comme un âne.
- Il est têtu comme une mule.
- Un rat de bibliothèque. – une personne qui passe son temps à consulter des livres dans une bibliothèque.
- C’est un renard. Pour un homme rusé.
- Un rossignol. Pour une marchandise sans valeur ou démodée.
- Lent comme un escargot.
- Lent comme une tortue
- Un blanc bec

5- Les végétaux

« Un jeune garçon a des yeux pelucheux comme la fleur de l’ageratum. » Colette

Dans la langue, il y a des termes qui à eux seuls forment des métaphores « Végétales ».
Nous pouvons penser aux noms comme : la racine, la branche, le germe, la souche, le rameau, l’arbre généalogique, et les adjectifs comme organique, fécond ou vivant… En établissant des listes des termes des deux domaines : le domaine des plantes et celui de la vie humaine. Nous pouvons toujours inverser.
L’herbage est comparé au tapis, nous disons : « le tapis forestier ». Les pâturages accomplissent leur cycle biologique complet : les herbages naissent, poussent (très haut) et meurent, laissant des fourrages secs. Les herbes ne sont parfois pas adaptées à des sols particuliers. Tout cela peut donner l’occasion de faire des comparaisons avec la vie humaine et ses péripéties.
Nous disons :
- Une herbe, pour une personne jeune.
- Des chanteurs en herbe, pour des débutants jeunes.
- Couper l’herbe sous le pied de quelqu’un, pour dire le devancer. Une herbe.
- Il ressemble à une semence qui sort sa pousse.
- Comme une plante dressée sur sa tige et qui émerveille les semeurs.
- S’endormir sur ses lauriers, pour qui ne poursuit pas après un succès.

L’essentiel dans ces propositions est de laisser libre cours à la fantaisie des élèves et de les encourager à parcourir ce chemin métaphorique. _ Entre les différents domaines et les différentes spécificités et caractères comparables. Ils trouveront toujours des comparants, des comparés et des points de similitudes.

 

 

Abdel - Ileh  G.



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Majdouline Borchani 11/04/2011 21:11



En restant dans le cadre des figures de l'analogie, j'aimerais bien citer quelques passages extraits de la nouvelle de Le Clézio" Celui qui n'avait
jamais vu la mer":


* La mer était là, partout, immense, gonflée comme une montagne.


* Cétaient des nuages inconnus, pareils à l'écume de la mer.


* L'eau tomba sur lui avec un bruit de tonnerre.


* L'horizon se gonflait et s'abaissait comme une respiration, lançait ses poussées vers la terre.


* C'était à elle qu'il parlait, à voix basse, comme si elle avait pu l'entendre; il disait:


" Viens! Monte jusqu'ici, arrive! Viens!"


" Tu es belle, tu vas venir et tu vas recouvrir toute la terre, toute les villes, tu vas monter jusqu'en haut des montagnes!"


* "Viens, avec tes vagues, monte, monte! par ici, par ici!"



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